Posts Tagged ‘justice et gendarmerie’

**2010 A Bordeaux la gendarmerie est muette et le parquet roupille …

10 septembre 2010

C’était le 3 août dernier. Trois adolescents en vacances au Cap-Ferret se font agresser par cinq garçons et filles souhaitant leur emprunter leurs vélos. Deux des jeunes parviennent à s’échapper, le troisième est rattrapé. Persistant dans son refus, il se prend un parpaing en plein crâne et s’écroule. Une des filles s’approche de lui baignant dans son sang, s’empare du vélo et s’en va. Transporté au CHU de Bordeaux avec un enfoncement de la boîte crânienne, l’intervention chirurgicale durera plus de trois heures.

Les parents vont porter plainte à la gendarmerie du Petit-Piquey, à Lège-Cap-Ferret où le commandant de brigade commence par expliquer aux parents que leur plainte ne permettra pas pour autant de retrouver les coupables … Contacté par la presse, ce capitaine de gendarmerie explique qu’il s’agit d’une rixe entre gamins et que l’on donne bien de l’importance à cette banale affaire. A l’hebdo « Marianne » il déclare : « C’est une altercation entre jeunes. Rien à ajouter. L’affaire suit son cours » et il raccroche au nez de l’interlocuteur lorsqu’il lui demande son nom. (Note de DDJ. Pas très courageux le pandore-chef et l’anonymat est un refuge pour ce genre d’individu)

Quant au parquet de Bordeaux, il sera resté injoignable. Tout comme le préfet de Gironde. (Note de DDJ. Au parquet de Bordeaux on le connaît le proc’ : c’est Claude LAPLAUD, un spécialiste, semble-t-il, de l’enterrement de dossiers. cf. 2008 A Bordeaux la justice fait des acrobaties pour épargner un député)

Après un appel au ministère de l’Intérieur et un premier article sur le site de Marianne 2, tout ce petit monde entre alors en effervescence.

Ou l’on voit que l’Etat fonctionne mieux quand la presse s’en mêle.

« Marianne »  n°698 du 04/09/2010 d’après Périco Legasse.

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*1993 Neuf balles et une bavure (affaire Franck Moret)

21 janvier 2010

Neuf balles et une bavure transformées en conte héroïque.

Plusieurs mois après avoir vidé son chargeur sur un automobiliste, un gendarme de la Drôme continue de vaquer à ses affaires comme si de rien n’était. Malgré l’ouverture immédiate d’une information judiciaire pour coups ayant entraîné la mort sans intention de la donner et le dépôt d’une plainte pour meurtre et non-assistance à personne en danger, le juge d’instruction de Valence n’a pas encore eu le coeur de mettre en examen ce brave pandore.

Il est vrai qu’à en croire la version officielle diffusée aux journaux juste après ce carton mortel, le gendarme flingueur mériterait presque d’être décoré.

Pour ses chefs, l’affaire est claire: le 25 juillet, vers 05h00 du matin, un véhicule de gendarmerie prend en chasse une voiture sur un chemin vicinal. Trois kilomètres plus loin, les représentants de l’ordre « bloquent » la voiture « suspecte »  qui en redémarrant brutalement percute l’un des gendarmes et lui roule sur les jambes. Ce dernier, qui souffre « d’une entorse et de graves contusions » dégaine alors, tire sur le fuyard, Franck Moret, et le tue accidentellement. Interception réussie.

La réalité, reconstituée à partir des témoignages des pandores et du récit de la compagne de la victime, qui se trouvait assise à son côté est moins reluisante pour la maréchaussée.

D’abord, le véhicule des poursuivants était banalisé et sa sirène ne fonctionnait pas, comme l’ont reconnu les gendarmes, qui jurent en revanche que leur gyrophare était, lui, bien allumé. Bizarrement ni l’amie de Franck Moret ni un témoin de la scène ne se rappellent l’avoir vu en action.

Ensuite, la voiture des fuyards a été « entourée » de curieuse façon : le chauffeur s’est brusquement retrouvé avec un pistolet braqué sur lui par un gendarme dépourvu de képi.

Affolé à la vue de l’arme, Moret a certes pris la fuite, mais sans « percuter » de gendarme. D’ailleurs le pandore « renversé  » affirme ne plus s’en souvenir. Aujourd’hui il déclare simplement être tombé pour une raison inconnue.

La voiture lui aurait alors roulé sur la cuisse. Bilan médical : rien qu’une « entorse bénigne » soignée par un simple bandage et des « érosions épidermiques » traitées au mercurochrome et … 21 jours d’arrêt de travail !

Enfin le gendarme ne s’est pas contenté de tirer un coup de feu. Tout son chargeur y est passé : 1 coup mortel, 2 coups dans la carrosserie, 5 coups dans la nature et une balle non percutée.

