1993 Léotard et le proc débonnaire

Léo avait été inculpé en juin 1992 pour corruption, ingérence et trafic d’influence. Il s’agissait de l’acquisition de sa gentilhommière et aussi des travaux de Port Fréjus.

Le 5 févr. 1993 la chambre d’accusation de Lyon rendait un arrêt de non-lieu partiel. Impertinent »Le Figaro » titrait « Non-lieu en demi-teinte » et qualifiait de « mitigées » les conclusions des magistrats. Plus crûment, Léo échappait aux foudres de la justice, soit pour cause de prescription, bien que certains délits soient établis, soit au bénéfice du doute.

Et de récupérer ses mandats électifs, comme si l’affaire était définitivement enterrée.

Les magistrats, sans doute titillés par les articles du « Canard » sur le mur d’enceinte de la gentilhommière, manifestaient tout de même leur volonté de poursuivre l’enquête sur ces faits non encore éclaircis et susceptibles de constituer des délits de corruption ou d’ingérence. Et la chambre d’accusation de Lyon prononce une inculpation devenue « mise en examen ».

Mais Léo, le ministre de la Défense, ne jugera pas utile de démissionner ni Balladur, le premier ministre, de le lui demander …

Il faut dire que la justice avait été reprise en main. Et le procureur de Lyon s’est montré particulièrement conciliant avec Léo, ce qui augure plutôt bien de la suite des évènements.

Première bonté, le proc’ n’a pas donné au juge Blondel le réquisitoire supplétif que celui-ci réclamait pour poursuivre Léo sous la qualification d’ « ingérence ». Il s’est contenté de le laisser travailler sur la « corruption » pour laquelle Léo est déjà poursuivi. Il ne pouvait faire moins.

Deuxième gentillesse, le procureur a estimé que les faits pour lesquels Léo reste inculpé étaient probablement prescrits.

Enfin, troisième délicate attention, le procureur n’a pas songé à utiliser contre Léo la technique qui a fait merveille dans les affaires Urba, Sagès ou Pechiney : celle de la poursuite pour « recel » qui permet d’éviter la prescription.

Moralité, si l’on ose dire, c’est un nouveau non-lieu qui se profile déjà à l’horizon. Et Léo qui se plaignait, quand les socialistes étaient au pouvoir d’une magistrature « ravagée » par « le syndicalisme et la politique » pourra enfin célébrer les juges tranformés en quelques mois en modèles d’équité. Et d’indépendance…

« Le Canard enchaîné »  n° 3793  du  07/07/93 d’après Louis-Marie Horeau.

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Une Réponse to “1993 Léotard et le proc débonnaire”

  1. Margueritat Claude Says:

    La magistrature « debout », c’est là une autre appellation du « parquet ». Mais il y a bien longtemps que cette magistrature devrait être qualifiée de « couchée ». Hormis quelques rares individus qui résistent, pour la majorité le mot « justice » n’a plus grande signification !

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