*2010 La profanation du cimetière de Carpentras.

Le 10 mai 1990 on découvre que le cimetière israélite de Carpentras (Vaucluse) a été profané. Deux ans plus tard, une jeune fille de Carpentras est assassinée. Les deux dossiers sont liés et confiés à la juge d’instruction Sylvie Mottes.

Cinq ans plus tard, alors qu’une information contre X pour « profanation de tombeaux et sépultures » et pour « injures à caractère raciste » est ouverte dès le 11 mai 90, alors que ce juge a auditionné 500 témoins et mis un centaine d’individus en garde à vue, la justice n’est toujours pas en mesure de prononcer la moindre mise en examen.

C’est alors que des rumeurs circulent. Des adolescents nantis de Carpentras, amateurs de drogue et de jeux de rôle, auraient pu organiser une partie macabre dans le cimetière juif. On attribue également la profanation au Front National …
Dans le même temps un nouveau procureur, Jean-Michel TISSOT, arrive à Carpentras en 1995 qui, curieusement, entre en conflit avec la juge dans les jours qui suivent. Par voie de presse, il critique la lenteur de l’instruction. Par le biais d’une émission de télévision sur TF1 il annonce « des mises en examen dans les semaines à venir ». Après supplément d’enquête, la juge désavoue le proc’ ne trouvant aucun nouveau motif d’inculpation. Néanmoins ce proc’ obtient de la Cour de cassation le dessaisissement de la juge et le dossier est confié à un juge marseillais. Celui-ci se montrera, à son tour, incapable, et pour cause, de faire avancer plus avant le dossier …

Ce n’est que le 30 juillet 1996 qu’un certain Yannick Garnier se présente spontanément au commissariat d’ Avignon et avoue être l’un des profanateurs. Il explique qu’il a besoin de se libérer de cette affaire. Il dénonce ses quatre complices. Trois d’entre eux sont arrêtés immédiatement, sauf le quatrième qui était le meneur décédé en 1993 dans un accident de la route.

Leur procès débute huit mois plus tard, le verdict est rendu en avril 1997, ils sont condamnés à des peines de 20 – 24 mois de prison.

Mais, s’il s’agit bien d’actes d’anti-sémitisme, aucun lien n’a pu être établi avec le Front National qui n’est nullement concerné.
Par ailleurs, un documentaire diffusé sur Arte en 2001 établit l’existence de manipulations autour de cette affaire afin de faire inculper le fils innocent du maire UDF de Carpentras qui se trouvait être amateur de jeu de rôles. Ce documentaire produit les comptes-rendus effectués par les RG de conversations téléphoniques entre Jacques Pradel et le procureur, conversations au cours desquels ils s’entendaient pour faire pression sur la juge d’instruction.

Enfin Sylvie Mottes, concernant le meurtre de la jeune fille, avait déjà découvert une écoute téléphonique entre les parents de la défunte et ce même procureur …

Yves Bertrand, directeur des RG de 1992 à 2004, affirme dans son livre paru en 2007 que Mitterrand en personne, via le ministère de l’intérieur (Pierre Joxe) est à l’origine de ces manipulations de la presse et du défilé de 200 000 personnes. Il tenait là l’occasion de diaboliser le FN pour rendre impossible toute alliance, même locale, avec la droite.

Le comportement  incongru du procureur de Carpentras Jean-Michel TISSOT (son conflit immédiat avec la juge d’instruction, ses déclarations tapageuses sur les mises en examen, ses communications téléphoniques à l’insu du juge d’instruction, sa volonté d’obtenir le dessaisissement de Sylvie Mottes, son refus de lui assurer une protection policière alors qu’elle était menacée ) laisse songeur. Dans cette affaire il apparaît comme le prototype des procs’ actuels devenus « larbins » du pouvoir … tellement asservis que la Cour européenne s’interroge sur leur statut de magistrat.

Manifestement ce proc’ avait totalement oublié le contenu du serment prononcé à la sortie de l’Ecole de la magistrature …

« Denis de justice » le 25/04/10

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7 Réponses to “*2010 La profanation du cimetière de Carpentras.”

  1. Ecoeuré Says:

    Effectivement ce procureur n’a pas un comportement très clair.

    Annoncer de très prochaines mises en examen, n’est-ce pas là enfreindre le secret de l’instruction ? Il se montre prétentieux et le changement de juge d’instruction n’apportera aucun progrès. Mais sans doute que ce second juge était-il aussi un incapable ?

    C’est par le truchement d’un officier de gendarmerie que la juge prend connaissance d’une écoute téléphonique entre le procureur et un témoin qui lui déclare vouloir « buter la juge ». Non seulement ce proc’ se gardera de prévenir la juge mais il lui refuse une protection policière !

    Tout dans son comportement incite à penser qu’il est lui aussi venu (nommé par le pouvoir en place) à Carpentras pour « descendre » (au sens figuré) cette magistrate.

    Elle ne travaille pas assez, dit-il. S’il en avait le pouvoir, des gens seraient déjà mis en examen ajoute-t-il. La suite des évènements montrera qu’il aurait alors commis de multiples bavures… Mais on en n’a que faire quand on est civilement irresponsable ! Qu’importent les erreurs !

    A lire sur « Liberation.fr » « Le procureur de Carpentras poursuit la presse. Son intègrité avait été mise en cause » par Marc Pivois le 30/06/99.

