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**2001 Aïssa Ihich mort en garde à vue …

8 août 2010

 

Aïssa Ihich : 19 ans, 45 kgs, 1m66. Il était asthmatique. Opéré de la rate, ce lycéen qui travaillait dans un fast-food les week-ends, avait le coeur fragile. Il est mort en garde à vue le 27 mai 1991.

Retour en arrière, deux jours plus tôt, le samedi 25 mai, Aïssa, après être rentré de son travail, s’en va à une fête de quartier. Mais des échauffourées éclatent entre la police et des jeunes refoulés d’une soirée se déroulant à la patinoire. Des renforts arrivent. Sept policiers – CRS et fonctionnaires du corps urbain – s’engouffrent dans une allée pour appréhender une bande de jeunes qui s’enfuient. Aïssa qui s’en revenait chez lui fait de même. Mais il est rapidement rattrapé par les CRS. Immobilisé, il est confié aux policiers de Mantes-la-Jolie : Bruno Lefèvre, Eric Mathelin et Jean Battistuta.

D’après un CRS qui tentera de s’interposer, le jeune homme est passé à tabac. Il hurle « Ne me frappez pas, je suis asthmatique! » Peine perdue. Aïssa, qui n’est pas connu des services de police, est néanmoins mis en garde à vue dans une pièce mal ventilée, le stress, les coups et son tube de Ventoline qui se vide. Le lendemain ses parents tentent de lui faire parvenir ses médicaments. En vain.

A 18 heures le docteur Michel Perol l’examine pour le prolongement de la garde à vue. Ce toubib qui omet dans son rapport de signaler qu’Aïssa est asthmatique, juge son état de santé « compatible » avec la garde à vue. Privé de ses médicaments, les crises d’asthme deviennent de plus en plus fréquentes et violentes.

Le lundi la famille est appelée au commissariat. Alors qu’il devait être transféré à Versailles, accusé de « jets de pierre », Aïssa fait une grosse crise d’asthme, la dernière.

La famille d’Aïssa se porte partie civile contre les policiers. Le proc’ de Versailles, Yves COLLEU assène au journal de l’A2 : « Aïssa est mort des suites d’une crise d’asthme et si coups il y a, ce sont des coups très légers et ils ne sont en rien responsables de cette crise. » Quant au juge d’instruction Jean-Marie CHARPIER il ignorera le rapport d’experts rendu en février 1992 qui stipule « qu’il peut exister un lien direct entre les coups reçus et la survenue de la crise d’asthme ». Ce rapport souligne également que le docteur Pérol  a commis une négligence en ne tenant pas compte de l’état asthmatique d’Aïssa Ihich et en ne faisant pas procéder à des examens complémentaires.

Qu’importe : le juge CHARPIER délivrera une ordonnance de non-lieu au bénéfice des policiers, ordonnance cassée en 1997.

Les trois policiers ne sont alors inculpés que pour « violences avec armes n’ayant pas entraîné d’ITT de plus de huit jours ». Le docteur est poursuivi pour « homicide involontaire ».

En première instance la tactique de la défense des flics aura été de charger le toubib et de mettre en doute la parole des CRS témoins. Le petit proc’ Yves COLLEU, partisan, ira jusqu’à déclarer « Il y a des fonctionnaires de police qui mentent ».

En mars 2001 le policier Bruno Lefèvre est relaxé, les deux autres sont condamnés à dix mois de prison avec sursis. Quant au docteur il est condamné à un an avec sursis. Ils font appel.

 

 » L’Humanité.fr »  du 12/04/2002 d’ après …


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