2007 Les ravages de la « jurisprudence Delarue »

La vanne – si l’on peut dire – se répand dans les tribunaux.
– Le 29 mars, à Paris, l’air ingénu, l’avocat d’un prévenu de « violences » suggère aux juges : « Pourquoi pas un stage de citoyenneté pour mon client ? Il est très jeune et n’a pas de casier. »
– Le 30 mars, à Paris, le lendemain pour une bagarre : « Je demande au tribunal l’application de la jurisprudence Delarue ! »
– Et pareil à Bobigny, où l’animateur de télé venait d’être gentiment condamné à un stage de citoyenneté de 3 jours pour « violences aggravées » et « attouchements sexuels » sur des personnels navigants d’Air France. La Vice-présidente Mme Catherine MEAUME épouse BRETAGNE a homologué la peine proposée par la procureure Nadine PERRIN.

Un jugement « bien » accueilli :
« Nous sommes outrés, c’est la simple démonstration de l’existence d’une justice pour les riches et d’une autre pour les pauvres. » tempête un avocat.
Le patron du syndicat des personnels navigants de la compagnie aérienne est ressorti sidéré de l’audience Delarue. Il raconte :  » Une famille avec un enfant en bas âge a attendu toute la matinée qu’on veuille bien s’intétresser à son sort, tandis que Delarue a été chouchouté, protégé des regards, jusque dans la salle d’audience. Avec ses trois avocats, la juge et lui qui chuchotaient ! »

Le procureur François MOLINS s’est même cru obligé de se défendre, dans « Le Parisien » (01/04/07) : « Il n’y a pas de laxisme à Bobigny. » Aucun laxisme effectivement sauf pour quelques-uns …

Dans tous les palais de justice, à Bobigny comme ailleurs, un tout autre sort est réservé aux auteurs de « violences aggravées ». Exemple, à Paris, où avait lieu, jeudi dernier, la très médiatique audience consacrée aux « émeutiers de la gare du Nord ». D’être jeunes, voire très jeunes, le casier absolument vierge, les a malgré tout expédiés en comparution immédiate. Avec des avocats commis d’office, quinze minutes d’audience et la prison ferme.

Ce commentaire, encore de l’avocat d’Air France dans le procès Delarue : « J’en veux au procureur d’avoir choisi cette très discrète voie de la comparution sur sur reconnaissance de culpabilité (le plaider-coupable à la française) et plus encore au juge qui a homologué la peine. Il faut maintenant que dette jurisprudence profite aux autres ! »

Les autres qui défilent dans les box des tribunaux ont intérêt à économiser s’ils veulent être jugés à l’aune Delarue. Car il se murmure que tant de clémence viendrait de l’énorme dédommagement versé par l’animateur à ses victimes. La somme est tenue secrète, mais on parle de 115000 euros.
Dernière faveur, tout ce qui concerne cette transaction a été retiré du dossier.
Aucun doute, la justice à deux vitesse, ça n’existe pas !

« Le Canard enchaîné » n° 4510 du 04/04/07 d’après Dominique Simonnot.

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