Posts Tagged ‘enquête bâclée’

** 2011 Omar Raddad, le coupable idéal !

23 juin 2011

Deni de justice souhaite connaître le nom du juge d’instruction qui a si bien ficelé son enquête. Merci de nous aider.

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Chacun connaît l’histoire de Omar Raddad condamné en 1994 pour le meurtre de Ghislaine Marchal qui l’employait comme jardinier. Nous ne rapporterons ici que quelques éléments d’une enquête douteuse.

Les inscriptions accusatrices à charge.

Les gendarmes trouveront la victime « baignant dans son sang, le crâne fracassé, la gorge entaillée, un doigt sectionné, le corps transpercé de dix coups portés à l’aide d’une lame effilée. »

Sur une porte l’inscription « OMAR M’A TUER » écrite avec son sang.  Un peu plus loin la même inscription partielle « OMAR M’A T » sur une autre porte.

Deux questions: 1) Ghislaine Marchal est instruite: pourquoi cette faute ? 1) Comment cette femme, fracassée, transpercée,  « pissant » le sang de partout a-t-elle pu se déplacer de porte à porte pour écrire ces mots sans laisser de traces au sol ? L’enquête n’y répond pas !

Le rapport d’autopsie remarque qu’aucune de trace de sang n’a été relevée sous les ongles de la victime, seulement de la terre …

Des pratiques d’enquête douteuses.

– Le corps de la victime sera incinéré le lendemain de l’autopsie, rendant impossible toute investigation ultérieure !!!

– Les gendarmes ne relèvent aucune empreinte digitale sur le lieu du crime !!!

– Les enquêteurs ne font aucune recherche dans les milieux proches de la victime (héritiers éventuels…) !!!

La modification du rapport des experts.

Lors du procès, la date du meurtre est fixée par les trois médecins légistes au dimanche 23 juin vers 13h00. Pourtant leur rapport initial indiquait le 24 juin !!! Les experts assureront qu’il s’agissait d’une « faute de frappe ». … Interrogé une première fois sur son emploi du temps le 24 juin, Omar avait un alibi solide : pas de chance . Lorsqu’il sera à nouveau interrogé sur la journée 23 juin, même s’il put encore apporter des éléments de preuve confirmés sur son emploi du temps, les enquêteurs s’engouffrèrent dans la moindre faille.

Maître Jacques Vergès son avocat avancera la thèse de la pression du juge donc de la falsification. Dans une région où l’implantation du Front National est forte, le jardinier marocain était le coupable idéal. Les experts judiciaires n’ont-ils pas fait le nécessaire pour que leur rapport colle au casting ?

Les « témoins oubliés ».

Deux individus ne seront jamais interrogés:

– un certain Pierre Auribault,  déjà condamné pour cambriolage, surnommé « Pierrot le fou » (découvert pendu l’hiver dernier…). Il était l’amant de Liliane Ronceveau la femme de ménage de Ghislaine Marchal principale accusatrice de Raddad. Elle n’a cessé de mentir et d’être contredite tout au long de l’enquête. Il avouera à deux journalistes enquêteurs s’être « déjà rendu à La Chamade (la villa de G.Marchal) pour y déménager des meubles, contrairement aux allégations de sa maîtresse. La police pourtant ne l’a jamais entendu …

– Pas plus qu’elle n’auditionnera son compagnon de beuverie et fric-frac, un certain Frédéric Hecquefeuille dont le nom ne figure même pas dans le dossier et qui a disparu depuis …

Si cette piste comme bien d’autres ont été négligées c’est qu’à l’époque l’enquête fut menée à charge.

Des aveux extorqués et aucun mobile plausible.

Omar Raddad ne sait pas lire. En garde à vue il a signé n’importe quoi!

Raddad n’avait pas de mobile et aucun intérêt à tuer celle qui lui assurait un salaire régulier.

Un racisme latent.

Le procès s’est résumé  à une joute entre le président de la Cour d’assises de Nice, Armand DJIAN ancien de l’Algérie française sans doute plus préoccupé de régler ses comptes avec son pire ennemi, Jacques Vergès ancien avocat du FLN que de rendre la justice. Ce dernier déclarera, sans doute avec raison : « Il y a cent ans on condamnait un officier car il avait le tort d’être juif. Aujourd’hui on condamne un jardinier car il a tort d’être Maghrébin. »

Et aujourd’hui des indices que la justice rechigne à exploiter !

Depuis 2002, l’avocate de Raddad demande une réouverture de l’enquête et l’analyse des deux empreintes ADN masculines non identifiées, découvertes en 1991 et mêlées au sang de la victime Ghislaine Marchal mais n’appartenant pas à Omar raddad.

