Posts Tagged ‘TGI Périgueux’

2003 Condamné puis innocenté : une claque au proc’

12 janvier 2011

Condamné en première instance par la cour d’assises de Périgueux, à vingt ans de réclusion criminelle, Pascal Labarre est acquitté par la cour d’assises d’appel de Bordeaux.

Le jury populaire l’a définitivement innocenté du meurtre de Michèle Gillet retrouvée étranglée en août 1998 sur la terrasse de sa maison à Isles en Dordogne. Divorcée, bien connue de ses voisins, la victime avait été frappée à la tête avec un objet contondant. Un seau rempli d’un mélange d’eau et de sang se trouvait à côté d’elle.

Entendu par les policiers dans le cadre de l’enquête de voisinage, Pascal Labarre incarne rapidement le coupable idéal : décrit comme « fragile », voire « un peu simplet » par ses proches. Il passe aux aveux circonstanciés lors de sa garde à vue puis devant le juge d’instruction. Amant de la victime depuis trois mois, il l’aurait tuée dans un « acte de folie » par désespoir amoureux.

Incarcéré dans la foulée, il revient sur ses déclarations et a toujours clamé son innocence depuis lors.

Le possibilité de faire appel d’une condamnation en cour d’assises a été instaurée par la loi de présomption d’innocence du 15 juin 2000. Grâce à cette nouvelle loi, la justice vient de donner raison à Pascal Labarre, cinq ans après sa condamnation. Contre le parquet général représenté par Claude LAPLAUD, qui réclamait la confirmation de la condamnation infligée en première instance.

La justice « populaire » l’a définitivement acquitté. Une manière pour la cour présidée par Michel Regaldo-Saint-blancard de rappeler que les aveux ne sont plus la « reine des preuves ». Une manière aussi de sanctionner les insuffisances de l’enquête. A l’issue de l’instruction lancée en 1998 pas le moindre élément matériel. Ni arme du crime ni traces d’ADN, tout est basé sur les aveux de l’accusé (dont on ne saura jamais comment ils ont été obtenus …). En première instance la cour d’assises de Périgueux s’en accommode et condamne lourdement Pascal Labarre.

Grâce à une collecte de fonds, ses proches peuvent s’offrir les services de l’association Action-Justice, spécialisée dans les contre enquêtes criminelles. Les conclusions de l’association versées aux débats devant les assises d’appel éclairent d’un jour nouveau et le doute finit par profiter à l’accusé. Pascal retrouve immédiatement la liberté.

En résumé:

A Périgueux : 1) une enquête bâclée par un juge d’instruction, 2) un jury de cour d’assises peu regardant, 3) une condamnation sans appel, 4) une famille en souffrance pendant cinq ans.

A Bordeaux: 1) un procureur « borné » qui refuse de voir l’erreur possible: ça ne lui coûte rien de renvoyer sans aucun scrupule un innocent en taule pour quinze ans 2) un président de cour d’appel conscient de ses responsabilités qui acquitte.

« Le Parisien.fr »  du 09/05/2003 d’après un art. signé Elisabeth Fleury et François Vignolle.

Deni de justice souhaite connaître le nom du juge d’instruction de Périgueux et celui du président de la cour d’assises qui a condamné avec légèreté. Le proc’ de Bordeaux est déjà dans nos fichiers…

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**2009 Les vrais jugements de la fausse experte.

30 juillet 2009

Après les minables experts psy du procès d’Outreau, voici l’experte bidon de Périgueux. Sans aucun diplôme, elle a exercé au tribunal pendant quatre ans, comme l’a révélé le journal « Libération », rendant une centaine de fausses expertises par an.

Certains magistrats s’en méfiaient depuis un moment et ne faisaient plus appel à ses talents … Mais la plupart ont continué jusqu’à l’an dernier à faire figurer ses analyses dans leurs dossiers. On imagine ainsi des gardes d’enfants refusées ou acceptées, des suspects condamnés ou relaxés … selon les rapports fantaisistes de Régine L. inscrite au registre des experts à la cour.

Pareille énormité ne trouble pas la Chancellerie (garde des Sceaux: ALLIOT-MARIE Michèle …) qui affirme au « Canard enchaîné » : « On ne reviendra pas sur les affaires jugées. »

Demain donc , de faux juges, de faux témoins, de faux docteurs, de faux avocats pourront se présenter devant les tribunaux, pour juger, témoigner ou plaider …
Pas d’inquiétude, le système veille : « On ne reviendra pas sur les affaires jugées. « 

« Le Canard enchaîné  » n° 4631 du 29/07/09

Cette femme fut recrutée comme experte psychologue par la cour d’appel de Bordeaux et c’est devant cette cour qu’elle avait prêté serment. Mais elle intervenait au TGI de Périgueux. Sur la liste des experts bordelais elle était créditée d’une licence, d’une maitrise de psycho et d’un DESS de psycho de l’enfance et de l’adolescence.

Sauf qu’elle n’a jamais passé ces diplômes. La fausse experte réalisera environ 400 expertises de 2005 à 2008 sur requête des magistrats. Elle a été mise en examen par un juge d’instruction de Périgueux pour usage de faux, usurpation de titres …

Le proc’ de Périgueux, Yves Squercioni a indiqué que « certains filtres n’ont pas fonctionné et une des raisons de l’information judiciaire est de comprendre comment cela s’est passé ». « On ne s’improvise pas expert judiciaire, il y a une procédure d’agrément sérieuse, relativement longue ». et de préciser qu’à « un moment le contrôle qui s’effectue sur une candidature n’a pas décelé que cette femme n’était pas titulaire de diplômes ».

« Sud-Ouest » 05/2009 d’après …