Archive for the ‘C 10 Affaire Yann-PIAT’ Category

**1996 Le Magnum 357 que la justice veut ignorer (affaire Yann Piat)

31 octobre 2009

Au mois de juin 94, un service de la marine nationale a voulu remettre au procureur général de Toulon, André RIDE, le 357 Magnum que des plongeurs de combat étaient allés chercher à 210 m de profondeur  au large du Cap Sicié près d’Hyères. Des barbouzes de la Direction du renseignement militaire (DRM) avaient obtenu un tuyau selon lequel une arme utilisée contre Yann Piat avait été jetée à cet endroit précis.

Ce revolver avait donc été repêché dix-sept jours après le meurtre de la députée du Var. Il s’agissait d’une arme de fonction ayant appartenu à un policier qui avait déclaré l’avoir perdue.

Estimant que cette arme pouvait avoir une certaine utilité dans la recherche de la vérité, la marine a voulu le remettre à la justice. Un « soit-transmis » (imprimé numéroté à compléter par l’expéditeur)  fut donc rédigé pour accompagner le petit colis adressé au parquet de Toulon. Et des copies adressées aux services compétents de l’armée.

Quand le colis arrive au tribunal, curieusement il n’intéresse personne. Un magistrat (qui n’est pas le juge Thierry Rolland) répliquera même aux gens de la DRM que ce flingue  » ne ferait pas avancer l’enquête ».

Joint par « Le Canard enchaîné », André RIDE, qui était procureur général au moment des faits, affirme qu’aucun « soit-transmis » de la marine n’est jamais parvenu au greffe de son tribunal. Les barbouzes confirment, elles, que le paquet est bien parti.

L’arme ne sera donc pas expertisée. Et les trois balles que contenait encore le barillet ne seront pas davantage comparées avec les trois retrouvées dans la voiture de Yann Piat. Or ces six projectiles ont une « signature » identique : le calibre 9 mm, numéro de série, empreinte de sertissage.

Par ailleurs selon les mêmes experts les deux balles qui ont tué Yann Piat sont elles de calibre 8,92 et pourraient avoir été tirées par un pistolet Tokarev. Ce qui confirmerait l’existence de deux équipes de tueurs. Or  » Le Figaro » avait lui aussi évoqué le rôle d’une deuxième équipe de tueurs présente au Mont des Oiseaux le soir du meurtre et la présence d’une dizaine de personnes mobilisées à cette occasion.

Ce qui suppose qu’on n’a pas lésiné sur les moyens. Il ne fallait pas rater Yann Piat.

« Le Canard enchaîné » du 02/10/96 d’après André Rougeot

Denidejustice fait deux observations:

1) La remarque du juge « l’arme ne ferait pas avancer l’enquête » est remarquable de la suffisance des magistrats qui ne supportent pas qu’on puisse leur suggérer une piste d’investigation.

2) La réponse  du proc’ qui affirme qu’aucun « soit-transmis » n’est jamais parvenu (ce que personne n’ira vérifier) au greffe de son tribunal fait partie des techniques des procs’ pour esquiver toute question dérangeante quant à leur négligence, leur fainéantise ou encore leur soumission à des ordres venus d’en haut.

Publicités