Archive for the ‘HERAIL Jean-Louis’ Category

**2001 Affaire Falcone

29 novembre 2010

Une banque soupçonne, en 1997,  un blanchiment. Le procureur Jean-Louis HERAIL l’ignore.

Très mobilisé sur l’une des grosses affaires du moment, celle du trafic d’armes vers l’Angola et sur celle de l’affaire de blanchiment qui tournent autour de l’homme d’affaires Pierre Falcone, le Palais de justice de Paris découvre en 2001 que la curiosité d’un magistrat aurait dû être aiguillée depuis longtemps sur ce dossier. Le proc’ Jean-Louis HERAIL avait enterré la procédure en janvier 1997.

L’ennui c’est 1) – que ce magistrat peu curieux a pour autre caractéristique d’avoir été vice-président de l’APM (Association professionnelle des magistrats), syndicat marqué à droite, voire à l’extrême droite au sein de la Justice; 2) –  l’APM s’est vu verser des fonds par le même marchand d’armes Pierre Falcone fort importants au regard de son budget annuel (100 000 F); 3) – que le magistrat s’est reconverti depuis comme secrétaire général de la Compagnie des signaux, société spécialisée dans les systèmes d’interception et de communication, elle aussi impliquée dans les transactions avec l’Angola.

Le puzzle reste à assembler, mais un certain nombre de sources qui surveillent de près l’enquête conduite par Isabelle Prevost-Deprez et Philippe Courroye trouvent étranges ces coïncidences.

« Libération.fr »  du 15/02/2001 d’après un art. de Thoraval Armelle (lire la suite sur Libération.fr « Dossier Falcone : la cécité d’un juge ».)

**2000 Le pseudo-secret de l’instruction…

22 août 2009

Pendant plusieurs semaines le juge parisien Marc BRISSET-FOUCAULT gardera dans ses tiroirs une lettre anonyme très accusatrice pour une entreprise spécialisée dans l’électronique de défense. Selon le corbeau qui n’étaye pas ses accusations, « Communication et Systèmes » se livrait à des ventes de matériels sensibles à l’étranger en distribuant des commissions occultes et en court-circuitant les autorisations administratives nécessaires.

Dépêchée sur place la brigade financière a donc entrepris, le 09 mai, une fouille en règle des locaux. Mais elle s’est heurtée au barrage imprévu de deux anciens hauts fonctionnaires aujourd’hui salariés de l’entreprise. A savoir Raymond Nart, ex-numero deux de la DST, et Jean-Louis HERAIL naguère substitut et patron du pôle financier au parquet de Paris.

Hors de lui, le premier, après avoir  fait savoir que les activités de la société relevaient du contrôle de l’Etat, a rappelé qu’il avait le bras long et proféré quelques impolitesses. Ce qui lui a valu une journée de garde à vue précédée d’un embarquement musclé.

Quand au second, Jean-Louis HERAIL, il a subi le même sort plus une perquisition à domicile.  Entre autres trouvailles, les flics ont saisi un document inattendu : le procès-verbal d’une audition, en nov 1999, d’Alain Guillon, un ancien haut responsable d’Elf alors en détention. Découverte d’autant plus étonnante qu’à l’époque de cette audition, Jean-Louis HERAIL n’était plus en fonctions au parquet de Paris.

Suivra, lors de la garde à vue, un échange pittoresque. L’un des policiers demande à cet ancien substitut comment il a obtenu ce PV confidentiel. Et il l’informe qu’il risque une mise en examen pour violation du secret de l’instruction.

Réponse de l’ancien magistrat : c’est un journaliste qui le lui a fourni, et de citer les noms de plusieurs juges et procureurs du pôle financier du tribunal de Paris qui, tout comme lui, entretiennent de cordiales relations avec la presse.

La menace porte et l’échange en restera là …

On amuse le petit peuple avec ce secret de l’instruction que les magistrats eux-mêmes sont les premiers à trahir …  Qu’on ne vienne plus nous bassiner avec ces salades !

« Le Canard enchaîné »   n° 4151  du 17/05/00