*2007 La politique du pitre.

Le juge Thomas CASSUTO qui entendait perquisitionner le siège du « Canard enchaîné » le vendredi 11 mai 2007 a dû y renoncer. Il cherchait l’origine des fuites dans la presse survenues lors de l’affaire Clearstream avec ses révélations en cascade dans tous les médias. Le journal satirique avait publié en 2006 un « document du général Rondot sur les président de la République et ses comptes japonais », document que recherchait le juge.

Le juge CASSUTO était arrivé vers 09 heures au siège du journal accompagné d’une demi-douzaine de policiers, d’un substitut du procureur représentant le parquet et d’une greffière. Les trois infortunées secrétaires du journal, seules présentes à cette heure, résistent tant bien que mal aux pressions du magistrat, prétendant de pas avoir les clefs.

Une demi-heure plus tard, le siège du « Canard enchaîné » voit arriver les premiers journalistes, ceux de l’hebdomadaire satirique (qui ont tous oublié leur clef du deuxième étage!)  ainsi que les confrères des radios, télés et  journaux (qu’ils en soient tous remerciés). Les responsables du journal refusent d’ouvrir la porte au juge pour une perquisition qu’ils jugent illégale et bientôt grâce à « l’arrivée massive de toute la presse » la pression change de camp.

Finalement le juge CASSUTO repartira après midi, « bredouille » et « penaud » accompagné de ses policiers.

Il n’y a pas d’information, pas de presse libre sans protection des sources. C’est pourquoi la Cour européenne des droits de l’homme a condamné à plusieurs reprises les manquements à ce principe, qu’elle qualifie de « pierre angulaire de la liberté de la presse ». Elle a même, très précisément condamné une perquisition dans un journal « ayant pour but de découvrir la source d’information des journalistes ».

Le juge CASSUTO le sait et il n’en a cure. Voilà pourquoi, sans perdre sa bonne humeur, le « Canard  » se moque des initiatives du juge CASSUTO. Lequel se retranche derrière le droit français, encore en retard d’une liberté.

Selon notre Code, le journaliste a bel et bien le droit de ne pas répondre. Mais la justice peut, comme elle a tenté de la faire ce 11 mai au « Canard »  obliger ses archives, son fax, son téléphone, son ordinateur à parler. C’est contradictoire et vicieux.

Tant que la loi française ne sera pas plus sérieuse, il n’y aura aucune raison de ne pas lui répondre par de salutaires pitreries.

Conclusion du « Canard » qui penche, à propos de cette équipée juridique, pour « un coup de chaud de deux petits juges qui voudraient devenir grands » et la qualifie de « piste de la sottise non négligeable »: » le juge y a laissé des plumes ! »

« Le Canard enchaîné »  n° 4516 du 16/05/07 ; « Charlie enchaîné » (charlieenchaine.free.fr ) 24/09/07

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