Atteint d’une balle dans la tête, la victime restera sans soins pendant une demi-heure. « La radio ne passait pas » ont plaidé les trois pandores dont deux partiront chercher du secours, négligeant une ferme proche. Il faudra l’insistance de l’amie pour que le gendarme resté sur les lieux consente – trente minutes plus tard – à s’y rendre pour donner enfin l’alerte.

Pas de précipitation non plus pour vérifier le degré d’alcoolémie du gendarme tireur : la prise de sang n’est intervenue que huit heures plus tard. Résultat sans surprise : zéro gramme. Un chiffre que la maréchaussée s’est empressée de communiquer aux médias …

*2000 Pandore-footballeur cherche à envoyer arbitre au ballon.

26 juin 2009

Cette histoire clochemerlesque commence la 17 oct 1999 lors d’un match de foot opposant Volvic à Pontgibaud. A la fin de la partie une bagarre générale, provoquée, préciseront l’arbitre et ses assesseurs dans leur rapport, par une défenseur et le gardien de but de Volvic, « gendarme en civil » (sic). Ce qui vaudra à ce dernier d’être suspendu pour trois matchs.

L’arbitre lui-même est victime du pugilat. Bousculé, il reçoit des coups de pied et un solide bourre-pif que la Faculté qualifiera de « traumatisme facial ». Une fois remis, le blessé prend sa plume pour dire au commandant de brigade de Riom – dont dépend le gendarme bagarreur – tout le mal qu’il pense de son subordonné. Qui ajoute-t-il est resté passif alors qu’un joueur de l’équipe adverse, à terre, recevait une volée de coups et que ses coéquipiers étaient pourchassés dans les tribunes.

Une enquête est aussitôt confiée à la brigade de Riom. Et pour défendre l’honneur outragé du gardien des buts  et des lois, ses collègues ne lésinent pas. Interrogatoires énergiques des témoins à charge (l’un d’eux évoquera par écrit des « pressions » afin qu’il se rétracte), audition menaçante du plaignant, etc.

Juge crampon. Subséquemment, comme disent les pandores, c’est l’arbitre, et non le gendarme-gardien de but qui se retrouve dans les filets de la justice. Ouverture d’une information par le procureur de Riom, mise en examen par un juge d’instruction,  le « fautif » devait en principe être jugé le 25 mai 2000 pour « dénonciation calomnieuse ». Un délit punissable en principe de 300000 F d’amende et de 5 ans de prison. Plus de lourds frais d’avocat, surtout quand, comme le prévenu, on est au chômage.

Commentaire de Bernard Saules, président de l’Union nationale des arbitres, sur ce cas  exemplaire de justice rurale: « J’ai 150 à 200 arbitres frappés chaque année sur les terrains et leurs plaintes ne sont jamais prises en considération par les juges. Mais celui qui sanctionne un gendarme est poursuivi ! »

« Le Canard enchaîné »     n° 4152     du 24 mai 2000 d’après  J.-F. J.

Denidejustice souhaite connaître les noms du procureur et du juge d’instruction. Merci de nous aider.

*1999 Cinq ans d’instruction pour une bavure. Affaire Hilarion

10 juin 2009

Le 5 oct 99 devant l’Assemblée, en réponse à une question orale, la garde des Sceaux se veut rassurante. « La justice a procédé avec diligence » en évoquant l’affaire Hilarion qui enflamme depuis plusieurs semaines l’ Île de la Réunion. Mais elle se moque du monde, car en fait de diligence, ce dossier traîne depuis le 7 mars 94. Ce jour là au cours d’une manifestation dans la petite ville du Port, un jeune docker est grièvement blessé (perte d’un oeil, de l’odorat et du goût) par le tir  tendu d’un gendarme utilisant un fusil à pompe.

Saisi de cette bavure, le juge d’instruction patine, desservi, il est vrai, par les mensonges de la gendarmerie. Un deuxième magistrat, puis un troisième  le remplacent sans  que le responsable soit identifié. Ce n’est qu’en avril 1998, que le juge Danielle Braud (le troisième), alertée  par un courrier anonyme, met en examen l’adjudant-chef   Michelot.

Celui-ci finit par avouer être l’auteur du tir. En août dernier, son supérieur, le colonel Roger Guillaume, lâche à son tour le morceau: il sait tout depuis le premier jour mais s’est tu pour épargner la prison à son subordonné. Le colonel déclare aussi qu’il a informé, dès le début, le préfet de l’île, Hubert Fournier, le juge d’instruction HOAREAU et le procureur Bernard LEGRAS.

Un haut gradé de la gendarmerie avance cette « explication » : « Tout le monde était au courant de la bavure. Mais il y eut un consensus politique pour écraser le coup. La situation pouvait dégénérer en émeute. dans les jours précédant le 7 mars, six gendarmes avaient été blessés. »

Cinq ans pour tirer au clair une bavure, c’est un exploit!

« Le Canard enchaîné »  n°4120 du 13/10/99 article non signé.