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1993 Le trou à rats du Palais de Justice.

28 janvier 2010

Il aura fallu les photos de « Libération » du 08/11/93, reprises le soir même par les différents journaux télévisés pour que l’on découvre qu’il s’en passe de belles dans les sous-sols du Palais de Justice de Paris. Il est vrai que le Centre de rétention des étrangers en situation irrégulière, baptisé par les flics « petit dépôt » ne se visite pas. Question confort, on est plus proche du trou à rats que de la pension de famille. Quatre vingt personnes y transitent. Durée du séjour maximum : six jours. De quoi en garder un souvenir sans doute impérissable.

Officiellement, selon un grand flic, le « petit dépôt » appartient au Palais de justice et dépend du ministère du même nom. La police se contente de fournir le personnel de garde et doit se charger de l’intendance. Conclusion ; le « petit dépôt » fonctionne sans budget propre depuis des années, et aucune administration ne veut en prendre clairement la responsabilité.

Si la législation était appliquée, il faudrait que les juges soient présents au Palais nuit et jour. Avec les flics. Mais comme les magistrats brillent par leur absence, le permanencier envoie tout le monde au « petit dépôt ».

« Les avocats ont raison, les conditions de rétention sont indignes » ajoute le même grand flic. Mais si l’on supprime le « petit dépôt » il faudra qu’ils viennent – et les magistrats aussi – assister à toute heure leurs clients. On se mord la queue.

« Le Canard enchaîné »   n° 3811  du  10/11/93
Suite à l’article de « Libération » le ministère de l’Intérieur décide d’inscrire un crédit de 671 000 F dans le budget de 1994. De quoi refaire les peintures …

Chacune de ces cellules délabrées contient une douzaine de lits garnis de matelas crasseux et de couvertures puantes. Elles sont peuplées de cafards et les sanitaires d’une propreté « médiocre » . Pourtant ces cellules auraient bénéficié depuis cinq ans de 5,6 millions de crédits. A ce tarif là, on est en droit de se demander où est passé le marbre qui aurait dû couvrir les sols, la confortable literie et les coussins moelleux qui auraient dû garnir des lits à baldaquin !

Encore une évaporation des finances de l’Etat, de nos impôts,  par les gestionnaires de la Ripouxblique  française …

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