**2007 L’appart de Sarko : la lessive miracle du proc’ Courroye.

Le procureur de Nanterre, Philippe COURROYE, est un rapide. Nommé le 4 oct 2007, à la demande de Sarkozy, membre de la commission sur « la dépénalisation de la vie des affaires », COURROYE est passé directement aux travaux pratiques. Le 9 oct. il a classé sans suite l’affaire de l’ancien appartement du couple Sarkozy sur l’île de la Jatte, à Neuilly.

Rappelons que le couple avait obtenu une réduction de 300 000 € accordée par la société Lasserre. Ce promoteur était à l’époque, le bétonneur  favori de la mairie de Neuilly, que dirigeait un certain … Nicolas Sarkozy.

Au printemps 2007, un ancien SDF parisien, Marc Salomone, avait porté plainte avec constitution de partie civile, contre Sarkozy. La plainte avait été jugée irrecevable, la justice estimant que le plaignant (qui n’habite pas Neuilly) n’avait aucun « intérêt à agir » selon les termes du Code de procédure pénale.

Mais l’affaire ne s’est pas arrêtée là. Après avoir transformé sa plainte en simple signalement auprès du parquet, Marc Salomone a été entendu par les policiers en juillet. Et, à la suite de cette audition, le proc’ de Nanterre  ouvre une enquête préliminaire, confiée aux policiers de la Brigade de répression de la délinquance économique (BRDE).

Mais Sarkozy n’avait pas grand-chose à craindre des juges : le proc compte parmi ses proches. L’enquête ouverte à Nanterre ne devait donc pas aller très loin.

D’une part, pour devenir seul maître à bord, le proc’ a pris soin d’écarter la chef de la section financière du parquet de Nanterre, Nathalie Foy qui était chargée de suivre le dossier du duplex de Sarko. Il la remplace par une magistrate de confiance  venue du parquet de Paris.

D’autre part, le proc’ se garde d’activer l’enquête. Les policiers se contentent d’entendre le promoteur Denise Lasserre. Mais, – sans consulter sa comptabilité, – sans interroger les entreprises qui ont aménagé le duplex,  – sans éplucher les archives de la ville de Neuilly,  – sans interroger Cécilia Sarkozy qui ne bénéficiait d’aucune immunité.

Après ce brillant travail d’investigation, Monsieur le procureur de la République, Philippe COURROYE fait part de sa décision au citoyen  Marc Salomone qui l’avait saisi du dossier : « Le traitement de votre plainte n’a pas permis de caractériser l’existence d’infractions pénales ».

Un traitement plutôt « express » pour une affaire qui avait permis au couple Sarkozy d’économiser 300 000 euros.

De quoi se plaint-on ? Pour une fois que la justice ne laisse pas traîner un dossier !

Et qui oserait douter de l’indépendance du procureur COURROYE ?

« Le Canard enchaîné  »  n° 4534 / 4535 / 4538  des 19/09 – 26/09 – 17/10/2007 d’après Hervé Liffran.

Advertisements

Étiquettes : , , , , ,

2 Réponses to “**2007 L’appart de Sarko : la lessive miracle du proc’ Courroye.”

  1. denidejustice Says:

    Cette affaire nous inspire deux réflexions:

    1°) la justice dit que le citoyen Marc Salomone n’avait pas « intérêt à agir » !
    C’est là une application étriquée du code.
    En effet, quand, sur le territoire national un citoyen prend des libertés avec la loi, privant l’Etat de ressources financières (taxes, impôts, etc.) tout autre citoyen a « intérêt à agir » car il devra par ses propres impôts compenser ce manque à gagner.

    2°) Manifestement le travail du proc’ et de la police est bâclé ! Comment, en l’occurrence, accorder le statut de « présumé innocent » au sieur Sarkozy ? Peut-on oser dire que la justice est passée ?
    Tant que la justice n’aura pas fait son travail, Sarkozy restera à nos yeux un « présumé coupable » ou mieux encore : un délinquant immunisé !

  2. MARGUERITAT Claude Says:

    Sarko n’a pas grand-chose à craindre des juges, même si les policiers avaient rédigé un rapport d’enquête défavorable sur cette opération immobilière.
    En effet:
    1) il est devenu intouchable – tout comme Chirac le fut – pendant son mandat.
    2) le proc Courroye est un proche.

    Le proc aurait dû être dessaisi de ce dossier en raison de la « proximité » des deux hommes … C’est qui le garde des Sceaux qui n’a pas fait son boulot ? Pascal Clément ? Pas étonnant: encore un larbin !

    En 2007 les infractions financières comme l’abus de biens sociaux ou la prise illégale d’intérêt pouvaient être poursuivis très longtemps après avoir été commises (à la différence des autres délits qui sont prescrits après un délai de 3 ans. On comprend mieux la réforme du deroit pénal des affaires demandées par … l’Elysée.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :