2002 Un tribunal qui ne manque pas de pré-jugés.

Un magistrat grenoblois semble avoir découvert une méthode infaillible pour remédier aux lenteurs de la justice : rédiger à l’avance le jugement de certains des prévenus.

Le 5 sept 2002, Florent Girault, avocat, consulte, à la cour d’appel de Grenoble, le dossier de son client, qui a fait appel de sa condamnation pour conduite dangereuse d’une voiture volée, agrémentée de violences à agent.

Surprise : il découvre, au milieu des pièces de procédure, un document bêtement oublié là par son rédacteur, le président de la cour d’appel qui va diriger les débats.

Dans un exposé de plusieurs pages dont certaines manuscrites, ce haut magistrat reprend les griefs mentionnés par le jugement de première instance et les aggrave en y ajoutant quelques faits non retenus par les premiers juges. Pas chien, il laisse tout de même un espace en blanc à l’endroit prévu pour inscrire la peine.

Vexé de compter pour du beurre – on se demande bien pourquoi – l’avocat a fait part à la cour de ses « réserves » concernant cette surprenante méthode. Pour lui, condamner d’abord, juger ensuite porterait « atteinte à la présomption d’innocence et au droit à un procès équitable ».

« Le Canard enchaîné » n° 4278 du 23/10/2002

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