Archive for décembre 2009

2005 Au gnon de la loi.

30 décembre 2009

Alain MARSAUD, l’ancien juge antiterroriste devenu député a gardé, dans les affaires, le goût des méthodes musclées.

En décembre 2004 on le vit débouler peu après 22h00 dans une chambre de l’hôtel George V et s’en prendre à un homme d’affaires franco-tunisien à propos d’une sombre affaire de commissions du groupe Veolia (ex-Vivendi environnement) : « Vous me cassez les couilles avec vos conneries, maintenant on va s’expliquer ».

Et l’explication a été du genre musclé, le malheureux homme d’affaires a été sérieusement malmené par deux des proches du député.  MARSAUD n’a rien contre la justice de proximité ….

Des antécédents …

Alors qu’il était encore magistrat, il revint un jour avec quelques collègues au Palais après avoir forcé un peu sur la bouteille. Il dégaina alors son arme de service pour tirer sur deux vieux annuaires manquant d’abattre  un malheureux substitut qui eut la peur de sa vie …

« Le Canard enchaîné »  n° 4393   du 05/01/2005 d’après  Nicolas Beau.

Deni de justice souhaite en savoir plus sur les éventuelles suites judiciaires de ces deux affaires. Merci de nous aider.

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2008 Juges sans robes mais en pantoufles

30 décembre 2009

C’est un cénacle aussi discret qu’influent. Ses statuts sont informels et il ne porte pas de nom, mais ses 36 membres disposent pour la plupart de positions stratégiques dans la finance, les banques et les industries sensibles : tous sont magistrats  » en disponibilité «  et  « pantouflent » dans le privé.

C’est l’ancien avocat général Bernard DELAFAYE devenu conseiller du groupe Lagardère, qui a eu l’idée de les reunir pour confronter leurs expériences.

S’y croisent, entre autres :

– l’ancien juge antiterroriste et ex-député Alain MARSAUD reconverti chez Euris,

– l’ancienne chef du parquet financier de Paris Anne-José  FULGERAS chez Natixis,

– l’ex-avocat général à la cour de cassation Bernard de GOUTTES chez Areva,

– l’ex directeur de l’ENM et éphémère chef de cabinet de Rachida Dati Michel DOBKINE chez Havas.

Leur leitmotiv :  » Nous faisons en sorte que les entreprises aient affaire à la justice le moins souvent et le moins longtemps  possible ».

« Le Point. fr »   n° 1888  du 20/11/2008  d’après Hervé Gattegno.

1998 Douze sans-papiers jugés sans témoins et sans vergogne.

29 décembre 2009

Une douzaine de jeunes Maliens sans papiers ont comparu le 29 oct.1998 devant la cour d’appel de Paris. Ils étaient accusés de  » refus de se soumettre à une mesure de reconduite à la frontière ».  En clair ils auraient résisté aux policiers chargés de les escorter dans l’avion jusqu’à Bamako.

Dans le triste décor de la 12ème chambre le procès promettait d’être passionnant, animé et sûrement exemplaire.

Le 28 mars  ils auraient dû prendre le vol Paris Bamako. Mais des militants de « Jeunes contre le racisme en Europe » avaient distribué des tracts dans l’aérogare et plusieurs passagers avaient pris fait et cause pour les Maliens. Le commandant de bord faisait alors débarquer les Maliens. Le lendemain même scénario.

Ramenés au poste de police de l’aéroport, ils sont alors poursuivis pour  » refus d’embarquer et séjour irrégulier » et traduits devant le tribunal correctionnel de Bobigny. Tous seuls.  Ni les militants qualifiés de « trotskistes » par Chevènement ministre de l’intérieur, ni les passagers « complices » n’ont été inquiétés. Le dossier des Maliens est si mal ficelé que les juges de Bobigny ont annulé la procédure et relaxés les prévenus.

Mais le parquet fait aussitôt appel. Et ce jeudi 29 oct. ils sont à nouveau seuls. Pour la plupart, ils nient avoir résisté dans l’avion mais se plaignent des méthodes employées par la police : menottes, scotch, baillons, le tout agrémenté de quelques coups. Ils ne voulaient pas partir sans leurs bagages disent-ils.

