2007 Prélèvements à la source : Affaire Guillaume Dasquié

Cela devient une manie ! Perquisition au « Point » et à « L’Equipe ». Saisie à « France 3 ». Tentative de perquisition au « Canard enchaîné », puis à « l’agence CAPA ». Journalistes interrogés et mis en examen. Et la garde à vue les 6 et 7 décembre 2007 de Guillaume Dasquié, coupable d’avoir publié, dans  « Le Monde » du 17 avril 2007, des notes de la DGSE estampillées « confidentiel-défense ».

Il est à craindre que l’opinion ne s’habitue. Pis, qu’elle ne se lasse des cris, communiqués et prestations, devenus rituels. Et que policiers et magistrats ne s’en trouvent confortés dans leurs démangeaisons d’en découdre avec la presse trop curieuse.

La preuve, une nouvelle étape a été franchie avec la mésaventure de Guillaume Dasquié. D’abord la justice fait mine de s’indigner de la  « compromission du secret de la défense nationale » c’est l’expression juridique ronflante. Mais de quoi s’agit-il ?

D’une liasse de notes pondues par nos agents de la DGSE d’où il ressort que le service avait eu vent, bien aavant le 11 septembre de menaces d’attentats et de détournement d’avions. « Le Canard » avait évoqué l’existence de ces notes dès le 10 oct 2001 et raconté que ces informations avaient été transmises à la CIA et au FBI qui les avaient ignorées.

En quoi la publication de tels documents met elle en danger la patrie ? Poser la questionc’est y répondre, et le ttraitement infligé au confrère apparaît plutôt comme une entreprise d’intimidation à l’égard des journalistes qui auraient l’idée saugrenue d’enquêter et surtout à l’égard des mauvais citoyens qui auraient l’imprudence de les y aider.

Une nouvelle fois, des voix se sont élevées pour réclamer l’inscription du secret des sources journalistiques dans le droit français.

Mais en attendant, la gardeuse des Sceaux et des petits pois, qui aime à répéter qu’elle est le chef du parquet, ne pourrait-elle rappeler ses procureurs à leur premier devoir qui est de respecter les les textes européens supérieurs aux lois internes ?

Si le procureur de Paris avait consulté la jurisprudence de la Cour européenne des  droits de l’homme, il y aurait lu que « le secret des sources est la pierre angulaire de la liberté de la presse », et toute atteinte à ce principe est une violation du droit. La loi française autorise déjà le journaliste à se taire. Maios la Cour européenne va plus loin; elle interdit qu’on lui pose seulement une question.

Le droit européen vient d’être violé, à Paris, par des officiers de police judiciaire et des magistrats français. Mais qu’on se rassure, il n’y a pour cette sorte de délinquants, ni charge de CRS, ni garde à vue, ni peine plancher.

« Le Canard enchaîné »   n° 4546   du 12/12/2007    signé L.-M.  H.
Le journaliste Guillaume Dasquié  spécialiste des questions de défense et des services secrets a été mis en examen par un juge d’instruction  antiterroriste parisien. Placé en garde à vue à la DST après perquisition de son domicile Guillaume Dasquié a été présenté jeudi soir (après 40 heures de détention) au juge Philippe COIRRE qui lui a notifié les poursuites pour « détention de documents classés secret-défense » et « divulgation de fichiers et documents classés secret-défense ».

La justice lui reproche  la divulgation sur son site internet de documents issus du dossier concernant la mort du juge Borrel à Djibouti en 1995 mais aussi l’implication du président Djiboutien et son rôle éventuel dans l’assassinat du juge. Elle lui reproche également son article dans le journal « Le Monde » : « 11 septembre: les français en savaient long. »

Guillaume Dasquié a déclaré sur France Inter qu’on avait voulu le « contraindre à divulguer en totalité ou en partie ses sources » s’inquiétant de « ce que cela dit du peu de casd que fait le pouvoir de la liberté de la presse ».

Dans un communiqué, Reporters sans frontière dénonce les méthodes utilisées contre le journaliste et s’indigne très justement :  » On ne peut pas faire porter le responsabilité de fuites , au sein des services de renseignements ou d’un cabinet d’instruction, à un journaliste qui divulgue des documents méritant, en l’occurrence, d’être portés à la connaissance du public. »

« Le Nouvel Obs »   du 07/12/07

Publicités

Une Réponse to “2007 Prélèvements à la source : Affaire Guillaume Dasquié”

  1. denidejustice Says:

    Pour en savoir plus sur l’indignation des citoyens face à cette affaire, où, encore une fois des magistrats se conduisent en larbins du pouvoir, allez sur le site « géopolitique.com »

    Heureusement qu’il y a encore des journalistes comme Guillaume Dasquié !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :