*2002 Brève initiation au fonctionnement de la justice

En prison depuis plus d’un mois (le 19 juin 2002) José Bové aurait pu sortir le 19 juillet. Ses avocats avaient demandé sa libération conditionnelle comme on le fait pour n’importe quel détenu. Et le juge d’application des peines de Montpellier la lui avait accordée.

Mais c’était compter sans Charles PUIG, procureur de la République de Montpellier, qui a fait immédiatement appel, comme il l’avait d’ailleurs annoncé, et maintenu Bové en taule.
Les motifs invoqués ? « Le risque de récidive ». Il est vrai que, à peine sorti de prison, Bové, rendu fou furieux par son incarcération, sa grève de la faim et ses onze kilos en moins, se serait immédiatement attaqué à mains nues au premier McDo qui passait par là, l’aurait démentibulé, concassé, rasé ! Ce moustachu est un vrai fauve, chacun le sait.
Autre raison de le maintenir en cellule d’après ce proc’: « l’incompréhension de l’opinion publique ». L’opinion publique ne comprend pas, en effet. On relâcherait Bové, alors que c’est le seul syndicaliste paysan en prison ? Il en faut bien un qui paie pour les autres, quand même! Lorsque sous le regard bienveillant de la FNSEA les éleveurs saccagent des entrepôts de viande, comme à Fougères en oct 2001, détruisant 2000 tonnes de viande et faisant 10 millions d’euros de dégâts, aucun d’eux ne va en taule. Mieux : c’est l’Etat (nous contribuables) qui rembourse la casse.

L’opinion publique comprend qu’il y a quelque chose qui cloche au pays de l’impunité zero. L’opinion publique comprend que Bvé est un parfait bouc émissaire. L’opinion publique comprend que le proc’ Charles PUIG est en train de lui donner un cours très lumineux sur la manière dont la justice fonctionne dans ce pays.
Et elle adore qu’on éclaire sa lanterne, l’opinion publique !

« Le Canard enchaîné » n°4265 du 24/07/2002 d’après J.-L. P.

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3 Réponses to “*2002 Brève initiation au fonctionnement de la justice”

  1. denidejustice Says:

    L’opinion publique ce qu’elle ne comprend surtout pas c’est que notre démocratie puisse s’accommoder de larbins qui, tantôt vont s’opposer à la libération anticipée d’un José Bové qui se bat pour protéger ses concitoyens, tantôt vont baisser leur froc devant le même pouvoir qui leur aura donné l’ordre de n’engager aucune poursuite envers les éleveurs qui saccagent à une autre échelle …

    Encore une fois, ces procs’, que la Cour européenne ne reconnaît pas comme magistrats tant leur asservissement au pouvoir est grand, font étalage de leur lâcheté.

  2. denidejustice Says:

    « Libération » (19/07/2002) rapporte que le juge d’application des peines favorable à la libération de J.Bové avait indiqué : » Même si l’incarcération de José Bové a été entourée d’une forte médiatisation, le prévenu a répondu aux demandes de la justice dans les délais et son comportement en prison, depuis, n’appelle aucune décision défavorable. »

    A une décision de bon sens est venu s’opposer l’attitude insensée d’un proc’ qui n’a nul besoin de s’interroger sur le bien fondé de sa propre décision.

  3. denidejustice Says:

    Jusqu’au Syndicat de la magistrature qui laisse au vestiaire son corporatisme et s’indigne du comportement du proc’ en ces termes !

    « José Bové, porte parole de la confédération paysanne, incarcéré depuis le 19 juin 2002 pour des faits commis dans le cadre de son activité syndicale, a formé une demande de libération conditionnelle. »

    « Le procureur de Montpellier s’est opposé à cette libération et a fait connaître publiquement qu’il ferait appel de la décision s’il était fait droit à la demande du leader syndical. »

    « Cette prise de position publique d’un magistrat du parquet sur une affaire en délibéré constitue une tentative de pression inadmissible sur le juge saisi de la requête. »

    « Le Syndicat de la magistrature s’indigne qu’un procureur puisse ainsi menacer un juge du siège d’un recours et tenter de porter atteinte à son indépendance. »

    « Il s’étonne que ce procureur s’exprime publiquement sur une affaire qui selon la loi ne peut être débattue qu’à huis clos, et ait déjà forgé son opinion sur une décision dont il ne connaît pas encore ni la teneur ni la motivation. »

    « Le CSM dénonce enfin le véritable acharnement du procureur de Montpellier qui paraît plus animé par la volonté de terroriser les opposants aux OGM et à l’ordre commercial international, que de devoir individualiser les peines. »

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