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*2003 Pierre Truche laquais du pouvoir.

7 mars 2010

Quel fut le plus éminent magistrat de France de 1994 à 1999 ? Celui que bon nombre de magistrats désignent comme leur modèle, celui qui, après les succès fulgurants de sa carrière, les louanges de ses pairs, croule sous les honneurs des gouvernements de droite comme de gauche ? Réponse Pierre TRUCHE président de la  cour de cassation !

Faut-il un esprit éclairé pour réfléchir à l’avenir du parquet ? On confie la mission à Pierre TRUCHE. Faut-il un sage pour décider du statut pénal du président de la République ? Pierre TRUCHE. Faut-il quelqu’un pour présider un comité consultatif des droits de l’homme ? Pierre TRUCHE. Etc. etc.

Qui est donc ce héros de la magistrature ? Un juge remarqué pour l’équité et l’indépendance de ses décisions ? Pas vraiment ! Un président de cour d’appel célébré pour la limpidité et l’audace de ses arrêts ? Non plus. Mais un vulgaire parquetier soumis par son statut pendant toute sa carrière au poids de la hiérarchie et aux consignes du pouvoir. Substitut à Dijon, puis Arras, puis Lyon, avocat général à Grenoble, il est nommé procureur à Marseille où il laisse des souvenirs pour le moins mitigés.

Ce proc’  réussit à faire oublier des méthodes contestées d’homme à poigne en tenant le rôle très médiatique d’accusateur public dans le procès de Klaus Barbie à Lyon. Un succès facile qui lui vaudra en 1988 le poste très convoité de procureur général de la cour d’appel de Paris. Le voilà au coeur du pouvoir judiciaire, là où se pilotent toutes les affaires sensibles. C’est à cette époque que le parquet général réussit l’exploit de bloquer l’affaire Urba pendant deux ans, en omettant de transmettre le dossier du député Ph.Sanmarco à la chambre criminelle de la Cour de cassation qui devait désigner la chambre d’instruction compétente. La ligue des contribuables dépose plainte pour fofaiture. Pour secourir le parquet général, le pouvoir fait voter une réforme du Code pénal qui supprime tout simplement le crime de forfaiture.

Après pareil épisode, il faut redorer son blason, donner des gages d’indépendance. En 1994, Pierre TRUCHE assume la charge de procureur général auprès de la cour de justice lors de l’affaire du sang contaminé et fait instruire le dossier de Laurent Fabius. Mais l’ex-Premier ministre a demandé lui-même à être jugé pour sauver sa carrière politique compromise par le soupçon. Que pèse alors l’apparente indépendance du proc’ Pierre TRUCHE ? A la même époque son action est très critiquée dans le procès de René Bousquet, l’ami de F.Mitterrand, inculpé pour complicité de crimes contre l’humanité.

En réalité, TRUCHE est comme les autres, à l’écoute du pouvoir. Comme tout laquais est à l’écoute de son maître …

Virant de cap avec le vent. En 1989, membre de la commission Delmas-Mary, il s’oppose à la rupture des liens entre le parquet et le pouvoir exécutif. En 1997, il préside la commission qui va … recommander cette rupture ! Lors de l’installation  de cette commission, Chirac recommande aux membres de la commission de faire preuve d’audace dans cette énième réforme. En réponse, Pierre TRUCHE après avoir pleurniché  sur le trop bref délai accordé pour mener à bien un tel chantier, achève son propos en flagornerie courtisane : « On a vu d’autres commandes aussi précipitées donner naissance à de grandes oeuvres. »

Ultime pantalonnade de la magistrature à la française : le champion du parquet se transforme en chef suprême des juges du siège. Un parquetier qui a incarné pendant toute sa carrière le service du pouvoir endosse à la satisfaction de tous, les habits du gardien de l’équité et de la jurisprudence.

Voilà l’homme que les magistrats se sont choisi comme modèle !

« Ces magistrats qui tuent la justice » d’après Jean-François Lacan