Et là la justice s’est montrée à la hauteur. Pas un seul témoin n’est appelé à la barre. L’accusation s’est appuyée sur un rapport de quatre pages signé  d’un commissaire des RG responsable des expulsions, mais qui n’était pas présent sur les lieux.  Ils auraient craché sur les fonctionnaires, les auraient insultés, menacés. Et bien qu’entravés,  parvenaient à se blesser. Aucun voyageur n’est interrogé. Pas plus que le personnel de bord. Certains ont-ils été blessés ? Le médecin qui les a examinés après leurs débarquements de mars n’a pas été entendu. Aucun rapport médical n’a été versé au dossier.

Faudra-t-il se contenter du témoignage des policiers ? Même pas : aucun des fonctionnaires impliqués n’a été convoqué. Et aucun n’a été entendu, selon les règles de procédure, sur un procès-verbal.

Mieux encore, sur le rapport des RG , rien ne concorde d’une pièce du dossier à une autre : on ne sait pas qui escorte qui (chaque reconduit est accompagné par un policier escorteur nommément désigné), qui accuse qui ! Un rapport bâclé ! Pourtant un simple PV est annulé s’il  n’est pas signé par celui qui a constaté l’infraction.

Mais ce jour là il ne s’agissait que de jeunes Maliens sans papiers et sans bagages.

Alors le proc’, pas le moins du monde  troublé, s’assoit allègrement sur la loi et demande des peines de prison. Même tarif pour tout le monde : quatre mois de prison ferme et cinq ans d’interdiction du territoire.

C’est là un grand moment de l’histoire judiciaire du beau pays de  France !

« Le Canard enchaîné »  n° 4071  du 04/11/98  d’après Louis-Marie Horeau.

Deni de justice serait très heureux de cvonnaître ce proc’ respectueux des lois, mais pour les autres seulement. Merci de nous aider.

2004 Albert Levy le magistrat à abattre.

28 décembre 2009

Le procès du magistrat Albert Lévy (mars 2004) , dans lequel Jean-Marie LePen s’est constitué partie civile, est l’aboutissement d’une longue traque.

1998 Albert Lévy est substitut à Toulon, chargé du grand banditisme depuis huit ans. Il est accusé d’avoir remis à un journaliste le procès-verbal d’audition de Sauveur Catalano, président du Sporting club de Toulon qui mettait en cause le Front National dans la gestion des cantines scolaires de la ville.

Il est aussitôt interpellé par la juge d’instruction de Paris, Marie-Paule MORACCHINI qui le place en garde à vue et le défère au palais de justice de Toulon, puis le met en examen pour violation du secret de l’instruction … avant de le soumettre à un contrôle judiciaire et de lui imposer un traitement psychiatrique ! Ahurissant ! Mais quelques semaines plus tard la chambre d’accusation remettra en cause la plus grande partie de ce contrôle judiciaire. C’est bien le moins qu’elle pouvait faire !

Si on en est arrivé là, c’est que depuis huit ans , Albert Lévy est confronté à la haine du Front National qu’il a mis en cause dans plusieurs affaires ayant notamment trait au grand banditisme.

Ce déchainement de haine qui fait d’Albert Lévy une figure emblématique du combat des juges pour leur indépendance a paradoxalement pour effet de l’affaiblir : il ne trouve aucun soutien auprès de sa hiérarchie judiciaire prisonnière de sa complaisance avec ces milieux de la droite affairiste et véreuse. On tente d’empêcher que les affaires politico-mafieuses dont il avait la charge ne parvienne jusqu’à l’audience. Albert Lévy dérangeait et on lui a fait payer son obsession de la justice.

« Libération » du 18/03/2004 d’après Noël Mamère, Christian Picquet et Pierre Jacquin. (pour le texte intégral sur internet rechercher « Le Ruisseau ».)

Par deux fois la chambre d’accusation de la cour d’appel de Paris désavoue la juge MORACCHINI, estimant que son enquête n’avait pas été menée de manière régulière. Son enquête sera mise en lambeaux par la cour d’appel de Paris en 1999. Albert Lévy sera relaxé dans un jugement qui critique la juge : « Le comportement du prévenu a été appréhendé sous un angle psychiatrique (la magistrate avait ordonné une obligation de soins) qu’aucun élément versé au débat ne vient justifier. »

En janvier 2000 malgré les deux annulations de procédure la juge signe une nouvelle mise en examen d’Albert Levy pour « violation du secret de l’instruction  » …

M.-P. MORACCHINI sera finalement dessaisie. Trois juges d’instruction de Paris sont désormais saisis du dossier.

Albert Lévy  comparait en septembre 2006 devant la 17ème chambre correctionnelle de Paris qui, après mise en délibération, le relaxe ainsi que le journaliste Claude Ardid le 26 nov.2006.

*2001 Le CSM absout M.-P. MORACCHINI

28 décembre 2009

Le Conseil supérieur de la magistrature a décidé le 13/12/2001 de ne pas sanctionner la juge d’instruction au tribunal de Paris, Marie-Paule MORACCHINI qui avait fait l’objet de poursuites disciplinaires par l’ancienne ministre de la justice Elisabeth GUIGOU.

La formation disciplinaire du CSM présidée par Ivan ZAKINE, n’a pas suivi les réquisitions de la chancellerie, qui avait demandé le 14 nov., une réprimande avec inscription au dossier – la plus faible des sanctions.

Dans sa décision le CSM relève que le choix de Mme MORACCHINI de privilégier l’indemnisation des victimes par la Scientologie – ce qui aurait permis aux « mis en examen » d’échapper aux poursuites « résulte d’une appréciation de son rôle de juge d’instruction, certes discutable, mais non susceptible d’une qualification disciplinaire » (1).

Par ailleurs le CSM affirme qu’il n’y a pas lieu de sanctionner l’absence de copie du dossier d’instruction par la magistrate – ce qui a empêché de le reconstituer après la disparition d’une tome et demi – car cette disposition légale n’était respectée au tribunal de Paris  » que dans des affaires où des mis en examen  étaient détenus » (2).

«  En définitive, le CSM estime que, si l’on peut regretter un certain manque de rigueur ou une insuffisance de suivi à propos des deux dossiers invoqués, cette situation doit être appréciée en tenant compte de l’activité intense déployée, avec accord de sa hiérarchie, par Mme MORACCHINI dont les attributions (…) excédaient largement le temps plein d’un magistrat particulièrement actif ». (3)

«  Qu’ainsi, conclut le CSM, la preuve n’est pas apportée que Mme MORACCHINI ait manqué aux devoirs et aux charges de son état de juge ».

« Le Monde »   du  14/12/01 d’après Cécile Prieur


COMMENTAIRES  de denidejustice

(1) « Selon la loi, comme l’a rappelé la garde des Sceaux, l’office du juge d’instruction est de faire tout acte utile à la manifestation de la vérité. A cette fin il a le devoir de rassembler les preuves de  culpabilité ou de non culpabilité, et non de procéder ou faire procéder à l’indemnisation des préjudices, mission des juges du fond. » Et d’ajouter  » Le juge d’instruction n’a pas la faculté de transiger » surtout face à des sectes utilisant leurs moyens financiers pour négocier le retrait des plaintes qui les dérangent.

Le CSM n’a donc que faire que cette magistrate outrepasse ses compétences, en d’autres termes qu’elle s’assoit sur le droit. Par ailleurs on peut s’étonner que cette magistrate, qui argue de son surcroît de travail pour justifier de ses erreurs, aille s’embarrasser de tâches qui ne lui appartiennent pas !

(2) Le CSM cautionne encore une fois les entorses au droit. Que le tribunal de Paris ne respecte une disposition légale (celle de constituer une copie de tout dossier) qu’en certaines circonstances ne dérange pas le CSM.

(3) Le manque de rigueur et les insuffisances excusés par  » l’intense activité déployée en accord avec la hiérarchie » ! Il faut oser argumenter ainsi ! Ces mêmes magistrats membres du CSM accepteraient ils qu’un ouvrier plombier argue de son intense activité, en accord avec son patron, pour justifier de son travail bâclé, des fuites dans ses soudures et des inondations conséquentes dans leur appart. ?

Ce n’est pas parce qu’on est une besogneuse que l’on travaille bien. Le CSM privilégie l’abondance de travail bâclé sur le travail bien fait ! Evidemment on est ici aussi dans la culture du chiffre. L’activité d’un magistrat (mais aussi du tribunal dont il dépend)  se mesure en nombre de dossiers « traités ou mal traités », certainement pas en qualité de travail. Et peu importe les justiciables !

