*2005 Bavures policières camouflées. Justice complice !

Un lycéen, déjà à terre, est frappé à coups de pied par plusieurs CRS. Un autre, lui aussi au sol, écope d’un coup de matraque. Ces scènes filmées et diffusées par plusieurs chaînes le 7 avril 2005 à Lille et à Paris, à l’occasion des  manifs de lycéens, n’ont provoqué aucune réaction officielle. Pas un proc’ qui se bouge ! Encore moins un ministre de l’Intérieur ou de la Justice (de Villepin et PERBEN à cette époque). Tout juste si une enquête administrative a été ouverte par la Direction générale de la police nationale.

Le même jour, Amnesty International publiait un rapport  intitulé « France. Pour une véritable justice ». Ce document recense les édifiantes sanctions judiciaires infligées aux policiers qui « dérapent » : un gamin tué par un flic d’une balle dans la nuque ? Légitime défense, sursis en première instance, acquittement en appel. Un gardé à vue meurt pour avoir été laissé sans soins et remis en cellule alors qu’il avait perdu connaissance ? Simple erreur d’appréciation de la part du flic qui a cru que l’interpelé « simulait » … Verdict : 7 mois avec sursis, le flic est relaxé du chef de non-assistance à personne en danger. Etc… (une trentaine d’affaires !).

En réponse à ce chapelet de bavures restées impunies, quelques syndicalistes s’indignent, et expliquent qu’en cas de manquement à leur déontologie, les policiers sont sanctionnés par leur comité de discipline.

En 1999, la Cour européenne s’était montrée plus sévère. Elle a condamné la France, qui n’avait que très légèrement sanctionné – huit ans après les faits… – quatre policiers de Bobigny coupables d’une bavure « d’une exceptionnelle gravité ». Le fameux comité de discipline s’était fait prier pour réprimander ces braves. « Ils ont été mutés et ont perdu leur grade d’officier de police judiciaire, mais très tardivement, c’est vrai », reconnaît-on Place Beauvau. Le problème, c’est que le rapport d’Amnesty évoque des affaires qui ont parfois plus de dix ans…

« Le nombre de sanctions disciplinaires a augmenté de 21% de 2001 à 2004, et celui des révocations a doublé dfans la même période » ajoute-t-on Place Beauvau. Ce qui ne signifie pas grand-chose ou plus exactement que,  s’il y a eu 10 sanctions disciplinaires en 2001, il y en eut 12 en 2004 et s’il y a eu 1 révocation en 2001 on double en 2004 ce qui fait deux ! Et on continue de se foutre de la gueule du peuple !

Pourtant les magistrats savent avoir la main lourde … quand ils veulent. Ainsi le simple citoyen qui, en février 2004, avait insulté Sarko, alors en campagne dans le quartier des Halles à Paris, a été jugé quelques jours plus tard et condamné à 1 mois ferme. Net et  … sans bavures …

« Le Canard enchaîné »   du 13/04/2005  d’après Lauriane Gaud

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