2009 CHIRAC: une douzaine de casseroles et trente ans de protection judiciaire.

Durant plus de trente ans, Chirac n’a en effet pas été traité comme tout un chacun. Avant d’être protégé par une immunité présidentielle taillée sur mesure, l’ancien maire de Paris a bénéficié d’une incroyable protection grâce à des procureurs fort serviables (ou fort serviles ?), à des avocats roués et quelques coups tordus.

En témoignent la douzaine d’affaires que nous allons rappeler ici avec la complicité du « Canard enchaîné » et d’Hervé Liffran.

1977   PREMIERE CASSEROLE

En mars 1977, dès son élection à la Mairie de Paris, Chirac accorde de copieuses subventions à la Fondation Pompidou, dont il est le trésorier.

Un an plus tard, cette fondation achète, à sa demande, un terrain de 5 hectares qui jouxte son château de Blity en Corrèze. Officiellement, il s’agit de construire une maison de retraite, mais celle-ci ne verra jamais le jour. En fait, le but de l’opération est  d’assurer la tranquillité du châtelain, menacée par une colonie de vacances.

L’affaire est dénoncée par « Le Canard » en 2001 mais la justice estime qu’elle est prescrite …

1987   DEUXIEME CASSEROLE

En 1987, un magistrat démantèle un vaste trafic de transformations illégales de logements en bureaux. La Mairie est mise en cause. Mais l’intermédiaire qui échangeait des valises de billets contre des autorisations bidons est averti, par le cabinet de Pasqua, de son arrestation imminente. Quelques jours passent et il est exfiltré à l’étranger. Quant aux juges, ils se rabattent sur des seconds couteaux.

Pour Chirac pas de problème, il peut dormir tranquille …

1989   TROISIEME CASSEROLE

En 1989, à la veille des municipales, « Le Canard » raconte comment le RPR a truqué les listes électorales dans les IIIè, XIIIè, XIXè et XXè arrondissements.

Dix sept ans durant, une escouade de juges se refileront cette patate chaude sanqs jamais oser mettre en cause le grand chef (eh oui, on manque un peu de courage dans la magistrature). Seuls quelques seconds couteaux seront condamnés en décembre 2006. Pas de problème pour Chirac …

1990   QUATRIEME CASSEROLE

En avril 1990, une filiale d’une société d’HLM de la Ville de Paris achète, rue du Bac, un très joli logement, agrémenté d’un vaste jardin privatif. Quel rapport avec les HLM ? Aucun.

Il s’agit juste de faire bénéficier le locataire Chirac d’un loyer d’ami. « Le Canard » sort l’affaire en mars 1995. Cette fois il est diffcile d’invoquer la prescription. Mais le procureur Gabriel BESTARD classe le dossier sans suite en novembre 1995, juste après sa nomination par Chirac.

Lire aussi: 1995 Chirac : l’appartement de la rue du Bac.

1991   CINQUIEME CASSEROLE

En 1991, « Le Canard » déterre les marchés truqués de l’imprimerie municipale, la Sempap. Il faudra attendre 1996 soit quatre ans pour qu’une information judiciaire soit ouverte. Des documents accablants pour Chirac sont saisis et le montant des sommes détournées atteint 15 millions d’euros. Le décès du directeur de la Sempap  empêchera les magistrats de remonter la piste. Un proc qui roupille et Chirac est sauvé …

1994   SIXIEME CASSEROLE

En 1994, le juge Eric Halphen met en détention le collecteur de fonds du RPR, Jean-Claude Méry. L’affaire des HLM de Paris viendra jusqu’aux portes de l’Elysée sous la forme d’une convocation adressée à « Chirac Jacques », en 2001.

Mais l’intéressé, grâce au Conseil constitutionnel et à son président Roland Dumas, fait valoir son immunité présidentielle. On ira même jusqu’à modifier la Constitution dans ce sens en janvier 2007.

Chirac se marre …

Lire aussi : 1995 Toubon envoie un dossier RPR aux oubliettes.

1995   SEPTIEME CASSEROLE

La justice découvre, à la suite du « Canard », les fausses factures des lycées d’Ile-de-France. Michel Roussin, directeur de cabinet de Chirac à la Mairie, et Louise-Yvonne Casetta, trésorière occulte du RPR, sont condamnés avec quarante autres prévenus en 2005.

Dans ses confessions filmées, et rendues publiques après sa mort, Jean-Claude Méry affirme avoir remis à Chirac 5 millions de francs en espèces.

Mais le nouveau statut « pénard » (pardon « pénal ») du chef de l’Etat empêche les juges d’aller plus loin. …

Lire aussi: 2001 Le parquet général joue au père Noël pour Chirac 2004 Affaire des lycées : indépendance judiciaire                             2005 Procès des lycées: 1) Opération édredon. 2) Engueulades magistrales.                                                                                                 2005 Ici l’ombre (Chirac et les lycées d’Ile-de-France)

1995   HUITIEME CASSEROLE

Les mêmes magistrats dévouvrent, au hasard de leur enquête, que Chirac, sa femme et sa fille ont versé 2,4 millions de francs en liquide à une agence de voyages pour règler leurs billets d’aviuon. D’où provenaient ces espèces ?

Chirac est désormais intouchable et les jugent se déclarent incompétents en 2001 …

1995   NEUVIEME CASSEROLE

Une autre enquête ouverte sur la faillite de la compagnie aérienne Euralair montre, cette fois, que Jacques et Bernadette Chirac ont souvent voyagé sans payer et pourraient être complices d’abus de biens sociaux.

Coup de chance, les délits sont trop anciens pour que l’ancien président soit mis en cause.

1997   DIXIEME CASSEROLE

Le juge Desmures met en examen l’ex-directeur de l’architecture de la Mairie Jean Godfroid pour une nouvelle affaire de fausses factures.

Cet homme, protégé de Bernadette, distribuait chaque année pour 150 millions d’euros de marchés. Seul le menu fretin  reste dans les filets. Une fois encore la loi du silence est respectée. Chirac va bien …

1997   ONZIEME CASSEROLE

En avril 1997, « Le Canard » met au jour le trafic des faux électeurs du Vème arrondissement. Lequel a permis de doper les listes RPR conduites pendant dix-huit ans p ar Chirac et Tiberi.

Paralysés par le statut pénal de l’ancien maire, les juges ne s’intéressent qu’à Tiberi qui sera condamné (en première instance) en 2009.

2002   DOUZIEME CASSEROLE

En 2002,  un rapport de l’Inspection générale de la Mairie dévoile le montant des « frais de bouche » du couple Chirac : 14 millions de francs entre 1987 et 1995. Soit 4000 F de victuailles par jour.

Une plainte est déposée par Delanoë. Mais la justice estime que les faits sont prescrits …

2002   TREIZIEME CASSEROLE

Après un « abracadabrantesque » marathon judiciaire, Alain Juppé et quelques huiles du défunt RPR sont condamnés, en 2004, pour une première affaire d’emplois fictifs, au bénéfice du RPR.

Mais le grand chef n’est pas inquiété …

A suivre … avec « Les chargés de mission de la mairie de Paris »

« Le Canard enchaîné »   n° 4645 du 04/11/09 d’après Hervé Liffran.

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