Le travail d’un magistrat instructeur est aussi sous contrôle de quelques autres magistrats (cf. l’affaire d’Outreau). En décidant ainsi, le CSM épargne non seulement la juge MORACCHINI mais aussi toute une clique de négligents (corporatisme oblige).

(4) le CSM occulte totalement le fait de « la durée inhabituelle de l’instruction durant laquelle les investigations s’étaient pratiquement interrompues à partir du mois de mai 1993 » dixit la garde des Sceaux. On peut en accumuler ainsi des dossiers sous une pile couverte par la poussière !

(5) Enfin le CSM ne semble pas inquiété par le fait de la disparition de dossiers traités par cette juge, non seulement dans l’affaire de la Scientologie, mais également dans une affaire de malversations impliquant des policiers. Le CSM estime : « En l’absence d’investigations supplémentaires aucun grief ne peut être retenu contre Mme MORACCHINI ». Ah oui ! Et qu’attend-on pour les engager ces investigations ?

Résumons: 1) des instructions bâclées ou abandonnées, 2) des procédures non respectées, 3) des dossiers qui disparaissent, 4) et rien à redire …

*2000 Scientologie : Disparition d’une partie du dossier d’instruction et travail bâclé.

27 décembre 2009

Dès 1983, les plaintes déposées par d’anciens adeptes de la Scientologie avaient conduit à ouvrir une information judiciaire pour « escroquerie » et « publicité mensongère », d’abord confiée au juge d’instruction parisien Etienne GUILBAUD. En 1988, cinq ans plus tard, ce juge s’était déssaisi du dossier au profit de la juge Marie-Paule MORACCHINI qui instruisait depuis 1987 une autre procédure visant la secte pour « escroquerie » et « faux » (un dossier clôturé, deux ans plus tard, par une ordonnance de non-lieu de la magistrate). Enfin le 13 avril 1989, la juge MORACCHINI avait été chargée d’instruire une nouvelle information sur la Scientologie pour « escroquerie » et « exercice illégal de la médecine » qui avait été joint au dossier de 1983.

Début 1992 la juge inculpe dix-sept dirigeants ou salariés de la secte. Par la suite, « ayant des doutes sur la qualification  pénale des faits poursuivis, elle avait souhaité favoriser un processus d’indemnisation des victimes, engagé par les représentants de la Scientologie » indique la juge. Et ceci – d’une part malgré la volonté clairement affirmée de plusieurs parties civiles, dont l’association anti-sectes Unadfi, de ne pas accepter un quelconque « règlement à l’amiable par le biais de l’indemnisation des victimes », – d’autre part bien que le juge d’instruction ne soit pas habilité à engager de telles négociations.

Enfin, l’Inspection des services judiciaires pointe dans un des deux rapports  datés de 1999  l’« attentisme » de la juge dont les « investigations se sont pratiquement interrompues à partir du mois de mai 1993 ».

Et pour couronner le tout l’avocat d’un des plaignants, lassé de l’inertie de l’instruction, saisit la chambre de l’accusation en nov. 1997 qui découvre alors la disparition d’un tome et demi  (sur 10)  du dossier. Le juge Moracchini prétendra avoir mis une dernière main au dossier le 2 mars 98 en vue de le transmettre à cette juridiction. Ceci … en l’absence de sa greffière !

« Personne, hormis le juge, ne pouvait savoir que le dossier serait transporté ce jour-là » note le rapport de l’Inspection. Une Inspection qui s’avoue par ailleurs incapable de préciser le contenu des pièces manquants  » la copie de la procédure étant incomplète et la notice lacunaire » malgré les obligations du code pénal.

La ministre de la justice, Elisabeth Guigou, dans sa lettre de saisine aux fins de poursuites disciplinaires, retient une série d’éléments contre la magistrate, à laquelle il est reproché d’avoir « manqué aux devoirs et aux charges de son état de juge ».

« Le Monde.fr  »   d’après …

En octobre 2000, la chambre d’accusation de la cour d’appel de Paris a décidé de dessaisir la juge Marie-Paule Moracchini du dossier sur la Scientologie. L’enquête est alors confiée au juge Philippe COURROYE.

Sur ce même dossier la juge MORACCHINI fait l’objet de poursuites disciplinaires devant le CSM pour l’avoir laissé en déshérence pendant plusieurs années et avoir égaré une partie des pièces.

