1993 Juppé déclaré élu avec les remontrances du jury.

En matière de contentieux électoral, il vaut peut-être mieux s’appeler Juppé que Tartempion : juste au moment où le Conseil constitutionnel confirmait le premier comme député de XVIIIème arrondissement, le 21 oct. la revue judiciaire « Les petites annonces – La loi » rappelait qu’un candidat à un scrutin cantonal, au fin fond des Hautes-Pyrénées, n’avait pas eu droit au même traitement.

Accusé, tout comme Juppé, d’avoir abusé de la propagande électorale , Francis Tarissant, maire MRG de Bordères/Echez, a été déchu de son mandat de conseiller général, le 28 juillet par le Conseil d’Etat. Lequel a estimé qu’un simple éditorial de bulletin municipal vantant les réalisations de la commune constituait « une campagne de promotion publicitaire (…) illégale » puisque édité moins de trois mois avant le vote.

Juppé, lui aura bénéficié des grands moyens sans encourir de sanctions. A la veille des législatives, comme « Le Canard » l’avait alors raconté, une quinzaine de panneaux publicitaires Decaux affichaient sa photo sur les Champs-Elysées, devant la mairie et face au siège du RPR, à l’occasion de la sortie de son livre « La tentation de Venise ». Annoncé au catalogue Decaux pour un coût maximum de près de 300 000 F, ce coup de pub a coûté, en fait moins de 10 000 F. Dans le civil, Decaux Jean-Claude est fournisseur de Juppé Alain, adjoint aux finances de la Ville de Paris : ça tombait bien.

Saisi par les socialistes, qui accusaient Juppé d’avoir, avec les panneaux Decaux, dépassé le plafond autorisé de dépenses électorales, le Conseil constitutionnel a commencé par étriller sévèrement le secrétaire général du RPR. Oui, la campagne d’affiches « a particulièrement concouru à assurer la promotion de ce candidat ». Oui « l’éditeur du livre de Juppé a bénéficié en l’espèce de conditions très avantageuses pour la location de ces panneaux ». Oui les sommes payées à Decaux « ne tiennent pas compte de l’avantage indirect en nature dont a bénéficié le candidat ».

Mais les juges constitutionnels n’ont pas voulu aller plus loin. Ils se sont déclarés incapables de définir le juste prix qu’aurait dû payer Juppé et ses amis. Motif : les panneaux sont loués  » à des conditions variant selon le cas ». Dans le doute, Juppé se trouve avoir payé le bon prix, soit 10 000 F. Il n’a donc pas dépassé le plafonds de dépenses et, du coup, se trouve validé malgré les remontrances du jury.

Il devrait bien expliquer la recette à son obscur homologue pyrénéen …

« Le Canard enchaîné »   n°3809  du 27/10/93    d’après ….

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