Posts Tagged ‘Alain Juppé’

**1997 Affaire Mancel

25 août 2010

« A Beauvais, Jean-François Mancel, président RPR du Conseil général de l’Oise à rempli pendant des mois son caddie de marchandises et équipé ses enfants en matériel vidéo sur le budget du Conseil général de l’Oise, mais il bénéficie d’un classement sans suite par la justice, à condition de rembourser.

A Poitiers, Annick, mère de famille en difficulté, vole pour 4 à 500 balles de nourriture pour ses enfants et elle est traînée devant un tribunal. »

1,7 million de Francs ! En juillet 97, Odile VALETTE, procureur de la République de Beauvais, choisit, en solitaire, d’appliquer la jurisprudence inventée à propos de l’appartement d’Alain Juppé, qui conduira à son déménagement.

Cette petite proc’ a entre les mains le résultat de l’enquête préliminaire lancée en oct.1996, sur la façon dont le président du conseil général, ainsi que deux de ses directeurs, ont vécu aux frais du département. L’affaire a été déclenchée par un rapport de la chambre régionale des comptes qui isolait près d’1,7 millions de Francs de dépenses indues.

Au lieu d’engager des poursuites, la proc’ décide seule: Jean-François Mancel, Christian Olivier, directeur général des services du département et Jean-Pierre Colonna sont « réprimandés » et sont priés de rembourser 600 000 Francs à eux trois. Dans son communiqué de classement, la proc’ Odile VALETTE faisait un partage entre des frais qu’elle analysait comme dépenses de réception et les dépenses à caractère familial.

Cette décision n’est pas de son ressort et seul un juge d’instruction puis un tribunal sont à même de vérifier cette distinction.

Mais neuf conseillers généraux n’entendent pas en rester là et décident de porter plainte pour abus de confiance avec constitution de partie civile devant le doyen des juges d’instruction Thomas Cassuto.

Affaire à suivre … donc …

« Libération.fr »  du 02/12/1997

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*2003 L’aimable procureur de Juppé.

25 octobre 2009

Le procureur de Nanterre René GROUMAN venait à peine d’achever son réquisitoire – fort complaisant – au procès Juppé des emplois fictifs du RPR que le président du TGI de Paris annonçait un sympathique raout pour fêter l’installation du sus-nommé au poste très recherché et peu foulant de vice-président.

Coïncidence  bien sûr … puisque cette nomination, annoncée le 9 juillet au JO date effectivement du mois d’avril. Mais personne n’y avait prêté attention : GROUMAN n’était pas encore célèbre.  Une décision prise bien avant que celui-ci ne recommande, le 9 oct. , au président du tribunal de Nanterre d’infliger à Juppé une peine légère avec sursis. Et qui surtout ne le rende pas inéligible. René GROUMAN, avait même, fait exceptionnel repris la parole en ce sens après son réquisitoire pour être sûr que les juges comprennent bien.

Coïncidence encore quand quelques semaines auparavant il avait clos le dossier du juge d’instruction en demandant pour Juppé un généreux non-lieu partiel, lui évitant bien des ennuis devant le tribunal.

Avant d’atterrir à Nanterre, René GROUMAN n’était qu’un obscur substitut depuis 13 ans à Paris. Cette fois la promotion est ultra rapide. Il occupera à Paris le poste de juge des libertés. Pour un magistrat qui, depuis près de vingt ans, siège au parquet (qui représente l’accusation et dont on sait la soumission au pouvoir politique) la reconversion risque de na pas être facile … Ajoutons à cela que GROUMAN fut longtemps militant du mouvement d’extrême droite « Troisième voie », pas de doute les libertés  vont être bien gardées.

Mais dans cette mutation l’objectif n’était pas d’assurer le bon fonctionnement de la justice encore moins de préserver la démocratie.

« Le Canard enchaîné »  du 29/10/03 d’après Hervé Martin