« Libération.fr »   du 19/10/2000  d’après …

*2009 Quand la justice dérape ! Alerte de la LDH

25 décembre 2009

Nous reproduisons ici un extrait d’une pétition émise par la Ligue des droits de l’homme  contre « la criminalisation du boycott et de la critique de la politique israélienne »

« La Ligue des droits de l’homme et de nombreuses associations de soutien ont été stupéfaites d’apprendre qu’en France, un procureur de la République (de Bordeaux) ait pu poursuivre une adhérente de la LDH pour « incitation à la haine raciale contre les Israéliens » , ceci à l’encontre d’une militante défendant les droits de l’homme en Palestine occupée, Madame Sakina Arnaud. »

« En effet, le seul motif est qu’elle prône le boycott contre les produits israéliens importés dans des conditions illégales au regard du droit international. »

« Ces poursuites confondent le racisme avec la critique et le refus de soutenir économiquement un Etat étranger, en l’occurrence Israël, parce que la politique de ce pays ne respecte pas les droits internationaux, entre autres ceux du peuple palestinien. »

 » Cette affaire devient inquiétante quand on apprend qu’à la suite d’un « hasard malheureux de l’informatique » (!!!), le président de la 5ème chambre du tribunal correctionnel de Bordeaux s’apprêtait à juger cette affaire en présence des requérants, mais sans la prévenue ni son avocat, lesquels avaient été assurés que l’affaire n’était pas inscrite à l’audience. Ils n’étaient évidemment pas en possession du dossier à charge … »

« La manipulation n’a pu réussir grâce à la présence d’esprit de l’avocat de la LDH. L’audience a pu être repoussée au 13 janv. 2010. »

 » La libre expression politique, le droit à la critique de la politique d’un Etat étranger, la défense des droits des Palestiniens, la liberté de choisir l’origine des produits que nous consommons sont ainsi gravement menacés en France si  l’issue de ce procès devait donner raison aux plaignants. »

 » Pétition à l’attention du Pdt de la République » émise par la Ligue des droits de l’homme  du 21/12/2009 (extraits)

Denide justice souhaite connaître les noms du proc’ et du président de la 5ème chambre correctionnelle. Merci de nous aider.

Pour en savoir plus et signer la pétition : http://www.mesopinions.com/Appel contre la criminalisation …

**1998 Miracle à Bordeaux

23 décembre 2009

Quels heureux veinards, ces Bordelais ! Le père Laguérie, intégriste en chef et en soutane de l’église Saint-Nicolas-du- Chardonneret, est allé s’installer chez eux. Et le voilà du coup traquant dans les rues de Bordeaux tout ce qui pourrait choquer son saint regard empli de douceur, de bonté et de compassion. C’est incroyable ce qu’il y a comme trucs choquants, dans ces rues. Des clochards, Alain Juppé, des huîtres entre baillées de façon provocante voire obscène … mais surtout « Inri », un livre avec des photos de Bettina Rheims et des textes de Serge Bramly sur Jésus, dont la couverture affiche une femme crucifiée les seins nus.

L’abbé a frôlé le collapsus du bénitier, frisé l’infarctus du ciboire. Ne trouvant pas le grand inquisiteur, il a attaqué en référé. Et il s’est trouvé un juge,  Louis MONTAMAT, pour le comprendre et jouer les censeurs à la va-vite. Désormais, trois librairies bordelaises, Mollat, Virgin et la FNAC devront soustraire à la vue du public l’ouvrage impie sous peine de 500 F d’astreinte par exemplaire. Ressuscité, le père Laguerie s’est aussitôt réjoui de cette décision : « J’en remercie Dieu. »

Il a bien raison, car depuis ce procès très médiatisé « Inri » se vend sous le manteau comme des petits pains multipliés. Pour faire des miracles,  abbé Laguérie met les bûchers doubles.

« Le Canard enchaîné »  n° 4068  du 14/10/98

Dans son ordonnance de référé, le président Louis Montamat estime que la couverture de cet ouvrage « provocatrice tournant la crucifixion en dérision, constitue une agression aux croyances individuelles des chrétiens, génératrice à elle seule d’un trouble manifestement illicite. Le juge des référés considère qu’il lui appartient  » de sanctionner ces atteintes intolérables aux consciences outragées ». Mais avec « pour limite la nécessité de concilier la liberté d’expression et de communication avec celle d’opinion et de pensée devenue une liberté constitutionnelle ».