Rachida DATI, la garde des seaux à champagne avait « perdu » le dossier, Michèle ALLIOT-MARIE jugeait indispensable l’ouverture d’une enquête préliminaire. Ce sont les conseillers de Michel Mercier, l’actuel garde des Sceaux, qui obtiendront que le procureur de Grasse rouvre l’enquête.

« Pourquoi a-t-il fallu attendre si longtemps pour qu’on applique à l’affaire Raddad les moyens qu’on a déployés en 24 heures quand Jean Sarkozy s’est fait voler son scooter? »  s’indigne le détective privé  qui travaille sur l’affaire depuis 17 ans.

« DENI DE JUSTICE »   le 23/06/2011


On nous communique que le juge d’instruction alors chargé de l’enquête n’était  autre que le trop célèbre  Jean-Paul RENARD qui comparaîtra le 18 nov 2005 devant la 17ème chambre correctionnelle du tribunal de Paris « pour établissement de faux et violation du secret professionnel ». Il sera, entre autres affaires, poursuivi pour avoir illégalement utilisé des extraits de casiers judiciaires au profit de la loge maçonnique.

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**2010 Un « chauffard » tue: le proc classe sans suite …

12 juillet 2010

Le 21 oct 2006, Solenn, une jeune femme de 28 ans, est violemment percutée par un automobiliste. Le deux jambes brisées, la tête viendra percuter le pare-brise et le corps sera projeté à 20 m du point d’impact. Les services médicaux constateront un comas profond immédiat qui sera suivi trois jours plus tard d’une mort cérébrale.

L’accident eut lieu sur la commune de St-Rémy à 05h50 du matin. Solenn rentrait chez elle à pied de discothèque.  S’en suivent –  une enquête de gendarmerie – puis une autre de police. Des responsables de la sécurité routière constateront des incohérences sur ses enquêtes.

Le procureur de Chalons/Saône, Pierre DENIER, classera sans suite (et par deux fois) le dossier : – une première fois au prétexte que le conducteur n’était sous l’emprise ni d’alcools ni de stupéfiants, – la seconde au prétexte que la jeune femme était alcoolisée.

Sur le premier classement l’argumentation est faible:  A t-on vérifié si le conducteur ne téléphonait pas au volant ? A t-on cherché à évaluer la vitesse du véhicule ? A t-on vérifié si le conducteur ne s’est pas endormi au volant ? Depuis combien de temps conduisait-il ? Apparemment rien de tout cela !

Sur le deuxième classement tout autant : Ce matin là Solenn ainsi que son frère et ses amis devaient rentrer avec la navette (ils avaient acheté leurs billets AR) qui effectuait deux rotations. Selon le règlement, la première vers le centre ville, la seconde plus longue vers la périphérie. Ce jour-là pour des raisons que l’enquête ne précise pas, le chauffeur décide d’inverser les rotations. Solenn et ses amis excédés d’attendre décident donc de rentrer chez eux à pied. Que Solenn lors de cette soirée ait un peu bu n’a donc rien d’anormal, puisqu’elle comptait rentrer avec la navette.

« Deux classements sans suite » donc pas d’enquête sérieuse : le conducteur racontera ce qu’il voudra sur les circonstances de l’accident (notamment sur sa vitesse)  sans que cela ne soit apparemment vérifié. Pas de débat contradictoire. Il y a homicide involontaire dû à une absence de contrôle du véhicule par le conducteur, mais aussi, dû à, sinon à une vitesse excessive, à une non réduction de la vitesse en raison des circonstances (l’endroit est semble-t-il particulièrement dangereux puisque plusieurs accidents s’y sont déjà produits). Mais tout cela ne semble pas intéresser le proc’ Pierre DENIER ! Et le conducteur ne fera l’objet d’aucune poursuite, donc d’aucune sanction: ni retrait de permis, encore moins de retrait de points, ni amende !

Comment justifier une telle attitude du proc’ ? Des « rumeurs » laissent entendre  – d’une part que le propriétaire de la discothèque (membre d’une famille importante de la région) aurait pu être inquiété par cette affaire en raison d’un petit trafic de drogues au sein de l’établissement par une personne par ailleurs « indic » de la police … Et le procureur, disons, fréquentait cette famille importante …

Denidejustice le 12/07/2010 avec le concours de la maman de Solenn.

**2007 L’appart de Sarko : la lessive miracle du proc’ Courroye.

2 janvier 2010

Le procureur de Nanterre, Philippe COURROYE, est un rapide. Nommé le 4 oct 2007, à la demande de Sarkozy, membre de la commission sur « la dépénalisation de la vie des affaires », COURROYE est passé directement aux travaux pratiques. Le 9 oct. il a classé sans suite l’affaire de l’ancien appartement du couple Sarkozy sur l’île de la Jatte, à Neuilly.

