Archive for the ‘NADAL Jean-Louis’ Category

**2008 Le juge Voirain protégé par sa hiérarchie ?

27 février 2011

Dans l’affaire du « SENTIER 2 » qui a provoqué l’incarcération du juge Jean-Louis VOIRAIN, les juges Prévost-Déprez et Siméoni ont souhaité entendre comme témoins trois hauts magistrats qui n’ont pas diligenté de poursuites contre lui. Il s’agit de Alexandre BENMAKHLOUF proc’ général de Paris (1996-2000), Jean-Louis NADAL nommé inspecteur général des services judiciaires en déc.1997 (par E.Guigou) puis proc’ général de Paris dès 2001, Marc MOINARD alors proc’ de Bobigny, devenu proc général de Bordeaux (directeur des affaires judiciaires entre 95-96, directeur des affaires criminelles et des grâces à la chancellerie entre 96-97).

Le juges souhaitaient quelques explications de ces trois magistrats qui ont eu, à un moment de leur carrière, VOIRAIN sous leur autorité. Comment ont-ils pu montrer une telle indulgence à son égard, le notant honorablement alors que son parcours est jalonné d’incidents qui auraient dû éveiller leur attention ?

Première alerte. Dès 1992 le nom de VOIRAIN apparaît dans une affaire d’  « escroquerie et faux en écriture de commerce » menée par le juge Guy Pieri. Celui-ci avait demandé au proc’ Marc MOINARD de saisir la cour de cassation afin qu’elle dépayse le dossier. Le proc’  MOINARD avait alors indiqué à la cour de cassation que, d’après lui, il n’y avait pas lieu d’engager de poursuites à l’encontre de VOIRAIN (alors chef de la section économique et financière au parquet de Bobigny. Le juge, avait dû, courant 93, clôturer son enquête sur un non-lieu sur réquisition du parquet …

Deuxième alerte. Selon un rapport rédigé en sept. 1997 par le procireir de Bobigny intitulé « Liens de M. VOIRAIN avec un repris de justice » et transmis au procureur général de Paris Alexandre BENMAKHLOUF, VOIRAIN entretenait des relations « amicales » avec un repris de justice depuis 1980 époque où il était substitut à Meaux et où ce criminel était poursuivi devant ce tribunal.

Troisième alerte. Le dossier disciplinaire de VOIRAIN fait aussi état de l’affaire de la MNEF. En 1999 VOIRAIN avait été accusé par un imprimeur d’avoir été rémunéré par un faux facturier à qui il avait offert une « protection ». Le procureur général BENMAKHLOUF, informé, aurait caché au procureur de Bobigny l’implication de VOIRAIN dans cette affaire de la MNEF.

Quatrième alerte. Dans l’affaire de la vente d’armes à l’Angola, VOIRAIN avait été également auditionné en 2001 par la brigade financière lorsqu’il était apparu que l’Association professionnelle des magistrats (ADM droite) dont il fut le secrétaire général, avait été financée par la société de Pierre Falcone, l’homme d’affaire au coeur du dossier. Pas de réaction non plus du procureur général Jean-Louis NADAL …

Non seulement VOIRAIN n’est jamais inquiété, mais il est nommé chevalier de la légion d’honneur en Janv. 2002 et  proposé par le ministre de la justice Dominique PERBEN pour le poste prestigieux d’avocat général à la cour d’appel de Paris en déc.2002 (mais le CSM avait émis un avis négatif).

« Le Monde »  du  12/06/2003 d’après un art. de Fabrice Lhomme.

*2008 Qui protège le docteur Krombach ?

11 août 2010

Pourquoi un médecin allemand, reconnu coupable du meurtre d’une jeune Française échappe-t-il depuis 14 ans à la justice ?

André Bamberski porte plainte en août 2002 à Versailles pour « corruption des autorités judiciaires françaises » ainsi que pour « entraves aux recherches et à l’arrestation de l’auteur d’un crime ».

Selon André Bamberski des magistrats français ont participé à la « protection » d’un médecin allemand, Dieter Krombach, condamné à quinze ans de réclusion criminelle par la cour d’assises de Paris  pour le meurtre et le viol d’une jeune fille de 15 ans, Kalinka, la fille d’André Bamberski (Dieter Krombach se trouve être alors le beau-père de Kalinka).

Lors du procès, l’accusé était en Allemagne. L’enquête locale ayant abouti à un non-lieu il coulait des jours heureux dans une bourgade à la frontière autrichienne.

Après le verdict français, André décide de se lancer à la poursuite de Krombach. Il sait qu’en Allemagne le médecin ne risque ni l’arrestation ni l’extradition. En revanche s’il franchit la frontière il peut tomber sous le coup d’un mandat d’arrêt international en raison de sa condamnation en France.

Or, le 7 janv 2000, il s’aventure en Autriche où il est interpellé. Il sera libéré le 2 févr. sans qu’aucune procédure d’extradition n’ait été engagée par la France …

Puis du 26/12/2002 au 02/01/2003 il est en Egypte. Les autorités françaises en sont avisées, mais ne réagissent pas. En 2006 le ministère de l’Intérieur plaide auprès d’André « une mauvaise appréciation de l’information »

Enfin, André Bamberski découvre une note de Laurent LE MESLE, en date du 30 mars 1995, au lendemain du verdict de la cour d’assises. Alors sous-directeur de la justice criminelle à la chancellerie LE MESLE écrit au procureur général de Paris: « Je vous serais très obligé de ne pas procéder à l’exécution de cet arrêt sans m’en avoir au préalable rendu compte. » Et dans ses rapports le procureur général Jean-François Burgelin confirme : « Conformément aux termes de votre dépêche, l’exécution de cet arrêt est suspendue. »

Une bienveillance étrange.

Pour le père de Kalinka, il ne fait aucun doute que le ministère de la Justice fait barrage contre une arrestation du médecin allemand. Les indices se multiplient:

– il trouve trace de multiples interventions de l’ambassade d’Allemagne à Paris auprès de la chancellerie et du parquet général.

– Outre Rhin la justice allemande montre une bienveillance constante à l’égard de Krombach: – En 1997 il endort une patiente de 16 ans et la viole : deux ans de prison avec sursis et deux ans d’interdiction de la médecine. – en juillet 2007 il est jugé pour 29 escroqueries : 28 mois de prison.

André Bamberski se demande pourquoi cet homme est protégé ?

Une information judiciaire pour « corruption ou influence à l’égard des autorités judiciaires et entrave à l’arrestation de l’auteur d’un crime » est néanmoins instruite par la juge de Versailles Nathalie Poux qui entendra successivement:

– l’ancien procureur général de Paris  à la retraite  Alexandre  BENMAKHLOUF, le 26 déc. 2007.

– le procureur général de Paris Laurent LE MESLE le 30 oct.2007.

– le procureur général près de la cour de cassation Jean-Louis NADAL, le 20/12/2007.

L’avocate d’André Bamberski dénonce : – une diffusion « tardive et limitée » de mandats d’arrêt internationaux contre le Dr Krombach, – les quatre renvois successifs de l’audience de la cour d’assises, – la requalification à l’audience des faits reprochés de « meurtre » en « coups et blessures ».

Aucun de ces magistrats ne sera jamais inquiété … Pourtant ils (ou l’un d’eux) est bien à l’origine de ce dysfonctionnement judiciaire !

« AFP »  du 24/12/2007 d’après Pierre Rochiccioli et « L’Express.fr » du 02/01/2008 d’après un art. de Pascal Sceaux .