Ce n’est pas là une censure franche, déclarée, mais une censure rampante, insidieuse caractéristique de notre époque dite « soft ».

Les auteurs de l’ouvrage parlent de « l’oukase d’une minorité intégriste » et Serge Bramly ajoute : « La France va-t-elle céder au terrorisme ? » et juge « très grave » cette décision qui est « une menace pour la profession de libraire »

« L’Humanité »  du 08/10/98  d’après Magali Jauffret

**1998 Affaire Habib ould Mohammed

22 décembre 2009

Habib ould Mohammed dit « Pipo » est un jeune français  mort en décembre 98  à Toulouse, victime d’une bavure policière.

Lycéen de la banlieue toulousaine habitant dans la cité dite sensible de « La Reynie », il est tué par un policier 13 déc. 1998 vers 03h30 du matin. Atteint d’une balle à bout portant, il parvient à faire quelques dizaines de mètres : une passante retrouve son corps, mort, vers 05h00 du matin. Pipo, faute de secours, a succombé à une hémorragie interne et à des lésions pulmonaires.

Les policiers sont rentrés au poste sans  appeler les secours. Au commissariat ils évoquent simplement un vol mais, faute grave, ils ne disent pas à leurs supérieurs qu’ils ont ouvert le feu.

Ce drame fut à l’origine d’émeutes sérieuses qui dureront huit jours.

Le brigadier de police de 41 ans  à l’origine de la bavure, fut laissé en liberté mais mis en examen pour homicide involontaire. Il fut jugé en août 2001 et condamné à 3 ans de prison avec sursis.

« Wikipédia »   d’après …

La famille d’Habib attend toujours ses indemnités …

Après la condamnation du policier la justice accorde 700 000 F (106 000 €) d’indemnisation à la famille.

Mais le parquet fait appel de cette décision  et demande le partage des responsabilités. Si Pipo avait obtempéré aux ordres des policiers, il n’aurait jamais été tué, plaide l’avocat de l’Etat. Le policier a été condamné pour homicide involontaire, donc le coup de feu ne peut être lié au refus d’obtempérer  rétorque l’avocat de la famille.

« La Dépêche. Fr »   du 17/04/2003

Ce qui étonne dans cette affaire, c’est le verdict: « 3 ans de prison avec sursis » et le policier continue d’exercer alors qu’il est un individu dangereux (encore un cow-boy qui dégaine plus vite qu’il ne réfléchit). Quant à l’indemnisation légitime ce sont encore les citoyens contribuables qui vont payer ! Dans cette affaire le policier s’en tire sans la moindre « égratignure »: pas un jour de taule effective, pas un sou déboursé. Il peut s’en retourner en sifflotant les mains dans les poches et aller boire une petite bière avec les copains pour fêter ça !

Et pourtant il y a – 1°) l’homicide involontaire – mais également :  – 2°) la non assistance à personne en danger – et pour finir: – 3°) le délit de fuite puisqu’il omet de mentionner les faits sur le rapport ce qui constitue un faux en écriture par personne assermentée.

Et ce policier n’était pas seul. Les autres policiers auraient dû faire également l’objet de poursuites pour non assistance à personne en danger et complicité dans le délit de fuite et le faux en écriture.

Denidejustice   le 22/12/09

Nous aimerions en savoir plus sur ce jugement et connaître les noms du juge et du proc’ qui fait appel. Merci de nous aider.

Merci à « Fernand »  (cf.son commentaire) qui nous permet d’identifier les magistrats impliqués dans ce jugement:

le procureur est POQUE Michel.

le président du tribunal correctionnel de Toulouse est BIRGY Alain

Citation de la semaine 21-27/12/09

22 décembre 2009

« Une justice respectée implique une magistrature respectable. La grâce ne nous tombera pas du ciel ni de l’Etat.

Elle ne viendra récompenser notre action que dans la mesure où le citoyen nous donnera quitus sur un plan général pour notre attitude en démocratie, et plus spécialement, pour la manière dont nous saurons chaque jour ne pas décevoir les justiciables, quel que soit leur statut. »

Philippe BILGER avocat général à la cour d’appel de Paris