*2004 Gendarme-chauffard protégé !

Jérémy Tailhandier est mort à vingt ans le 23 sept.2001, à bord de sa Peugeot 205, sur une route de Bourgogne. Au volant de sa grosse BMW, le jeune gendarme en formation, Sébastien Diné, qui roulait à 130 km/h sur la nationale en mordant largement sur la ligne blanche, n’a laissé aucune chance à la victime. Six témoins l’ont confirmé.

La famille de Jérémy a porté plainte. Le chauffard sans attendre une nouvelle expertise a envoyé sa voiture à la casse. Puis il a joué la montre, « oubliant » de se rendre à la première convocation du juge d’instruction. Objectif : éviter à tout prix la mise en examen avant d’être engagé pour de bon. Une fois condamné, il n’aurait pu intégrer la gendarmerie, qui l’a gentiment gardé à l’école.

Il s’écoulera donc neuf mois avant son audition. Et encore près de deux ans avant que ne s’ouvre le procès. On est en mars 2004. Le procureur réclame 3 ans d’annulation de permis de conduire, 24 mois de prison dont 6 mois ferme et surtout l’interdiction d’exercer le métier de gendarme. A la barre le chauffard se présente en gentil garçon et joue les amnésiques.

Il prend 18 mois de suspension de permis et 6 mois de taule avec sursis. En pleine campagne sur la sécurité routière ! (à titre de comparaison, le mauvais coucheur qui avait balancé un yaourt sur la voiture de Sarko qui passait en trombe en pleine agglomération a écopé de 4 mois!)

Le parquet, ulcéré (il a tout de même quelques procs’ qui font leur boulot) a fait appel du jugement contre le pandore-chauffard. Il devait être rejugé  à Dijon le 28 oct.

En attendant ce jugement, le chauffard coulait des jours tranquille au sein d’un escadron mobile dans les Vosges (distribuant allègrement des PV pour excès de vitesse et autres infractions au code de la route).

Sollicitée par « Le Canard », la Direction de la gendarmerie, gênée aux entournures, fit alors juste remarquer qu’il n’avait, pas encore, été titularisé …

« Le Canard enchaîné »  n° 4383   du 27/10/2004    art. signé B.R. d’après …

Denidejustice souhaite connaître : 1) le tribunal qui a jugé en première instance et le nom du président, 2) quelle fut l’issue judiciaire et professionnelle de cette affaire. Merci de nous aider.

Publicités

Étiquettes : , , , , , ,

2 Réponses to “*2004 Gendarme-chauffard protégé !”

  1. denidejustice Says:

    Il est toujours gendarme !
    Et pourtant :
    – il a envoyé son véhicule à la casse pour éviter une contre-expertise.
    – il « oublie » de se rendre à la convocation du juge d’instruction.
    – il conteste l’excès de vitesse dénoncé par des témoins.
    Ces comportements traduisent un manque de droiture manifeste, une lâcheté certaine : c’était suffisant pour qu’il soit viré immédiatement de l’école de gendarmerie.

    Le père de la victime soulignant « l’attitude arrogante de l’élève gendarme pendant le procès » décide de faire appel du jugement du tribunal de Chalons.
    Ce qui signifie que les décisions se trouvent de ce fait non exécutoire : depuis l’accident, depuis trois ans déjà, le chauffard continue de conduire tranquillement … et pour quelque temps encore en attendant la décision en appel …

    Outre les peines dérisoires prononcées, le tribunal de Chalons sur Saône décide de la « non inscription de cette condamnation au casier judiciaire », sauvant sans doute ainsi la carrière du jeune militaire.

    Mais que vaudra le « serment » prononcé par cet apprenti-gendarme « menteur » ? Pas grand-chose sans doute …

    L’affaire devait être rejugée par la cour d’appel de Dijon …

    Mais comment ne pas s’indigner devant l’indulgence du tribunal de Chalons sur Saône ? N’importe quel citoyen ordinaire aurait été accablé par le juge !

    Ce chauffard aurait au contraire, dû être sanctionné avec une sévérité accrue en raison de sa qualité de futur gendarme se devant d’être exemplaire !

  2. Margueritat Claude Says:

    La cour d’appel de Dijon condamne finalement Sébastien Diné à deux ans de prison avec sursis et à l’annulation de son permis de conduire. Par ailleurs elle rejette la demande de non inscription au casier judiciaire ce qui signifie qu’il ne pourra poursuivre sa carrière dans la gendarmerie. Il est également condamné à 500 € d’amende et ne pourra repasser son permis avant 30 mois.

    Enfin une condamnation à la hauteur de l’infraction ! Mais il aura fallu toute la pugnacité du père de la victime pour vaincre l’inertie judiciaire !

    Mais cela amène à s’interroger sur le fonctionnement de l’appareil judiciaire. Si la cour d’appel dédit le tribunal correctionnel, cela signifie que ce dernier s’est montré incompétent et que les magistrats qui le composent n’ont pas la lucidité nécessaire pour juger avec pertinence !
    Le citoyen devrait être en droit de se retourner contre eux et de demander des dommages et intérêts pour le préjudice subi …

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :