Archive for the ‘BUYTET Corinne’ Category

*2000 Bavure policière et indulgence judiciaire.

23 avril 2010

La juge d’instruction de Nanterre Corinne BUYTET a rendu cette semaine une ordonnance de non-lieu pour deux fonctionnaires de police poursuivis pour une agression sexuelle sur une jeune marocaine au centre de rétention de Nanterre (Hts-de-Seine). Un troisième policier est lui renvoyé devant le tribunal correctionnel pour « harcèlement et agression sexuelle ». Les faits s’étaient déroulés le 13 sept 1998 : Elbatol Badouh, 30 ans, qui faisait l’objet d’une reconduite à la frontière, assurait que l’un des fonctionnaires était venu la rejoindre dans sa douche pour faire des « câlins », un autre s’étant masturbé. L’un d’eux avait passé des aveux partiels, mais en minimisant ses « avances ». L’enquête avait révélé de graves carences dans les conditions de rétention. Les trois policiers sont suspendus de leurs fonctions sans traitement. La partie civile fait appel de cette ordonnance de non-lieu.

« Le Parisien » du 17/03/2000 (d’après …)

Amnesty International se montre un peu plus dur dans sa relation des faits:  » plusieurs policiers seraient entrés dans sa cellule dont la porte ne fermait pas à clef, pendant qu’elle prenait une douche. Après l’avoir rejointe dans la douche, l’un d’eux lui aurait fait subir des sévices sexuels, auxquels ses collègues se seraient associés. »

« Préoccupations d’Amnesty International en France » Juillet-décembre 1998

Publicités

*1998 Des policiers étouffent un immigré: Arumum Fiva.

19 décembre 2009

C’était le 24 août 1991. Ce jour là, à l’aéroport de Roissy, un jeune Tamoul, Arumum Fiva est embarqué de force dans un vol UTA à destination de Colombo. Il est accompagné par deux fonctionnaires de police de l’air et des frontières dont un commissaire, Eric Brendel. Sa demande de statut de réfugié a été rejetée en moins de 24 heures … par le ministère de l’Intérieur. Pourtant, son épouse avait obtenu le statut de réfugiée en Allemagne, et il espérait la rejoindre.

Le jeune Arumum qui refuse d’embarquer, se débat et hurle, est menotté. Et surtout le commissaire lui a confectionné un baillon avec une bande a « strapping » utilisée pour la contention articulaire chez les sportifs.  Selon plusieurs témoins, cette bande est croisée sur la nuque et passée ensuite autour du cou.

Mais Arumum continue de se débattre . Les deux policiers, selon le récit du commissaire utilisent alors une couverture « comme sangle » et appuient « de toutes leurs forces sur le haut de son corps pour s’opposer à ses secousses ». La scène dure plus d’une demi-heure jusqu’à ce que … le réfugié se calme tout à fait.

Il a perdu connaissance. Une infirmière et un médecin interviennent et pratiquent le massage cardiaque. Il faudra des ciseaux pour couper la bande tant elle est serrée. Le commissaire affirme qu’il l’avait enlevée bien avant le malaise. Version contredite par plusieurs témoins. Et curieusement on ne retrouvera pas cette pièce à conviction …

Evacué par le Samu, Arumum ne reprendra jamais connaissance.  Selon la toute dernière expertise datant de mai  1998  la mort est bien la conséquence du traitement subi alors qu’il s’étranglait avec la bande enroulée autour du cou et en raison d’une faiblesse cardiaque.

A la suite d’une plainte de la famille, une instruction a été ouverte. Les deux policiers ont été mis en examen  mais n’ont pas été suspendus un seul jour et ne seront toujours pas jugés plus de sept ans après les faits. Une reconstitution aura lieu en avril 98 sous la direction de Corinne BUYTET juge d’instruction à Nanterre ….

« Le Canard enchaîné »   n° 4066  du 012/10/98 d’après Louis-Marie Horeau.