*2000 Une justice à broyer

En 1990 Jakob monte dans le quartier du Sentier une affaire de fournitures pour l’habillement : fermetures Eclair, boutons, accessoires de mode. En 1989 une centaine d’employés assurent un chiffre d’affaires annuel de 140 millions.

En 1992, la directrice financière révèle à Jakob que son associé se livre à des malversations : il y en aurait pour 1,5 millions officiellement. Les deuxhommes se séparent pafrès un protocole d’accord mis en place par des avocats. Peu aprsè Jakob monte une holding dans laquelle sa directrice financière, avec 33% des parts fait figure d’associée. Ce qu’il ne pouvait imaginer c’est que la dame allait se livrer au même jeu. En dix-huit mois elle dépense 750 000F sur la carte de crédit de la société : il y aura notamment deux voyages à Los Angeles – pour « contrôler » une filiale appartenant à …  son mari inspecteur des impôts.

En avril 1994, mise à pied conservatoire de la directrice, à charge pour elle de rembourser 200 000 F. Le commissaire aux comptes a déposé contre elle une plainte qui ne viendra en correctionnelle qu’en janvier 2001, sept ans après les faits.

Pour comble de malheur, en août 1994, le dépôt de Jakob situé dans le XVIIIème est détruit par un incendie. Trois mois passent et en nov. 1994 l’homme d’affaires décide de prendre une semaine de vacances au Mexique. Pour la police judiciaire, ce projet de voyage démontrerait que Jakob voulait prendre la fuite après une escroquerie aux assurances (l’incendie du dépôt). Le 2 déc.94, descente policière dans l’établissement. Une juge d’instruction ordonne un perquisition du domicile de Jakob qui ne donnera rien. Mais Jakob est incarcéré à la santé sous l’accusation d’escroquerie à l’assurance avec la complicité de son expert-comptable.

Détail d’importance : un voisin du dépôt incendié est mort trois mois après le sinistre. La juge fait cette déclaration au détenu : « J’ordonne une autopsie: s’il n’y a aucune relation cde cause à effet entre l’incendie et le décès, je vous remets en liberté. »

Surviennent les vacances judiciaires : pas de rapport d’autopsie. Jakob est toujours détenu en févr.95. Ses banques et fournisseurs ont fermé les robinets. C’est le dépôt de bilan et une tentative de suicide qui se soldera par six jours de coma.

En avril 95 Jakob prend Me Henri Leclerc pour avocat. Une demande de mise en liberté est refusée. Ensuite la juge part en congé de maternité sans revoir Jakob qu’elle n’aura entendu que deux fois en dix mois… Foin des promesses, alors que le rapport d’autopsie établit que le voisin est mort d’une cirrhose.

La juge d’instruction MoracchiniMarie-Paule prend le relais. La promesse de la consoeur ne la concerne pas?. Elle reprend l’instruction  au départ. Une deuxième demande de mise en liberté est refusée. Jakob objecte : » Supposez que vous vous trompiez ? » Réponse de la magistrate : « Je ne peux me tromper, et la seule chose grave dans la vie, c’est la mort ».

Curieux ce propos d’une magistrate qui table sur la présomption de culpabilité  alors qu’elle brandit celle de la présomption d’innocence dans l’affaire qui lui est reprochée : la disparition du dossier d’instruction concernant la Scientologie …

Après seize mois et demi de prison, Jakob a été libéré sous caution, puis acquitté en mai 1999. Ruiné il essaie de refaire surface. Sans illusion sur la justice de son pays …

« Le Canard enchaîné » n° 4176  du 08/11/2000 par Patrice Vautier

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