*2009 Les crochets du parquet.

Des adeptes de modifications corporelles dégoutés de passer pour des barges, un anti-journalisme primaire et une vice-proc’ hystérique: voilà en substance la nature du procès qui s’est déroulé fin mars 2009 à Toulouse.

Depuis la mise en examen de la journaliste Isabelle Cottenceau pour « complicité de violence » après la diffusion d’un reportage qur les suspensions jusqu’à son renvoi devant le tribunal correctionnel, on se disait bien que quelque chose clochait. A l’arrivée tout s’éclaire et Brigitte LAFRANCHI, vice-procureure du parquet de Toulouse qui a « initié ce dossier du début à la fin » nous fait déjà regretter la disparition du juge d’instruction.

C’est en lisant « La Dépêche du Midi » que la proc’ découvre « avec stupéfaction qu’en 2006 il y a des mineurs qui rencontrent des majeurs et participent à des expériences qui frappent les esprits ». Dingue ! Des jeunes plus portés sur le body art que sur le concours de la magistrature. Une « tribu » qui a fait du corps son terrain de jeu. Toro qui a suspendu Benjamin, poursuit sa mutation : davantage de piercings, de scarifications et d’implants sous-cutanés. Ni beau, ni moche, fascinant. « Une suspension est un acte qui se pratique depuis des siècles, explique-t-il à la présidente, c’est un dépassement de soi, une expérience unique, et qui, contrairement au piercing ne laisse pas de traces ».

Tant que personne n’en parlait, pour la proc’, ça n’existait pas. Le procès aurait donc pu être l’occasion d’aborder ce phénomène, peu banal, trash, mais dans la continuité des années 70 et, surtout, d’examiner avec une acuité juridique les notions de « consentement », de « douleur » et de « violence ». Bref de débattre de la loi. Du corps et de l’esprit. Sauf que …

La vice-proc’ passe son temps à invoquer la minorité de Benjamin mais celle-ci a été oubliée dans la citation. Et la seule jurisprudence de la Cour européenne qu’elle invoque concernant les pratiques SM est complètement caduque. A deux reprises dansd la journée, elle hurle comme une démente et menace de quitter la salle. « Il est interdit de rigoler. On se fout de ma gueule depuis ce matin. Oui vous avec les baskets rouges, vous ricanez ! » Les baskets rouges, c’est le journaliste de France Info … Et vu la teneur de sa plaidoirie, il y avait de quoi se marrer.

Rien ne sera épargné aux  personnes dans la salle. Des comparaisons foireuses : « Moi, il m’arrive un truc comme ça (la suspension) j’estime qu’on est chez les nazis, peut-être qu’ils n’ont pas fait pire les nazis » ou encore  » Donner l’autorisation à son fils de se suspendre, c’est comme donner son autorisation pour laisser violer son enfant ». Des leçons de morale : « Dans ce pays, on n’a plus de limites, on ne peut pas faire n’importe quoi sous prétexte que la société évolue. » La haine viscérale contre les journalistes (syndrome post affaire Alègre-Baudis) : « Isabelle Cottenceau n’est pas la vedette de ce procès ! » En l’occurence c’est le parquet qui l’a collée sur le banc des accusés…

Avant que la proc’ n’accuse la journaliste d’avoir incité Benjamin à se suspendre, la tribu rêvait juste de passer pour des caïds de la contre-culture. Pas pour des « ados en danger » . « On n’est pas des monstres, on fait des études, on sait ce qu’on fait. Cette suspension on l’aurait faite avec ou sans la journaliste » conclut une accusée.

1) la vice-proc’ a requis 1 an de prison avec sursis pour Toro, 4 mois pour tous ceux qui ont participé à la suspension et … six mois pour la journaliste qui observait ! Où est la logique ?

2) aucun texte n’interdit la suspension, pas même le décret du 20/02/08 venu encadrer les modifications corporelles.

« Charlie hebdo »  du 01/04/2009   d’après  Agathe André

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