Rappelons que le couple avait obtenu une réduction de 300 000 € accordée par la société Lasserre. Ce promoteur était à l’époque, le bétonneur  favori de la mairie de Neuilly, que dirigeait un certain … Nicolas Sarkozy.

Au printemps 2007, un ancien SDF parisien, Marc Salomone, avait porté plainte avec constitution de partie civile, contre Sarkozy. La plainte avait été jugée irrecevable, la justice estimant que le plaignant (qui n’habite pas Neuilly) n’avait aucun « intérêt à agir » selon les termes du Code de procédure pénale.

Mais l’affaire ne s’est pas arrêtée là. Après avoir transformé sa plainte en simple signalement auprès du parquet, Marc Salomone a été entendu par les policiers en juillet. Et, à la suite de cette audition, le proc’ de Nanterre  ouvre une enquête préliminaire, confiée aux policiers de la Brigade de répression de la délinquance économique (BRDE).

Mais Sarkozy n’avait pas grand-chose à craindre des juges : le proc compte parmi ses proches. L’enquête ouverte à Nanterre ne devait donc pas aller très loin.

D’une part, pour devenir seul maître à bord, le proc’ a pris soin d’écarter la chef de la section financière du parquet de Nanterre, Nathalie Foy qui était chargée de suivre le dossier du duplex de Sarko. Il la remplace par une magistrate de confiance  venue du parquet de Paris.

D’autre part, le proc’ se garde d’activer l’enquête. Les policiers se contentent d’entendre le promoteur Denise Lasserre. Mais, – sans consulter sa comptabilité, – sans interroger les entreprises qui ont aménagé le duplex,  – sans éplucher les archives de la ville de Neuilly,  – sans interroger Cécilia Sarkozy qui ne bénéficiait d’aucune immunité.

Après ce brillant travail d’investigation, Monsieur le procureur de la République, Philippe COURROYE fait part de sa décision au citoyen  Marc Salomone qui l’avait saisi du dossier : « Le traitement de votre plainte n’a pas permis de caractériser l’existence d’infractions pénales ».

Un traitement plutôt « express » pour une affaire qui avait permis au couple Sarkozy d’économiser 300 000 euros.

De quoi se plaint-on ? Pour une fois que la justice ne laisse pas traîner un dossier !

Et qui oserait douter de l’indépendance du procureur COURROYE ?

« Le Canard enchaîné  »  n° 4534 / 4535 / 4538  des 19/09 – 26/09 – 17/10/2007 d’après Hervé Liffran.

**1996 Le Magnum 357 que la justice veut ignorer (affaire Yann Piat)

31 octobre 2009

Au mois de juin 94, un service de la marine nationale a voulu remettre au procureur général de Toulon, André RIDE, le 357 Magnum que des plongeurs de combat étaient allés chercher à 210 m de profondeur  au large du Cap Sicié près d’Hyères. Des barbouzes de la Direction du renseignement militaire (DRM) avaient obtenu un tuyau selon lequel une arme utilisée contre Yann Piat avait été jetée à cet endroit précis.

Ce revolver avait donc été repêché dix-sept jours après le meurtre de la députée du Var. Il s’agissait d’une arme de fonction ayant appartenu à un policier qui avait déclaré l’avoir perdue.

Estimant que cette arme pouvait avoir une certaine utilité dans la recherche de la vérité, la marine a voulu le remettre à la justice. Un « soit-transmis » (imprimé numéroté à compléter par l’expéditeur)  fut donc rédigé pour accompagner le petit colis adressé au parquet de Toulon. Et des copies adressées aux services compétents de l’armée.

Quand le colis arrive au tribunal, curieusement il n’intéresse personne. Un magistrat (qui n’est pas le juge Thierry Rolland) répliquera même aux gens de la DRM que ce flingue  » ne ferait pas avancer l’enquête ».

Joint par « Le Canard enchaîné », André RIDE, qui était procureur général au moment des faits, affirme qu’aucun « soit-transmis » de la marine n’est jamais parvenu au greffe de son tribunal. Les barbouzes confirment, elles, que le paquet est bien parti.

L’arme ne sera donc pas expertisée. Et les trois balles que contenait encore le barillet ne seront pas davantage comparées avec les trois retrouvées dans la voiture de Yann Piat. Or ces six projectiles ont une « signature » identique : le calibre 9 mm, numéro de série, empreinte de sertissage.

Par ailleurs selon les mêmes experts les deux balles qui ont tué Yann Piat sont elles de calibre 8,92 et pourraient avoir été tirées par un pistolet Tokarev. Ce qui confirmerait l’existence de deux équipes de tueurs. Or  » Le Figaro » avait lui aussi évoqué le rôle d’une deuxième équipe de tueurs présente au Mont des Oiseaux le soir du meurtre et la présence d’une dizaine de personnes mobilisées à cette occasion.

