Archive for the ‘– B 31 .- Justice et environnement’ Category

*2005 Un larbin du pouvoir renvoyé dans les cordes

11 septembre 2010

En avril 2005 une jeune juge d’Albertville refusait de se dessaisir d’un dossier mettant en cause des élus.

Depuis deux ans Hélène Lastera instruit une histoire de pollution à la dioxine, dans la vallée d’Albertville. Des ministres et des hauts fonctionnaires se trouvent dans la ligne de mire (Michel Barnier mais aussi Corinne Lepage et Dominique Voynet) la chancellerie, c-a-d Dominique PERBEN, panique jusqu’à tenter de lui faire lâcher le dossier.

Elle a tenu bon et la cour de cassation lui a donné raison. Depuis, pour les victimes de la dioxine, elle est devenue la « juge courage ». Celle qui redonne foi en la justice.

Hélène Lastera calme le jeu et banalise sa décision, qui ne serait ni bravoure ni rébellion, juste un souci d’aller vers « une décision de justice fondée et adaptée ».

Au parquet général de Chambéry un magistrat la décrit comme solitaire et méfiante. Traduisez incontrôlable et impétueuse. Mais des collègues d’Hélène Lastera expliquent qu’elle a été soumise à de fortes pressions … La chancellerie était informée de l’avancée du dossier et le parquet se montrait hostile.

Faute d’avoir obtenu le dessaisissement le procureur d’Albertville, Henri PERRET, lui reproche alors la médiatisation du dossier dioxine. Gonflé le proc’ ! Et Hélène Lastera (lui) répond vertement : « Je n’ai rien demandé. C’est le procureur qui a donné des conférences de presse, qui a évoqué publiquement le dessaisissement avant même de me prévenir. Lorsque les caméras font alors le siège, je n’ai pas à me cacher. On peut rendre la justice sans être vieux, inaccessible et triste. » Et sans se démettre pour autant …

« Libération » du 20/05/2005 d’après un art. de Bertrand Olivier.

2000 A la décharge du parquet

2 novembre 2009

La commune de Malzieu (Lozère) mérite d’être visitée pour le caractère pittoresque de sa décharge implantée au-dessus d’une petit ruisseau. Des dépôts de toute nature s’y accumulent depuis des années, sans aucun contrôle, et au mépris de toutes les règles. A chaque orage, les ordues sont lessivées et les rejets toxiques entraînés vers la rivière à la grande joie des poissons, s’il en reste …

En avril 1998, l’Anper a déposé une plainte dans laquelle elle dénombrait trois ou quatre délits et une pleine benne d’infractions diverses.

Mais cette affaire est bien embarrassante pour le parquet. Le maire de Malzieu est susceptible d’êtrze mis en cause dans une procédure pénale. Et les services préfectoraux, qui n’ignorent rien prédfèrent regarder (ou renifler ailleurs) , pourraient être également inquiétés.

Résultat, le procureur de Mende, après 13 mois de réflexion, a informé l’association par courrier du 27/05/99 que sa plainte « est toujours en enquête » … Et près de trois ans après l’enquête se poursuivait toujours. Et vérification faite, les dépôts d’ordure aussi.

Quand, en province (et ailleurs) , édiles, magistrats et hauts fonctionnaires fréquentent les même soirées « pince-fesses » on ne va pas se chercher noise , cela gâcherait l’ambiance… Si le proc’ engage des poursuites contre le maire, le préfet, s’en est fini des soirées où l’on se goinfre de petits fours. Il lui reste plus qu’à aller à la pêche dans ce ruisseau pollué …

« Le Canard enchaîné »  n° 4166   du 30/08/00 d’après Louis-Marie Horeau