Archive for the ‘C 08 Affaire des disparues de l'Yonne’ Category

2010 Les disparues de l’Yonne: une justice à vomir ! !

20 avril 2010

Nous voulons simplement ici, enfoncer le clou, quant à la pourriture judiciaire, dans toutes ses dimensions.

Si Emile Louis est finalement jugé, trente ans après, c’est grâce à la ténacité de deux hommes: le gendarme Jambert et Pierre Monoir, le père d’un enfant handicapé.

Nous conseillons la lecture de l’article publié par le journal « L’Humanité » le  3 novembre 2004 et signé S.B. que l’on trouve sur:

http://www.humanité.fr/2004-11-3 Société :  « Ils se sont battus pour que l’affaire éclate au grand jour. »

et l’article du « Nouvel Observateur » paru le 25 avril 2002 n° 1955 sous la plume d’Elsa Vigoureux et que l’on trouve sur:

http://www.observatoirecitoyen.be/article.php3  « Depuis l’arrestation d’Emile Louis, Auxerre ose se souvenir. »

Ces deux textes montrent parfaitement le rôle joué par ces deux hommes face à une institution que l’on ne peut que qualifier de minable. Minable de par le quatuor de procs’ et substituts qui seront finalement sanctionnés par le Conseil supérieur de la magistrature CSM. Mais aussi minable de par ce simulacre de sanctions de ce CSM qui se montrera indulgent envers ses pairs jusqu’à en être ridicule. Enfin minable de par l’attitude du garde des Sceaux, Marylise LEBRANCHU, qui se satisfera de ces sanctions.

Il ne faudra pas s’étonner si quelques décennies plus tard « l’affaire d’Outreau » éclatera.

Et des affaires comme « Les disparues de l’Yonne » ou comme « Outreau » il y en a eu bien d’autres qui sont restées enfouies dans des dossiers poussiéreux et il y en aura d’autres que seuls des hommes tenaces mettront au jour.

« Denidejustice »   le 20/04/10

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*2002 L’arrestation d’Emile Louis: Auxerre ose se souvenir.

23 février 2010

L’affaire des disparues de l’Yonne constitue un exemple supplémentaire du comportement de certains groupes et institutions de notre société face à l’exploitation sexuelle et à l’assassinat d’enfants ou de personnes vulnérables.

Elsa Vigoureux publie , dans « Le Nouvel Observateur » du 25 avril 2002 un article qui est une analyse fort pertinente  sur cette affaire.

Emile Louis y apparaît alors comme un pion dans un immense trafic de jeunes femmes handicapées. Aux disparues de l’Yonne violées, assassinées, il faut  lier les torturées, violées et assassinées de Monique et Claude Dunand. Et tout cela sans doute au bénéfice de notables locaux, ce qui pourrait expliquer les classements sans suite, les rapports enterrés, les dossiers égarés, etc. Les  « curieuses » coïncidences sont nombreuses …

Pour lire cet article d’Elsa Vigoureux rechercher: « Depuis l’arrestation d’Emile Louis, Auxerre ose – info@observatoirecitoyen.be

« Deni de justice »   le 23/02/2010

*2003 Les disparues de l’Yonne, les « guignolades » du CSM

23 février 2010

Marylise LEBRANCHU, la garde des Sceaux avait promis qu’elle serait ferme « L’affaire des disparues de l’Yonne est l’une des plus terribles qu’ ait eu à connaître la justice » déclare-t-elle. « Elle révèle des dysfonctionnements exceptionnellement graves sur lesquels la justice doit rendre des comptes ».

A ces propos nous sommes tentés de dire « Bravo ». Mais la ministre ajoute qu’elle « respectera intégralement les avis du Conseil (CSM » et ceci  » conformément à la pratique de ce gouvernement » . Et c’est là que le bât blesse car elle ne peut ignorer le corporatisme indulgent du CSM  … les sanctions ne seront pas très douloureuses!

Sur les quatre magistrats mis en cause, le CSM estimera donc que trois d’entre eux avaient commis  » un manquement à l’honneur professionnel ». Déjà dans ce propos le caractère de gravité a disparu

René MEYER, procureur d’Auxerre de 1979 à 1986 et aujourd’hui magistrat honoraire, se voit retirer l’honorariat, la sanction la plus sévère possible pour un retraité. Cela n’a pas changé grand-chose pour ce magistrat qui a continué de toucher sa retraite sans pouvoir se prévaloir de sa qualité d’ancien magistrat. La belle affaire! Ses manquements à l’honneur professionnel ne l’ont pas empêché d’être jugé digne de diriger ensuite le ministère public à Poitiers puis à Dijon, de mener une carrière pendant 43 ans, de recevoir de multiples décorations !

Daniel STILINOVIC , substitut à Auxerre de 1981 à 1984 puis de 1986 à 1989 a été mis à la retraite d’office. Avant cela il a dirigé le parquet de Compiègne avant d’être nommé procureur-adjoint de la grosse juridiction de Pontoise. Sa mise à la retraite d’office n’a pas grande incidence quand elle est prononcée à quelques mois d’un départ à la retraite. Une vraie sanction eut été la révocation.

Jacques CAZALS, procureur à Auxerre de 1992 à 1999 alors qu’il est substitut du procureur général de la cour d’appel de Paris est « déplacé d’office » alors qu’une vraie sanction eut été pour le moins une « rétrogradation ».

