Archive for the ‘KANTOR Jean-Louis’ Category

**2005 Affaire des lycées d’Ile-de-France

17 avril 2010

La justice a trouvé le vrai coupable … Mais oui, mais oui !

Après le verdict de l’affaire des lycées d’Ile-de-France, prononcé le 26 oct. les principales vedettes ont poussé un « ouf! » de soulagement. A la sortie du tribunal un ténor du barreau résumait le sentiment général : « Pourvu que personne ne fasse appel ! »

Son souhait devrait être entendu, si l’on en juge par les sanctions infligées par le tribunal présidé par Jean-Louis KANTOR. Réputé pour sa sévérité à l’encontre du citoyen lambda, ce magistrat a eu cette fois la main plutôt légère : sur les 42 condamnations prononcées dans cette gigantesque affaire de corruption qui a permis en son temps  (1985-95) de détourner près de 200 millions de francs, on compte une seule peine de prison ferme. Et elle est pour le menu fretin : à savoir l’ancien et obscur élu écolo François Donzel qui écope de 3 ans, dont 2 avec sursis pour avoir gardé par devers lui une pincée de millions. Voilà donc désigné le vrai coupable du plus gros dossier de financement politique de ces dernières années.

Les ténors, eux, s’en sortent mieux. Ainsi l’ancien président du conseil régional, le RPR Michel Giraud, échappe à la peine de prison ferme réclamée par le parquet. Il était accusé, entre autres gracieusetés, d’avoir fourni les liasses de billets litigieuses à Donzel. Mais un vice de procédure opportunément découvert par les juges, a permis d’escamoter ce délit qui risquait d’alourdir la condamnation. Et d’écarter du même coup les menaces de grand déballage agitées par des proches de Giraud en cas d’emprisonnement de leur ami.

Le tribunal n’a pas été davantage cruel avec Michel Roussin, l’ancien directeur de cabinet de Chirac à la mairie de Paris, qui a joué un rôle pivot dans le système. Ni avec les spécialistes des marchés truqués qui étaient à la manoeuvre. Ni avec un ancien collecteur de fond du PS. Ni même avec l’ancien ministre du Parti Républicain Gérard Longuet carrément relaxé. Seul parmi les vedettes du procès, Guy Drut, peut s’estimer mal servi : bien qu’assortis du sursis, ses 15 mois de prison avec sursis peuvent lui coûter une radiation du CIO.

Les attendus du jugement sont de la même eau tiède. Guère de mots plus hauts que les autres. Et surtout pas de mise en cause  de l’ancien maire Chirac. On apprend juste que Michel Roussin « n’a pu agir d’initiative ». Mais bien entendu le tribunal s’abstient de préciser le nom de celui qui donnait des ordres à ce brave directeur de cabinet.

Et si, après ça, Bernadette n’invite pas à prendre le thé ces juges qui savent si bien se tenir …