*2005 Un larbin du pouvoir renvoyé dans les cordes

En avril 2005 une jeune juge d’Albertville refusait de se dessaisir d’un dossier mettant en cause des élus.

Depuis deux ans Hélène Lastera instruit une histoire de pollution à la dioxine, dans la vallée d’Albertville. Des ministres et des hauts fonctionnaires se trouvent dans la ligne de mire (Michel Barnier mais aussi Corinne Lepage et Dominique Voynet) la chancellerie, c-a-d Dominique PERBEN, panique jusqu’à tenter de lui faire lâcher le dossier.

Elle a tenu bon et la cour de cassation lui a donné raison. Depuis, pour les victimes de la dioxine, elle est devenue la « juge courage ». Celle qui redonne foi en la justice.

Hélène Lastera calme le jeu et banalise sa décision, qui ne serait ni bravoure ni rébellion, juste un souci d’aller vers « une décision de justice fondée et adaptée ».

Au parquet général de Chambéry un magistrat la décrit comme solitaire et méfiante. Traduisez incontrôlable et impétueuse. Mais des collègues d’Hélène Lastera expliquent qu’elle a été soumise à de fortes pressions … La chancellerie était informée de l’avancée du dossier et le parquet se montrait hostile.

Faute d’avoir obtenu le dessaisissement le procureur d’Albertville, Henri PERRET, lui reproche alors la médiatisation du dossier dioxine. Gonflé le proc’ ! Et Hélène Lastera (lui) répond vertement : « Je n’ai rien demandé. C’est le procureur qui a donné des conférences de presse, qui a évoqué publiquement le dessaisissement avant même de me prévenir. Lorsque les caméras font alors le siège, je n’ai pas à me cacher. On peut rendre la justice sans être vieux, inaccessible et triste. » Et sans se démettre pour autant …

« Libération » du 20/05/2005 d’après un art. de Bertrand Olivier.

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2 Réponses to “*2005 Un larbin du pouvoir renvoyé dans les cordes”

  1. MARGUERITAT Claude Says:

    Jusqu’où un proc’ peut-il aller pour complaire au pouvoir ?

    C’est parce que la juge fait savoir qu’elle va mettre en examen deux préfets que le proc’ PERRET Henri qui louait jusqu’alors son travail, décide qu’il serait opportun de transmettre ce dossier, « de grande complexité » dit-il, au pôle judiciaire de santé publique de Marseille. Le juge refuse arguant qu’après trois ans d’instruction, il n’y avait plus de « grande complexité » dans le dossier.

    Après la claque de la cour de cassation qui donne raison à la juge, le proc’ s’enfonce misérablement. « Dire que j’ai eu des ordres de la chancellerie, ce sont des fariboles. Je lui ai fait part de mon idée, comme il est normal. Elle ne l’a pas trouvée mauvaise, c’est tout » explique le proc’ qui poursuit : « Les parties civiles disent que le pôle de Marseille n’existe pas, je me suis renseigné, il traite déjà deux dossiers. »

    Appel au tribunal de Marseille pour confirmation : « Le pôle ne sera installé qu’en septembre, on ne voit pas quel dossier il pourrait traiter » …

  2. denidejustice Says:

    Cette affaire concerne l’incinérateur pollueur de Gilly sur Isère.
    Pour se faire une idée de l’étendue des dégâts aller sur le Site du « Nouvel observateur » : La victoire d’une juge.

    Après lecture vous vous interrogerez: Comment un garde des Sceaux et sa clique de larbins ont-ils pu tenter d’étouffer cette affaire ? Quelles valeurs morales trimballent ces gens-là ? Aucune.
    Tout comme il y a une « racaille » de banlieues, il y a une « racaille » politico-judiciaire, et cette dernière est autrement plus dangereuse !

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