*2004 « Le Canard » victime de Feydeau

Le principe selon lequel les mêmes causes, dans les mêmes conditions, produisent les mêmes effets constitue, chacun sait, le fondement de toute démarche scientifique. Mais pas de l’activité juridique si l’on en croit la mésaventure dont le Canard et certains de ses lecteurs viennent d’être les victimes.

Pour être net, le tribunal de Paris ressemble à une loterie de foire.

Depuis quelques temps un petit malin avait trouvé un filon pour se faire un peu d’argent. Il faisait imprimer et diffuser en kiosque des imitations serviles du « Canard »: même maquette, même couleur, mêmes dessins, même typographie. A tel point que de nombreux fidèles du « Canard » s’y laisseront prendre en prenant négligemment leur journal sur le présentoir.

Cela commence en 2001 avec « Le Calamar décharné ». « Le Canard enchaîné » décide d’agir en justice à la parution du deuxième numéro car cela devient de la contrefaçon et du parasitage commercial. Le vice-président du tribunal de Paris, Nicolas Bonal  l’a parfaitement compris et rendait en référé une une ordonnance interdisant la diffusion de cette feuille.

Quelques mois plus tard le faussaire sortait alors « Le Canular enchanté ». La vice-présidente du même tribunal ordonnait à son tour le retrait de la vente constatant une « contrefaçon évidente ». Et « Le Canard » déposait alors une plainte au pénal. Mais le petit malin a installé sa société éditrice en Grande-Bretagne , sa rédaction en Hollande et n’indique pas le nom de son imprimeur (comme la loi sur la presse l’impose).

En août 2004 c’est alors « Le Canular échaudé ». Nouvelle assignation en référé. Et là, stupéfaction, une autre vice-présidente du tribunal de Paris, Marie-Thérèse FEYDEAU, ne trouve pas la contrefaçon évidente. Cette magistrate estime que l’atteinte aux droits du « Canard » et de ses lecteurs qui se font piégés n’est pas « flagrante ». Et considère que ce n’est pas l’affaire des référés, mais celle des juges du fond. Vu les lenteurs de la justice, rendez-vous dans un an et lorsque l’affaire sera examinée, il sera naturellement trop tard. Principal argument de cette perspicace magistrate l’avertissement figurant en première page « Attention ceci est un pastiche! ». Sauf que lorsqu’on va acheter son journal habituel on ne le lit pas avant de l’acheter. ..

Cette magistrate doit détester profondément le « Canard » qu’il soit « enchaîné » , « laqué » ou « boiteux ». Et la justice « boiteuse » elle en pense quoi Marie-Thérèse ?

« Le Canard enchaîné »   du 01/09/2004  d’après un art. de L.-M. H.

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Une Réponse to “*2004 « Le Canard » victime de Feydeau”

  1. Margueritat Claude Says:

    Encore une conséquence du piètre recrutement de l’ENM ! On ne le répètera jamais assez : tant que ce ne seront que de piètres étudiants en droit qui seront candidats, tant que l’on nommera magistrats des étudiants qui n’obtiennent pas la moyenne au concours de sortie, les citoyens seront victimes de juges incapables d’apprécier une situation et de porter un jugement fiable.
    « Le Canard » a sans doute les moyens financiers de poursuivre mais le citoyen moyen ? S’il peut financièrement poursuivre, c’est avec quelle garantie de ne pas retomber en appel sur un autre médiocre ?

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