*2006 Le tribunal aux armées de Paris: une « bouffonnerie ».

Après douze ans de bons et loyaux services la juge d’instruction du TAP, Brigitte Raynaud, lassée, décide de quitter ses fonctions de juge d’instruction. Elle devait gérer trois dossiers d’instruction très chargés :

1) Le Rwandagate avec les accusations de complicité de génocide envers des militaires français pendant le génocide de 1994. Le procureur du TAP (qui dépend du ministère de lac défense s’était initialement opposé à ce que Brigitte Raynaud aille entendre des rescapés du génocide. Ceux-ci faisaient part d’exactions criminelles de soldats français. Grâce à la pression médiatique, la juge avait réussi à se rendre au Rwanda en dépit des fortes réticences du ministère. Mais si elle avait retenu six témoignages accusant des soldats français de complicité des crimes contre l’humanité, le proc du TAP n’en retient que deux …

Selon la juge, le dossier de la complicité française n’est pas prêt d’être bouclé. La justice militaire n’est pas prête à se prononcer, d’autant que ce dossier militaire risquerait de déboucher sur un dossier éminemment plus politique.

2) L’affaire Firmin Mahé. Brigitte Raynaud est entravée par sa hiérarchie pour obtenir la mise sous « mandat de dépôt » du général Poncet suite à sa garde à vue et son implicatrion présumée dans le meurtre de ce paysan. (cf. 2010 Un procès à l’étouffée (affaire Firmin Mahé) et 2005 Un magistrat sur mesure pour le général Poncet)

3) L’affaire du bombardement du camp militaire français de Bouaké (Côte d’Ivoire). Selon les dires du juge, sur cette affaire de neuf soldats français tués lors du bombardement du camp de Bouaké, elle s’est vu opposer à plusieurs reprises le secret défense alors qu’il s’agissait d’une affaire où des soldats français étaient victimes. Motifs inavoués: le développement de cette affaire a révélé que  – les 2/3 des armes fournies au régime de Ghagbo l’étaient par l’entremise de réseaux françafricains, – la mise en cause d’un membre de la cellule antiterroriste de l’Elysée sous F.Mitterand. La juge demande au parquet qui reste sourd un réquisitoire supplétif pour « participation à une activité mercenaire » du gendarme Robert Montoya.

« Pressafrique » du 24/02/06   d’après …

On aurait pu espérer que le remplaçant de la juge Raynaud ait la même pugnacité, la même rigueur et la même indépendance d’esprit pour mener à bien ses enquêtes… Malheureusement rien n’évolue …

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