Posts Tagged ‘violence policière’

*2010 de Givry Marie-Thérèse : camouflet !

4 mai 2010

Les familles de Mushin et Lakamy doivent retenir leur souffle. Après avoir perdu espoir suite au non lieu dans cette affaire à Pontoise, la cour d’appel de Versailles a ordonné aujourd’hui un supplément d’information.

Il s’agit d’une décision inespérée qui va permettre de réexaminer la responsabilité des policiers impliqués dans l’accident de la circulation qui avait coûté la vie aux deux adolescents en novembre 2007.

Ce revirement des magistrats de Versailles a le gout d’un camouflet au parquet de Pontoise qui avait requis un non-lieu. Marie-Thérèse de Givry, procureur à Pontoise avait écarté a priori la responsabilité des policiers dès l’annonce du drame et avant-même l’ouverture d’une information judiciaire.

Cette décision a été bien accueillie par la population. Seul le second syndicat de la police – Alliance – a invoqué l’acharnement dans un communiqué laconique.

« Agence AFP »   le 07/04/2010
Ce billet fait suite à:

– 2007 Le président procureur (B 11 justice et forces de l’ordre)

– 2009 Poulets innocents … mais menteurs assermentés (B 11 justice et forces de l’ordre)

*2009 Police : Ali Ziri, 69 ans mort étouffé …

14 octobre 2009

Ali Ziri, paisible retraité de 69 ans, partageait son temps, après 40 ans de labeur, entre l’Algérie et Argenteuil où il résidait depuis 50 ans. Le 9 juin il y était remonté pour faire des achats à l’occasion du prochain mariage de son fils aîné. Après avoir fêté ses retrouvailles avec son ami Areski Kerfali, 61 ans et invalide à 60%, Ali accepte d’être raccompagné en voiture par celui-ci.

La police intercepte le véhicule sur le trajet et le contrôle dégénère rapidement des injures racistes auraient fusé.

Areski se retrouve menotté au sol. Voulant lui venir en aide, Ali sort de la voiture et menace de porter plainte. Il subit le même sort qu’Areski et est embarqué au commissariat. L’hôpital d’Argenteuil constatera son décès deux jours plus tard. Décès qu’une première autopsie attribuera bien hâtivement, à l’alcool, ainsi qu’à des problèmes pulmonaires.

Diligemment le parquet de Pontoise classe l’affaire sans suite : « La cause du décès est liée à des problèmes cardiaques ainsi qu’à l’absorption d’alcool. Il n’a pas été violenté par la police » déclare le proc’ adjoint Bernard FARRET à « Politis » (22 juin). Pas d’information judiciaire, pas d’enquête médicale ! Encore une fois : circulez y a rien à voir !

Ce même proc’ refuse d’enregistrer la plainte d’Areski « pour violences » alors que celui-ci veut témoigner. Il affirme qu’Ali Ziri et lui même  ont fait l’objet d’un tabassage continu, mains liées dans le fourgon : « Les policiers nous ont battus et traités de sales bougnoules ».

Le rapport de la contre-autopsie – obtenue un mois plus tard grâce à la détermination du collectif « Vérité et justice pour Ali Ziri » – est quant à lui formel : ce sont bien des coups (27 hématomes de 12 à 17cm de diamètre ont été relevés sur le corps) ainsi qu’une asphyxie mécanique (certainement une de ces clefs de maintien dont abusent les policiers mais condamnées par la Cour européenne) qui ont entraîné la mort  du vieil homme. Son ami Areski s’en est tiré, lui, avec un poignet fracturé.

Une information contre X pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner » vient d’être enfin ouverte toujours grâce à la ténacité du collectif. Ce n’est que le dos au mur et quatre mois après les faits que le proc’ daigne ordonner une enquête face à une affaire qui pourrait scandaliser l’opinion ! En effet, les grands médias (« Le Monde » et « LExpress »,  France 3) commencent à se pencher sur cette mort douteuse et sur la personnalité attachante de « Tonton Ali », le vieux travailleur kabyle intègre, qui ne correspond vraiment pas au gibier à bavure classique.

Le 17 sept. l’ami d’Ali, Areski Kerfali doit comparaître au tribunal de Pontoise pour outrage envers les trois policiers. L’un d’eux  est connu pour collectionner les dossiers d’outrage … (1)  L’ avocat d’Areski obtient du tribunal de réunir les deux affaires.

Quant aux trois policiers,  ils ne sont, pour l’heure,  ni suspendus, ni mis en examen.

Affaire à suivre …

NB. La famille d’Ali  récupérera son corps trois mois après le décès, non sans avoir acquitté 2400 € pour frais de garde de la dépouille (Y a pas de petits profits …)

« SINE HEBDO » du 14 oct.2009   d’après Thierry Pelletier et « CQFD » n°71 d’après Anatole Istria.


(1) Un ancien policier dans un livre de mémoires dénonce cette pratique courante de policiers ripoux qui provoquent ce genre de conflit afin d’arrondir leurs fins de mois avec les généreuses indemnités que leur attribuent des magistrats complices pour « dénonciation calomnieuse, outrage à agent dans l’exercice de ses fonctions, etc. »