Bernard DAILLIE , substitut à Auxerre de 1990 à 1995 et alors procureur de Morlaix échappe à toute sanction pourtant il a fait preuve de négligence en se débarrassant du dossier sur un juge d’instruction qui n’avait pas compétence.

**2003 Les disparues de l’Yonne : fainéantise ou incompétence? Foutoir judiciaire certain.

22 février 2010

De 1977 à 1980 sept jeunes filles disparaissent dans l’Yonne. Elles étaient toutes pupilles de l’Etat et quatre d’entre elles fréquentaient un centre pour handicapés légers dans l’Yonne.

Le 12/12/2000, plus de vingt ans après, Emile Louis, un ancien chauffeur travaillant pour l’institution est arrêté. . Il avoue le meurtre des sept jeunes filles puis se rétracte. Mais sur ses  indications, deux cadavres sont déterrés. Les autres restent introuvables.

Vingt années d’enquêtes acharnées pour démasquer un tueur en  série, pensez-vous ?  Non, vingt années de classements sans suite, de rapports enterrés, de fausses manoeuvres et d’erreurs d’appréciation, vingt années d’indifférence, de passivité ou d’aveuglement des magistrats qui se sont succédés au parquet du tribunal d’Auxerre.

Dès la première instruction menée en 1979 sur la disparition de Martine Renault, le gendarme Chistian Jambert soupçonne Emile Louis. Le chauffeur a été vu à proximité du foyer , ce jour-là et surtout la jeune fille avait raconté à ses copines les avances sexuelles de M.Louis. Le chauffeur nie et le procureur d’Auxerre René MEYER conclut à une simple fugue et classe la procédure au bout de six semaines.

En juillet 1981 on retrouve le cadavre d’une autre jeune femme, ancienne amie d’Emile Louis qui est à nouveau interpellé. Il nie le meurtre mais avoue des attouchements sur des mineurs. Il est condamné pour cela à 5 ans de prison réduits à 4 en appel sans qu’aucun lien ne soit fait par le parquet avec la première procédure.

Le gendarme Lambert demande alors au parquet l’autorisation de reprendre l’enquête. Il réussit à établir un lien entre toutes les jeunes femmes et Emile Louis, à relever des coïncidences troublantes entre l’emploi du temps du chauffeur et les disparitions. Il adresse son rapport au substitut Daniel STILINOVIC qui, plus préoccupé par sa prochaine promotion, s’en débarrasse et le balance à un juge d’instruction qui n’a plus compétence. La précieuse enquête s’égare dans les méandres du parquet. On la retrouvera  … 12 ans plus tard dans une pile de dossiers classés sans suite.

Suivent neuf années de silence judiciaire. Plus personne au TGI d’Auxerre ne se soucie des disparues ni des suites de l’enquête de 1984. Les magistrats ont changé et les nouveaux n’ont trouvé sur leur bureau aucune consigne de leurs prédécesseurs. Seul le gendarme Lambert persiste mais sa hiérarchie le tient désormais pour un obsessionnel incontrôlable. Emile Louis, sorti de prison, s’est installé dans le Var où il est à nouveau condamné pour attentats à la pudeur sur mineurs.

En 1993, Pierre Monnoir, le directeur du foyer, qui a fondé une association de défense des handicapés de l’Yonne, raconte au substitut Bernard DAILLIE l’affaire des disparues du foyer ainsi que l’enquête de gendarmerie. Les services du parquet se montrent incapables de retrouver la procédure. Personne ne se donne la peine de contacter la gendarmerie pour vérifier l’existence de l’enquête. Le parquet renferme une nouvelle fois le dossier sans état d’âme.

Pierre Monnoir, demande lui-même au procureur Jacques CAZALS l’ouverture d’une enquête. Celui-ci lui rétorque qu’aucun fait n’en justifie le déclenchement. En 1996 Pierre Monnoir décide de déposer sept plaintes avec constitution de partie civile au nom des prochesz des disparues, seule façon d’obliger la justice à bouger. Mais c’est à nouveau une fin de non-recevoir. Pour quatre plaintes, le rejet est purement formel : les plaignants n’ont pas réuni l’argent nécessaire  à la « consignation ». Car lorsque le parquet poursuit, la procédure est gratuite. Si les familles ou les victimes sont contraintes d’agir à sa place, elles doivent payer les frais de justice, à un tarif souvent dissuasif.  Pour les trois autres plaintes, le’ juge d’instruction rend une ordonnance de refus d’informer qui n’est d’ailleurs que la copie de l’avis du parquet.

Pourtant la procédure du gendarme Lambert a été retrouvée dans les caves du tribunal, mais cette fois le procureur CAZALS estime que les faits sont trop vieux et que la prescription rend inutile tout effort de la justice. Par miracle la Chambre de l’accusation de Paris saisie par les familles des victimes va décider que la passivité du tribunal d’Auxerre passe un peu les bornes et elle exige qu’un juge soit saisi. On est en mai 1997. Le temps que le magistrat ouvre le dossier, le dernier témoin clé de toute l’affaire disparaît : le gendarme Jambert est retrouvé mort, à son domicile, une balle de carabine dans la gorge. L’enquête conclut au suicide.

Il faudra encore plus de trois ans à la justice pour arrêter Emile Louis …

« Ces magistrats qui tuent la justice » Jean-François Lacan d’après …

à suivre …