*2006 Les 37 « oubliés » de l’affaire Alègre

Dans son journal intime Hélène Loubradou, jeune femme de 26 ans, avait noté un rendez-vous avec « Pat » au café de Flourens. C’était le 16 août 89. Elle ne donnera jamais plus signe de vie. Hélène se reposait au sein de la clinique d’Aufréry sur la commune de Balma à 10 kms de Toulouse.

Alerté fortuitement, Gabriel Loubradou, le père d’Hélène, avec l’aide de la gendarmerie, remue ciel et terre pour la retrouver. On présente une photo au serveur du café. Il reconnaît Hélène et affirme qu’elle était en compagnie d’un homme dont la description physique correspond à Patrice Alègre.

Gabriel Loubradou informe le colonel de gendarmerie qui n’ordonne aucune enquête. Aucune audition ne sera transcrite sur procès-verbal. Le dossier est classé une première fois en nov.1989 puis rouvert quelques mois plus tard à la demande du garde des Sceaux  Pierre Arpaillange. Mais le dossier est refermé un seconde fois.

Tout va changer quand, en juin 2000, est créée la Cellule Homicide 31. Ce groupe de gendarmes enquête sur 191 cas de disparitions, d’homicides, de « suicides » et autres agressions sexuelles commis entre 86 et 97 et restés sans solution. Cette cellule aboutit en trois ans à six mises en examen de Patrice Alègre !

C’est alors que Gabriel Loubradou entre en contact avec l’adjudant de gendarmerie Michel Roussel qui dirige les enquêtes au sein d’Homicide 31. Celui-ci finit par montrer son dossier à Gabriel Loubradou qui stupéfait, constate qu’il est vide : « Toutes les pièces que j’avais fournies ainsi que les témoignages avaient disparus. Je commence à comprendre que pendant tout ce temps là on s’était moqué de moi. Je me rend compte aussi que mon cas n’est pas isolé : d’autres dossiers de « disparitions » ou de crimes maquillés en « suicides »  ont subi le même sort que le mien. Leur point commun : des défaillances au sein de la justice toulousaine. »

Gabriel Loubradou se constitue partie civile, une information judiciaire est ouverte. Un gendarme est amené à auditionner le conducteur du bus qui fait la navette entre la clinique d’Aufréry et le centre ville de Balma. Il reconnaît en Alègre un « visiteur » régulier de la clinique. Il établit une procès-verbal. Quelques jours plus tard cet enquêteur reçoit un appel de sa hiérarchie qui lui ordonne de réintégrer sa brigade d’origine, qu’il avait quitté deux ans auparavant pour rejoindre Homicide 31…

Gabriel Loubradou crée l’association « Stop à l’oubli » qui regroupe une vingtaine de familles qui vivent un parcours judiciaire sema d’embûches identique au sien. Parmi elles la famille de Hadja Benyoucef retrouvée chez elle le 30/11/87, un couteau en travers de la gorge, une corde au cou et une couche culotte pliée en huit dans la bouche: Suicidée ! Ou encore la famille de Edith Schleichardt disparue le 19/09/90 et retrouvée sur le bord d’une route, jupe relevée et une bombe lacrymogène entre les cuisses. Suicidée ! Et pourtant une autopsie révèlera six dents cassées évoquant une probable « mort violente avec intervention d’une tierce personne ».

Un substitut souvent présent.

Une enquête interne (étayée de 93 annexes) transmise au ministère de la justice en janvier 2005 ainsi qu’à Michel BARRAU procureur général de Toulouse vise nommément Marc BOURRAGUE , ancien substitut du procureur, chargé des affaires financières au TGI de Toulouse. L’auteur Michel Bréard, ancien procureur à Toulouse, s’étonne de retrouvé systématiquement le substitut en travers des procédures qui mettent en cause Patrice Alègre. Il fait état des témoignages de trois policiers qui ont reconnu le substitut comme étant le magistrat présent, avant l’arrivée de la police, sur les lieux du crime de Line  Galbardi en 1992, crime dont Alègre est suspecté. Le substitut BOURRAGUE nie. On retrouve encore le nom de Marc BOURRAGUE dans le dossier d’Hélène Loubradou. Lorsque le lieutenant-colonel se saisit de l’affaire, c’est en effet le substitut BOURRAGUE  (spécialisé dans les affaires financières !) qu’il informe. Le procureur Michel BARRAU indiquera à l’AFP que  « ce rapport n’a révélé après examen aucun fait pouvant entraîner des poursuites disciplinaires ou pénales «  concernant le magistrat mis en cause…

« Stop à l’oubli » qui traite 37 dossiers  souhaite alors l’ouverture d’une enquête parlementaire.

« 123 people.fr » d’après Azziz Zemouni  le 11/03/2006

A suivre …

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4 Réponses to “*2006 Les 37 « oubliés » de l’affaire Alègre”

  1. NenFreneage Says:

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      Voici un encouragement qui compense largement les interventions de grincheux qui n’ont rien compris à notre démarche …

  2. Paul Emile Charlton Says:

    Disparition Hélène Loubradou ./ Non lieu.

    « A moins d’un coup de théâtre, au demeurant bien improbable, Jean-Dominique Panzani restera dans les annales judiciaires comme le magistrat ayant mis un terme à l’affaire Alègre. »

    Procureur, Magistrats et gendarmes toulousains ayant été avertis officiellement de longue date de la chose, Jean Dominique Panzani aurait du allé fouiller les ‘intouchables’ cendres du chenil / incinérateur de Cazères ….Il aurait peut-être eu quelques surprises…..concernant Hélène Loubradou, mais aussi les autes disparus.

    « Le silence devient un péché lorsqu’il prend la place qui revient à la protestation et d’un homme il fait alors un lâche. »
    – Abraham Lincoln –

  3. Paul Emile CHARLTON Says:

    ** « Marc Bourragué dit Marcus, substitut qui, dans les nuits chaudes toulousaines, entre autres gâteries, demandait à la péripatéticienne Marie Tiblemenont de lui pisser dans la bouche !: PV – cf annexe – d’audition de partie civile de Marie TIBLEMOND du 21 octobre 2003, coté D 31 dans le dossier 7/03/55 du juge d’instruction Jean Claude VAUCHERET du TGI TOULOUSE, N° parquet 95228/03. ( Il a valeur irréfragable puisque le renvoi correctionnel est fait.) »
    Et Louis Gaiffe de conclure remarquablement :
    -« L’outrage n’est pas que je le dise, non, l’outrage est que de tels magistrats existent.»

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