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**2003 Une justice qui se « Dépêche ».

30 juin 2009

La magistrature toulousaine a entrepris de se singulariser. Le 18 avril 2003, Maryvonne MOULIS, la vice-présidente des juges d’instruction, a signifié à Jean-Michel Baylet, le pédégé de « La Dépêche du Midi », la mise en examen de son journal « en tant que personne morale ». Un procédure rarissime, tombée en désuétude.

Le crime de la personne morale de « La Dépêche » ? Il date de près de deux ans. Quatre jours après l’explosion d’AZF, deux journalistes du quotidien toulousain avaient pénétré dans l’enceinte de l’usine de la SNPE pour s’assurer que ses installations avaient été sécurisées. Tous deux furent mis en examen, la société en question ayant porté plainte, avant, finalement, de renoncer à ester en justice.

Les mois ont passé et voilà que Mme la vice-présidente n’a rien de plus urgent à faire que de mettre en examen « La Dépêche ».

Deux semaines plus tôt, Baylet avait déjà eu le plaisir d’être convoqué par la police toulousaine. Il lui fut demandé, ainsi qu’à un membre de sa rédaction, de révéler le nom des informateurs du journal, lequel s’était rendu coupable, selon la justice, de violation et recel du secret de l’instruction. Comme si le secret professionnel des journalistes n’existait pas …

Cette célérité de la magistrature de la ville de Douste-Blazy n’a, bien sûr, rien à voir avec les informations publiées par la même « Dépêche », le 2 avril, à propos du tueur en série Patrick Alègre. Ce sympathique assassin, condamné  depuis en cour d’assises, aurait bénéficié de la « protection » de deux policiers ripoux de la Ville rose. Et le nom d’un important magistrat apparaît dans l’enquête menée, cette fois, par les gendarmes sur les meurtres de deux femmes. Plusieurs témoignages de prostituées qui figurent dans le dossier mettent en cause des notables locaux, qui auraient participé à des partouzes pédophiles organisées par des proxénètes du coin.

Evidemment c’est le genre d’enquête plus délicate à mener que de mettre en examen un journal avec deux ans de retard.

« Le Canard enchaîné »‘   n° 4306   du 07/05/2003   art. non signé.