*1998 Des policiers étouffent un immigré: Arumum Fiva.

C’était le 24 août 1991. Ce jour là, à l’aéroport de Roissy, un jeune Tamoul, Arumum Fiva est embarqué de force dans un vol UTA à destination de Colombo. Il est accompagné par deux fonctionnaires de police de l’air et des frontières dont un commissaire, Eric Brendel. Sa demande de statut de réfugié a été rejetée en moins de 24 heures … par le ministère de l’Intérieur. Pourtant, son épouse avait obtenu le statut de réfugiée en Allemagne, et il espérait la rejoindre.

Le jeune Arumum qui refuse d’embarquer, se débat et hurle, est menotté. Et surtout le commissaire lui a confectionné un baillon avec une bande a « strapping » utilisée pour la contention articulaire chez les sportifs.  Selon plusieurs témoins, cette bande est croisée sur la nuque et passée ensuite autour du cou.

Mais Arumum continue de se débattre . Les deux policiers, selon le récit du commissaire utilisent alors une couverture « comme sangle » et appuient « de toutes leurs forces sur le haut de son corps pour s’opposer à ses secousses ». La scène dure plus d’une demi-heure jusqu’à ce que … le réfugié se calme tout à fait.

Il a perdu connaissance. Une infirmière et un médecin interviennent et pratiquent le massage cardiaque. Il faudra des ciseaux pour couper la bande tant elle est serrée. Le commissaire affirme qu’il l’avait enlevée bien avant le malaise. Version contredite par plusieurs témoins. Et curieusement on ne retrouvera pas cette pièce à conviction …

Evacué par le Samu, Arumum ne reprendra jamais connaissance.  Selon la toute dernière expertise datant de mai  1998  la mort est bien la conséquence du traitement subi alors qu’il s’étranglait avec la bande enroulée autour du cou et en raison d’une faiblesse cardiaque.

A la suite d’une plainte de la famille, une instruction a été ouverte. Les deux policiers ont été mis en examen  mais n’ont pas été suspendus un seul jour et ne seront toujours pas jugés plus de sept ans après les faits. Une reconstitution aura lieu en avril 98 sous la direction de Corinne BUYTET juge d’instruction à Nanterre ….

« Le Canard enchaîné »   n° 4066  du 012/10/98 d’après Louis-Marie Horeau.

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5 Réponses to “*1998 Des policiers étouffent un immigré: Arumum Fiva.”

  1. denidejustice Says:

    Curieusement, la presse (hormis « L’Express ») n’a à l’époque évoqué ce « fait divers » !

    Pourtant, dans le même temps, en Belgique, une jeune réfugiée nigériane, était elle aussi étouffée par les gendarmes belges chargés de la maintenir sur son siège dans l’avion.

    En Belqique, le ministre de l’Intérieur démissionnera spontanément suite à cette affaire et plus de 5000 personnes manifesteront sur le parvis de la cathédrale alors qu’un office à la mémoire de la jeune femme était célébré.

    En France, Philippe Marchand, le ministre de l’Intérieur, ne démissionnera pas. Il n’y aura pas de manifestation, aucune cérémonie, aucune protestation …

  2. MARTIN Says:

    C’est bien de prendre la Belgique comme exemple, c’est vrai qu’avec l’affaire Dutroux, notre justice peut en prendre de la graine…

    • denidejustice Says:

      Vous revoilà donc avec vos brillantes interventions !

      Où avez-vous lu le moindre élément de comparaison entre la justice belge et la justice française ?

      Nous avons simplement comparé les comportements de deux hommes politiques : – un belge qui est assez « couillu » pour démissionner, se sentant impliqué dans cette bavure, – et un français sans consistance qui ne se sent pas concerné.

      Mais puisque vous faites allusion à l’affaire Dutroux, elle met en évidence une police et une justice belges aussi minables que peuvent l’être trop souvent leurs homologues françaises avec des enquêtes non seulement bâclées mais trafiquées et des instructions mal menées.

      Une différence encore: le roi de Belgique condamna publiquement les erreurs commises, sommant les responsables (justice et police) de réviser leur mode de fonctionnement. A-t-on entendu le président de la République condamner la justice et la police françaises lors de l’affaire d’Outreau ?

  3. MARTIN Says:

    Mes brillantes interventions n’ont d’égales que la suffisance et votre outrecuidance aveugle et irrespectueuse à l’égard des institutions que vous citez….

    • denidejustice Says:

      Vous, la police, appartenez à l’appareil d’Etat, à l’appareil d’un Etat corrompu ! Sauf à avoir une lucidité et une honnêteté particulières vous êtes bien incapables de comprendre ce que nous vous racontons. On ne coupe pas la branche sur laquelle on est perché, n’est-ce pas ?

      Quand au respect dû aux institutions, encore faut-il que ces institutions soient respectables. Et là nous sommes loin du compte …

      Relisez ce qu’a dit Philippe Bilger (cf.A 06 Citations et réflexions), pourtant avocat général, mais parfaitement lucide sur ce qu’est aujourd’hui la corporation judiciaire. C’est valable pour la police ! Mais il nous étonnerait qu’un jour un policier puisse tenir un tel propos !

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