*2000 Innocents vos papiers ! (affaire Rida Daalouche)

La Commission nationale d’indemnisation qui dépend de la Cour de cassation a refusé de verser le moindre sou à Rida Daalouche. Condamné pour meurtre en avril 1994 à 14 ans de réclusion, il sera innocenté après 5 ans de détention.

Les juges qui composent cette commission ont également livré le nom du coupable de cette épouvantable injustice : Rida Daalouche lui-même. Le jour du crime, il était hospitalisé. Mais il ne s’en souvenait plus. Pis, sa famille détenait un document de l’hôpital, et elle ne l’a retrouvé que plus sieurs années après.

Cela vaut bien cinq ans, non?

Dans leur sagesse, les juges ont estimé que la faute n’était donc pas imputable au magistrat instructeur ni à la cour d’assises. Certes le condamné était innocent. Certes il n’existait aucune preuve, et pour cause. Mais cela ne suffit pas. Il fallait qu’il prouve son innocence. Et dans les délais.

Ainsi est posée la première pierre d’un admirable édifice juridique !

Pour éviter les désagréments d’une détention provisoire, il est donc recommandé à tous les Français majeurs de déposer dès demain au commissariat le plus proche la preuve écrite qu’ils ne sont pour rien dans l’assassinat du préfet Erignac, dans le naufrage du « Koursk » et dans le vol de caramels à l’étalage de l’épicerie du coin.

« Le Canard enchaîné »  n° 4166  du 30/08/00

Le 29 mai 1991, dans un bar marseillais un revendeur d’héroïne est tué a coups de tesson de bouteille. Rida Daalouche, toxicomane est rapidement suspecté. Malade psychologiquement et physiologiquement, harcelé par la justice, il est incapable de se défendre et tient des propos contradictoires.

Bien qu’il n’ait cessé de proclamer son innocence et que la justice ne détienne aucun indice contre lui, il est condamné le 12 avril 1994, par la cour d’assises d’Aix-en-Provence à 14 ans de réclusion.

Au cours de sa détention, sa famille retrouve un certificat d’hospitalisation qui prouve qu’au jour du meurtre, il était en cure de désintoxication.

Sa requête en réparation est rejetée au motif qu’il est en partie responsable de son incarcération puisqu’il avait été incapable, au moment de l’enquête, de donner des indications suffisamment précises qui auraient permis de retrouver le bulletin d’hospitalisation qui lui a finalement permis d’être acquitté.

Puissant comme raisonnement. C’est ce qu’on appelle  « de l’art de reporter sa faute sur autrui ». Et si ce pauvre bougre avait été, à l’heure du meurtre,  en train de se balader tranquillement et sans témoin, sur le Vieux Port, il serait encore au fond de son trou, sans que cela dérange le moins du monde des magistrats capables de condamner sans le moindre début de preuve.

« Deni de justice »   le 02/11/09

Denidejustice souhaite connaître le nom du président de la cour d’assises d’Aix-en-Provence ainsi que celui de la commission d’indemnisation. Merci de nous aider.

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