    Quand on sait ses différentes communications téléphoniques douteuses cette procédure laisse songeur sur cette intégrité …

  2. Berlingot Says:

    En attendant, des « rumeurs » infectes ont circulé dans la ville salissant un innocent, des innocents, faisant le jeu de bien des gens de gauche, de droite, d’extrême droite contre le maire en place sali par les accusations mensongères contre son fils. C’est tellement croustillant de s’en prendre aux « notables », tellement excitant de fustiger un élu local! Que de rancunes enfouies ont pu alors « glauquement » se libérer! Vous vous rappelez l’avocat Collard brandissant une enveloppe devant les caméras en prétendant que le nom du coupable était dedans alors qu’il n’y avait rien dans l’enveloppe: il l’a lui-même confirmé plus tard avec pour seule excuse: son client lui avait dit que le nom y était!!!! Et il y a encore des imbéciles pour dire à Carpentras qu’il n’y a pas de fumée sans feu… Il y a eu une manipulation générale dont toutes sortes de camps se sont faits les complices et à cause de laquelle l’ancien maire et sa famille ont payé un lourd tribut.

    • denidejustice Says:

      Cet ancien maire est malheureusement en partie responsable de ses ennuis. Nous nous expliquons.

      En sa qualité d’homme politique, qu’a-t-il fait pour une vraie réforme de la justice ? A-t-il oeuvré pour que les magistrats soient un jour civilement responsables de leurs actes (conformément à l’art.6 de la Déclaration des droits de l’homme), pour que la justice soit indépendante du pouvoir politique (conformément à l'(art.16 de la même déclaration) ? Sans doute jamais.

      Et aujourd’hui, alors qu’il a pu mesurer à ses dépens les nuisances de cette magistrature lâche et irresponsable, qu’est-il prêt à faire pour que ses concitoyens soient épargnés par cette nuisance ?

      Transmettez-lui le courrier que nous nous proposons d’adresser aux députés le moment voulu (cf. A.02 Courriers aux élus) et demandez-lui ce qu’il en pense. Son commentaire sera le bien venu sur ce blog.

  3. Berlingot Says:

    L’ancien maire n’a jamais été parlementaire et n’a jamais pu avoir une action politique nationale en ce sens. A l’échelon de la commune, il a fait ce qu’il a pu à titre de maire et s’est battu pour que le tribunal de Carpentras ne soit pas « amputé ». Sans réussir malgré toute son ardeur, réforme Dati oblige… Qu’il n’ait pas été député alors a nui à son action: Thierry Mariani s’en est mieux sorti à l’époque en réussissant à faire venir le tribunal de commerce à Orange. Andrieu n’a guère été secondé par Ferrand. Je ne sais pas si Andrieu regarde ce blog mais si c’est le cas, j’aimerais moi aussi qu’il intervienne. Je suis de ceux qui le soutiennent, ce n’est peut-être pas à la mode, mais les modes passent et les choses concrètes et solides restent.

    • denidejustice Says:

      Sans doute! Mais il a pu apprécier la nuisibilité de procs’ à la botte de gouvernants. En sa qualité de citoyen rien ne l’empêche de solliciter le député de sa circonscription, lui adresser notre courrier en lui disant « Ce qui m’est arrivé ne doit plus se reproduire ! » Là est la véritable action citoyenne …
      En tant qu’ex premier magistrat de Carpentras son action n’en aura que plus de poids et le député ne pourra se défiler.

  4. deguisement Says:

    Mais il s’agit moins d’une profanation que d’une humiliation. Il s’agit moins de contester le caractère sacré d’une tombe que de lui dénier son existence. Souvenons-nous de Carpentras et de ce cadavre sodomisé.
    Nous profanons tous nos tombes en ce sens que nous ne rendons pas un hommage particulier à nos morts : les cimetières sont couverts de fleurs en plastique abandonnées, les pierres se recouvrent de mousse et de moisissures. Cela n’est pas nouveau. La mort, de par nos cultures religieuses, transpose la vie dans une âme ou nulle part, mais le cadavre lui n’est plus qu’un ancien emballage que le tri sélectif destiné au cimetière, poubelle des dépouilles.

    • Margueritat Claude Says:

      Vous semblez contester le terme de profanation (action de profaner) utilisé dans cet article. Or profaner, n’importe quel dico vous le dira, c’est traiter sans respect, un objet, un lieu de culte. Donc, en l’occurrence il y a bien profanation, et toute profanation sous-entend l’humiliation qui est un affront, une blessure.

      Quant à l’extension du sens de « profanation » conséquence de l’abandon ou la négligence de sépultures anciennes, c’est une affaire privée qui ne concerne que les usagers des cimetières. Personne ne vous oblige à éliminer les vieilles boîtes de conserve qui traînent chez vous , réparer votre toiture qui fuit: c’est votre problème. Un cimetière mal entretenu cela ne vous regarde pas et personnellement je n’en ai que faire.

      Enfin pour ce qui est de votre dernière phrase je suis en accord avec vous. Et je pense que l’incinération des « cadavres-emballages » est la solution. Ni fleurs, ni couronnes, ni pierres tombales à entretenir, ni journées de recueillement à se farcir à jours fixes dans l’année, ni fric gaspillé à gaver les entreprises de croque-morts, ni descendance à emmerder avec des rituels, ni profanation à craindre. Ce qui n’empêche nullement de penser tout au long de l’année à ceux qui nous ont quitté.

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