Archive for the ‘TGI Nouméa’ Category

**2010 « Le travail n’a pas été fait » : six ans de taule pour rien !

15 mai 2010

Manuel Vilabril Ferreira aura fait six ans de prison ! La cour d’appel d’assises de Paris a estimé, en ce vendredi 16 avril 2010,  qu’il n’a pas tué la Martiniquaise  Nadia Athanase.

« Le travail n’avait pas été fait, cette cour d’assises l’a fait. » L’avocat général Philippe Bilger n’a pas été tendre avec la justice calédonienne. La défense non plus. Après six ans de lutte les avocats de la défense dénoncent:  » La culpabilité de Manuel à Nouméa a été décidée comme un postulat. » Ils dénoncent un « aveuglement judiciaire invraisemblable. La manière dont l’instruction a été menée et la façon dont l’enquêteur n’a pas enquêté ne peuvent rester impunies. »

Sur ce dossier c’est du coup toute la justice calédonienne qui est concernée. Le procès de Nouméa a été expédié en deux jours. Philippe Bilger a passé en revue la liste des incohérences et des décisions malheureuses. Entre autres, ce petit homme de 63 ans, 1m57, maladif, était incapable de soulever une charge de 25 kgs. Comment dès lors aurait-il pu traîner sur plus de 100m les 60 kgs de la victime et les charger dans une voiture? Une simple reconstitution qui fut refusée aurait permis de s’en rendre compte.

Pourtant la cour d’assises de Nouméa avait  condamné sans sourciller Manuel Vilabril Ferreira à vingt ans de réclusion.

L’instruction bâclée on la doit au juge d’instruction Jean-Pierre VIDALLIER. Le jugement expéditif de la cour d’assises de Nouméa à Christian MESIERES son président.

Ces deux brillants magistrats on les retrouvera dans l’affaire Konhu, encore sept ans de taule inutiles en raison de leur travail bâclé. Au total 13 ans ! Des individus détruits, des familles non moins démolies.

Et quelles sanctions ? RIEN pour le président de la cour d’assises ! Une mutation-promotion d’office  pour le juge d’instruction !

Et qui va payer les indemnités versées aux victimes des bavures  de ces incapables ? Nous, les citoyens !

D’un côté une corporation judiciaire irresponsable qui s’autoprotège, de l’autre des citoyens qui trinquent à tout va, qu’ils soient incarcérés à tort ou qu’ils paient de leurs deniers les pots cassés sans oublier qu’ils entretiennent une clique de magistrats fainéants.  Car telle est la réalité !

« Denidejustice » le 15/05/2010

**2010 Affaire Konhu : Sept ans de taule pour deux acquittés !

13 mai 2010

Le 1er mai 2002 Mika Kusama, une japonaise de 29 ans, débarque sur l’Île des pins en Nouvelle-Calédonie. Le 2 mai elle disparaît et le 6 mai son corps est retrouvé brûlé, affreusement mutilé, sur le rocher de Kanuméra. Un lieu sur lequel veillent deux frères fêtards, Antoine et Didyme Konhu, fumeurs de pétards qui veulent en faire un « village artistique ».

Dans un premier temps, tout le monde se fout de cet assassinat à Nouméa, encore moins en métropole. Mais il en va différemment au Japon. Diplomatiquement il il est bon de faire diligence. Le 11 mai les deux frères sont arrêtés, aussitôt présentés comme coupables par les gendarmes, le juge d’instruction Jean-Pierre Vidallier et la « feuille de chou » locale qui diffuse l’info.

En 2007, cinq ans plus tard, la justice toujours diligente, premier procès aux assises de Nouméa présidées par Christian MESIERE, Didyme est acquitté tandis qu’Antoine en prend pour 15 ans. Les insuffisances et autres incohérences du dossier n’ont dérangé personne surtout pas les magistrats …

A Nouméa la Ligue des droits de l’Homme  s’émeut et dénonce une enquête bâclée et des coupables idéaux. Les avocats relèvent alors de nombreuses bévues et erreurs: – Une pièce à conviction (un tee-shirt d’Antoine prétendument retrouvé dans la chambre de Mika) a été introduit ultérieurement dans les scéllés qui sont restés ouverts pendant plusieurs mois, – Un  témoin, que l’on a cru sur paroles, jurait avoir vu les doigts d’Antoine ornés des bagues de Mika: c’était un cinglé et Mika ne portait pas de bagues, – Aucune trace d’ADN n’a jamais été retrouvée sur le corps de la jeune femme ni alentours, – pas d’enquête non plus sur les 80 militaires qui étaient à l’époque sur l’île sauf une vérification au fichier des délinquants sexuels alors que Mika n’a pas été violée, – Rien non plus sur ce blanc de 60 ans avec qui elle est vue le jour de sa disparition, –  La zone du crime  sera souillée parce que ni gardée, ni protégée, – Les personnalités des deux Kanaks sont étudiées par des experts continentaux à partir de tests occidentaux.

Au second procès une heure de délibéré suffira pour acquitter Antoine.

Et comme il faut toujours une morale, le juge d’instruction de l’affaire Konhu a été muté disciplinairement en ce début mai 2010.

« Le Canard enchaîné »   n° 4672  du 12/°5/2010  d’après un art. signé D.S.