2004 Forces de l’ordre et magistrature méprisent la Cour européenne.

En 2004, sous le titre « Taulards malades et enchaînés » le Canard »  dénonçait.

Malgré deux condamnations récentes de la France par la Cour européenne des droits de l’homme, les flics français continuent de menotter et d’entraver aux chevilles les détenus malades lors de leurs transferts et même de leurs séjours à l’hôpital. A croire qu’ils ont reçu des consignes …

Exemple cité par l’Observatoire international des prisons : en février 2004, un détenu atteint de leucémie osseuse est extrait de la maison d’arrêt de Bayonne pour suivre une chimiothérapie au centre hospitalier de la ville. Il est menotté, enchaîné aux pieds, et attaché au lit pour la nuit. Dans un courrier du 20/02/04 adressé à la Ligue des droits de l’homme, la médecin-chef de la prison de Bayonne se montre indignée : « Le personnel médical est très choqué par la nouvelle « mode » qui consiste à entraver les chevilles des détenus malades lors de leurs déplacements même à l’intérieur du centre hospitalier, et à les menotter même lorsqu’ils sont dans leur lit. »

Une « mode » répandue ? C’est ce que tend à prouver le témoignage écrit d’un détenu de la maison d’arrêt de Villefranche-sur-Saoône, entravé lui aussi et menotté, le 12/03/04 au cours d’une consultation à l’hôpital. Les fonctionnaires d’escorte lui ont affirmé que « tous les détenus étaient soumis aux mêmes contraintes ». Une infirmière en poste dans une prison du Sud-Est confirme : « C’est depuis Sarkozy que les prisonniers sont systématiquement entravés. »

L’accouchement d’une détenue de Fleury-Mérogis, enchaînée à son lit, avait pourtant fait bondir les médias au début de l’année 2004. En réaction PERBEN, garde des Sceaux a pondu une circulaire, le 20/02/04 qui proscrit cette pratique … uniquement dans le cas des femmes enceintes. Mais l’Inspection générale des affaires sociales, embarrassée, reconnaît, dans un courrier du 26/04/04 adressé à l’Observatoire international des prisons, que « les accouchements de femmes détenues avec port de menottes sont relativement fréquents ».

Le médecin-chef de Bayonne signale au passage le risque pris par les prisonniers qui refusent d’être soignés à l’hôpital : « Certains détenus ont refusé de venir en consultation car ils ne voulaient pas se promener dans les couloirs du centre hospitalier avec des chaînes aux pieds. »

Ce fut le cas, en novembre 2000, pour un prisonnier de soixante quinze ans détenu à la centrale d’Eysses. Transféré dans un hôpital bordelais, il a refusé d’être opéré de ganglions cancéreux après avoir passé la nuit attaché à son lit par « une chaîne tendue qui rendait chaque mouvement pénible et douloureux, et le sommeil impossible ».

Trois ans plus tard, une nouvelle condamnation de la Cour européenne sanctionnait cet exploit bien français.

« Le Canard enchaîné »   n° 4362  du 02/06/04     signé D.F.

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Une Réponse to “2004 Forces de l’ordre et magistrature méprisent la Cour européenne.”

  1. Margueritat Claude Says:

    Et après de tels faits, la passivité des gouvernants, celle d’une magistrature de larbins qui cautionne en ne sanctionnant pas les flics fautifs, comment peut on être fier d’être français, fier d’appartenir à une nation aussi minable, comment ne pas être tenté de siffler la Marseillaise, de piétiner le drapeau français ? C’est à vomir !

    Comment ne pas avoir le plus profond mépris pour ceux qui nous « gouvernent » ?

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