Ce qui suppose qu’on n’a pas lésiné sur les moyens. Il ne fallait pas rater Yann Piat.

« Le Canard enchaîné » du 02/10/96 d’après André Rougeot

Denidejustice fait deux observations:

1) La remarque du juge « l’arme ne ferait pas avancer l’enquête » est remarquable de la suffisance des magistrats qui ne supportent pas qu’on puisse leur suggérer une piste d’investigation.

2) La réponse  du proc’ qui affirme qu’aucun « soit-transmis » n’est jamais parvenu (ce que personne n’ira vérifier) au greffe de son tribunal fait partie des techniques des procs’ pour esquiver toute question dérangeante quant à leur négligence, leur fainéantise ou encore leur soumission à des ordres venus d’en haut.

*2009 Police : Ali Ziri, 69 ans mort étouffé …

14 octobre 2009

Ali Ziri, paisible retraité de 69 ans, partageait son temps, après 40 ans de labeur, entre l’Algérie et Argenteuil où il résidait depuis 50 ans. Le 9 juin il y était remonté pour faire des achats à l’occasion du prochain mariage de son fils aîné. Après avoir fêté ses retrouvailles avec son ami Areski Kerfali, 61 ans et invalide à 60%, Ali accepte d’être raccompagné en voiture par celui-ci.

La police intercepte le véhicule sur le trajet et le contrôle dégénère rapidement des injures racistes auraient fusé.

Areski se retrouve menotté au sol. Voulant lui venir en aide, Ali sort de la voiture et menace de porter plainte. Il subit le même sort qu’Areski et est embarqué au commissariat. L’hôpital d’Argenteuil constatera son décès deux jours plus tard. Décès qu’une première autopsie attribuera bien hâtivement, à l’alcool, ainsi qu’à des problèmes pulmonaires.

Diligemment le parquet de Pontoise classe l’affaire sans suite : « La cause du décès est liée à des problèmes cardiaques ainsi qu’à l’absorption d’alcool. Il n’a pas été violenté par la police » déclare le proc’ adjoint Bernard FARRET à « Politis » (22 juin). Pas d’information judiciaire, pas d’enquête médicale ! Encore une fois : circulez y a rien à voir !

Ce même proc’ refuse d’enregistrer la plainte d’Areski « pour violences » alors que celui-ci veut témoigner. Il affirme qu’Ali Ziri et lui même  ont fait l’objet d’un tabassage continu, mains liées dans le fourgon : « Les policiers nous ont battus et traités de sales bougnoules ».

Le rapport de la contre-autopsie – obtenue un mois plus tard grâce à la détermination du collectif « Vérité et justice pour Ali Ziri » – est quant à lui formel : ce sont bien des coups (27 hématomes de 12 à 17cm de diamètre ont été relevés sur le corps) ainsi qu’une asphyxie mécanique (certainement une de ces clefs de maintien dont abusent les policiers mais condamnées par la Cour européenne) qui ont entraîné la mort  du vieil homme. Son ami Areski s’en est tiré, lui, avec un poignet fracturé.

Une information contre X pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner » vient d’être enfin ouverte toujours grâce à la ténacité du collectif. Ce n’est que le dos au mur et quatre mois après les faits que le proc’ daigne ordonner une enquête face à une affaire qui pourrait scandaliser l’opinion ! En effet, les grands médias (« Le Monde » et « LExpress »,  France 3) commencent à se pencher sur cette mort douteuse et sur la personnalité attachante de « Tonton Ali », le vieux travailleur kabyle intègre, qui ne correspond vraiment pas au gibier à bavure classique.

Le 17 sept. l’ami d’Ali, Areski Kerfali doit comparaître au tribunal de Pontoise pour outrage envers les trois policiers. L’un d’eux  est connu pour collectionner les dossiers d’outrage … (1)  L’ avocat d’Areski obtient du tribunal de réunir les deux affaires.

Quant aux trois policiers,  ils ne sont, pour l’heure,  ni suspendus, ni mis en examen.

Affaire à suivre …

NB. La famille d’Ali  récupérera son corps trois mois après le décès, non sans avoir acquitté 2400 € pour frais de garde de la dépouille (Y a pas de petits profits …)

« SINE HEBDO » du 14 oct.2009   d’après Thierry Pelletier et « CQFD » n°71 d’après Anatole Istria.


(1) Un ancien policier dans un livre de mémoires dénonce cette pratique courante de policiers ripoux qui provoquent ce genre de conflit afin d’arrondir leurs fins de mois avec les généreuses indemnités que leur attribuent des magistrats complices pour « dénonciation calomnieuse, outrage à agent dans l’exercice de ses fonctions, etc. »