*2003 Et encore un dossier Chirac escamoté !

La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a bien mérité de l’Elysée. Le 5 déc 2003, cette juridiction présidée par Geneviève GREGEON, a décidé d’envoyer au panier la grande partie d’une affaire d’emplois fictifs du maire Chirac. Il était temps : d’ex-collaborateurs municipaux du grand Jacques avaient pris la fâcheuse habitude  de s’épancher dans le bureau de la juge  d’instruction Bismuth- Sauron. Son ancien directeur de cabinet  Robert Pandraud était même allé jusqu’à lui avouer que l’ordre d’embaucher des emplois fictifs était venu par trois fois de Chirac soi-même.

Avec la bénédiction du procureur général Jean-Louis NADAL, les magistrats ont donc annulé les poursuites pour détournements de fonds publics. Et blanchi sur ce point Daniel Naftalski et Michel Roussin qui ont eux aussi occupé les fonctions de directeur de cabinet.

Ce coup de gomme a permis également d’effacer un volet de l’affaire particulièrement sensible : jusqu’en 1995, la Mairie avait pris en charge le salaire des deux personnes qui tenaient à Ussel la permanence d’un député de Corrèze … Jacques Chirac.

Selon la chambre de l’instruction, tous ces délits seraient en effet prescrits. Cette appréciation laisse pantois de nombreux juristes. Mais la messe n’est pas encore dite : l’actuelle mairie de Paris vient de se pourvoir en cassation.

Aujourd’hui, seule incrimination de faux en écriture publique a échappé à la censure judiciaire. Considérée comme un crime elle est soumise à des délais plus longs de prescription : dix ans au lieu de trois pour les délits. Malgré leur bonne volonté les magistrats n’ont pu passer l’éponge aussi loin.

Ce n’est que partie remise. Dans les prochaines semaines les avocats des chiraquiens devraient saisir de nouveau la chambre de l’instruction afin d’obtenir l’abandon des poursuites restantes. Il peuvent déjà compter sur le soutien d’une parquet très attentif.

Le dossier ne se retrouvera pourtant pas vide pour autant. Les juges auront à se mettre sous la dent Marc Blondel , le patron de FO qui avait fait salarier son garde du corps par la Mairie de Paris. Dans son cas, le délit a duré jusqu’en 2001 : les faits ne sont donc pas prescrits. Il ne reste donc aux juges qu’à immoler Blondel en victime expiatoire.

« Le Canard enchaîné »  n° 4337  du 10/12/03 d’après Hervé Liffran

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