1996 Un rapport invisible agite de Palais de Justice de Paris.

Une « affaire dans les affaires » semble mijoter, à feu doux, au Palais de Justice de Paris. A feu très doux car le parquet ne paraît pas pressé de voir éclater une histoire qui pourrait contaminer plusieurs importants dossiers financiers en cours d’instruction.

Un policier de la brigade financière a rédigé un volumineux rapport qui met en cause, entre autres, un des experts judiciaires les plus en vue du tribunal de Paris, Thierry Bellot. Cet éminent expert des embrouilles financières aurait lui-même pris quelques libertés avec les lois sur les sociétés et aurait même, selon le document de la brigade financière pratiqué avec talent l’art de la fausse facturation qu’il sait si bien débusquer chez les autres.

Un ripou chez les experts ? L’histoire ne provoquerait pas tant d’émoi si ce personnage n’avait officié dans plusieurs dossiers sensibles, et s’il n’était le chouchou de plusieurs juges.

On imagine le parti que pourraient tirer quelques habiles avocats de la présence dans une procédure, d’expertises signées par un expert « mis en examen ». « Autant dire que les dossiers seraient carbonisés » commente sobrement un magistrat du parquet.

Mirage collectif ?

Devant ce danger, la hiérarchie judiciaire et le ministère de la Justice se sont mobilisés. Et depuis quelques jours, le rapport explosif que beaucoup attendaient semble perdu corps et biens.

Alors que, récemment en core, certains membres du parquet faisaient part, en confidence, de l’émoi provoqué par ce document, les mêmes magistrats expliquent désormais qu’il ne s’agit que d’un pétard mouillé, voire une tentative de manipulation. Et même, tout bien considéré, il n’y a jamais eu de rapport.

Le policier de la brigade financière a cru rédiger un document; quelques magistrats ont eu l’illusion de le lire. Le tout a provoqué une angoisse imaginaire, et Toubon n’a même pas eu à se faire peur…

« Le Canard enchaîné »   n°3933   du 13/03/96

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Une Réponse to “1996 Un rapport invisible agite de Palais de Justice de Paris.”

  1. denidejustice Says:

    Denidejustice s’interroge:

    1) Dans cette affaire selon les enquêteurs (cf. « Libération » 07/05/96), l’expert a joué les utilités dans une affaire de fausses factures d’un montant de 300000 Francs par an au profit de Paul Paclot président de la Bred International Luxembourg.

    2) En août 1994 l’expert Thierry Bellot avait déjà attiré l’attention de la brigade financière dans une autre information judiciaire concernant la reprise de 10 brasseries parisiennes. Instruite par la juge Mireille Filippini l’affaire avait donné lieu à la cession des 10 brasseries à un groupe concurrent détenu à 50% par … la Bred Luxembourg.

    3) Alors quelle suite fut donnée à tout ce mic-mac judiciaire ? Quel sort a été réservé à cet expert ?

    Nous souhaitons en savoir plus. Merci de nous aider.

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