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2009 Le proc’ de Paris, Jean-Claude Marin, roi des fossoyeurs chap.2

23 septembre 2009

Charles Pasqua peut dire merci au proc’ de Paris, Jean-Claude Marin.

Un non lieu pour Pasqua.

Depuis 2001, le juge Courroye puis le juge Hullin, s’interrogent sur près de 3 millions d’euros dont deux milliardaires libanais, les frères Safa, ont fait bénéficier Charles Pasqua, l’ancien préfet Jean-Charles Marchiani et même la femme de ce dernier. Pour quelles raisons ? Mystère.

Alors ministre (dans le gouvernement Balladur), Pasqua a pu occuper gratuitement grâce à ses gentils bienfaiteurs un superbe appartement de 260 m2 près du Champ-de-Mars. Un avantage chiffré à 870 000 euros. Quant au couple Marchiani, il a touché des enveloppes de billets qu’un chauffeur allait chercher au guichet d’une filiale du CCF, à Paris, ainsi que quelques petits chèques déposés sur les comptes des enfants. Soit plus de 900 000 euros. Cet argent balladeur provenait selon l’enquête, de la vente de navires de guerre au Koweit en 1995.

Onze personnes sont poursuivies, mais le réquisitoire  du proc’  Marin dit « Bob l’éponge », signé le 30 juin 2009, explose l’affaire en réclamant un non-lieu général. Prescriptions, absence de preuves, manque de justification … (à croire que les magistrats d’instruction sont des incompétents ou des crétins finis) .

Ces magistrats soupçonnent,pourtant fortement, que le cabinet Pasqua avait offert, en guise de remerciements, régularisations de papiers et naturalisations françaises à ces riches Libanais et leurs collaborateurs.

Même le banquier grâce à qui les fonds sortaient en espèces ne mérite pas d’être poursuivi pour blanchiment d’argent. Rideau !

« CHARLIE Hebdo »   n° 901   du 23/09/09    d’après Laurent Léger.

1994 Des magistrats récurent une vieille casserole de l’Etat.

28 juillet 2009

Des accusés souriants, un réquisitoire de pure forme, des juges peu curieux, une audience expédiée comme si le verdict était rédigé à l’avance… Les magistrats de la 12ème chambre du tribunal correctionnel de Paris qui étaient censés examiner, le 8 avr.94, l’affaire du vrai-faux passeport d’ Yves Chalier ont offert le spectacle d’une justice pour le moins exotique.

Rappel des faits. En mai 1986, Pasqua ministre de l’Intérieur, demande au patron de la DST, Bernard Gérard de fabriquer un vrai-faux passeport. Puis à un grand flic, le contrôleur général Jacques Delebois, de le transmettre à Yves Chalier, alors en cavale au Brésil. En retour, l’ancien chef de cabinet du ministre socialiste de la coopération Christian Nucci, fournit aussitôt informations et documents sur l’affaire Carrefour du développement.

Trois ans plus tard, les socialistes de nouveau aux affaires mais pas pressés de voir revenir sur le tapis ce maudit Carrefour du développement, décident de ne pas saisir la Haute Cour de justice du « cas » Pasqua. Du coup celui-ci devint intouchable.

Néanmoins, il restait du beau monde, le 8 avril, dans le box, en compagnie de Chalier : – Edmond Raffali, patron du défunt cercle de jeu Concorde et intermédiaire de Pasqua, – le contrôleur général Jacques Delebois (qui s’était déjà illustré dans l’affaire des micros posés dans les bureaux du « Canard »).

Léthargie judiciaire.

Tout au long de l’audience, les magistrats ont su faire preuve de tact:
– Le nom de Pasqua n’a été prononcé qu’une fois par les magistrats. Et ni le ministre, ni les fonctionnaires de la DST chargés de fabriquer le vrai-faux passeport n’ont été cités à comparaître.
– Même silence sur le « secret-défense » invoqué avec un joli culot par Pasqua en 87, pour empêcher le juge Michau de connaître le nom du commanditaire du vrai-faux passeport.

Et voilà pourquoi le procès de ce qui était, il y a peu, une affaire d’Etat a été bâclé en quatre heures.
Qui d’ailleurs aurait pu s’en plaindre ? Chalier ? Remis en liberté après avoir purgé la moitié de sa peine, en janvier 94, il n’avait aucun intérêt à déballer du linge sale. Quant à Delebois et Raffali, c’est bien simple, ils n’avaient rien vu, rien entendu et ne se connaissaient même pas …

Et puis, à quoi bon jouer les bavards ?
MEHAIGNERIE, ministre de la Justice, n’avait bien sûr pas donné instruction au parquet de s’en prendre à Pasqua.
– Fort perspicace, son représentant, le substitut du procureur, François FOULON a eu le bon goût de ne réclamer que de simples peines symboliques et amnistiables.

Au point que le président du tribunal, Bruno STEINMANN, a pu donner l’impression de présider à un arrangement entre gens de bonne compagnie…

« Le Canard enchaîné » n° 3833 du 13/04/94 d’après Hervé Liffran.