*2000 Pandore-footballeur cherche à envoyer arbitre au ballon.

Cette histoire clochemerlesque commence la 17 oct 1999 lors d’un match de foot opposant Volvic à Pontgibaud. A la fin de la partie une bagarre générale, provoquée, préciseront l’arbitre et ses assesseurs dans leur rapport, par une défenseur et le gardien de but de Volvic, « gendarme en civil » (sic). Ce qui vaudra à ce dernier d’être suspendu pour trois matchs.

L’arbitre lui-même est victime du pugilat. Bousculé, il reçoit des coups de pied et un solide bourre-pif que la Faculté qualifiera de « traumatisme facial ». Une fois remis, le blessé prend sa plume pour dire au commandant de brigade de Riom – dont dépend le gendarme bagarreur – tout le mal qu’il pense de son subordonné. Qui ajoute-t-il est resté passif alors qu’un joueur de l’équipe adverse, à terre, recevait une volée de coups et que ses coéquipiers étaient pourchassés dans les tribunes.

Une enquête est aussitôt confiée à la brigade de Riom. Et pour défendre l’honneur outragé du gardien des buts  et des lois, ses collègues ne lésinent pas. Interrogatoires énergiques des témoins à charge (l’un d’eux évoquera par écrit des « pressions » afin qu’il se rétracte), audition menaçante du plaignant, etc.

Juge crampon. Subséquemment, comme disent les pandores, c’est l’arbitre, et non le gendarme-gardien de but qui se retrouve dans les filets de la justice. Ouverture d’une information par le procureur de Riom, mise en examen par un juge d’instruction,  le « fautif » devait en principe être jugé le 25 mai 2000 pour « dénonciation calomnieuse ». Un délit punissable en principe de 300000 F d’amende et de 5 ans de prison. Plus de lourds frais d’avocat, surtout quand, comme le prévenu, on est au chômage.

Commentaire de Bernard Saules, président de l’Union nationale des arbitres, sur ce cas  exemplaire de justice rurale: « J’ai 150 à 200 arbitres frappés chaque année sur les terrains et leurs plaintes ne sont jamais prises en considération par les juges. Mais celui qui sanctionne un gendarme est poursuivi ! »

« Le Canard enchaîné »     n° 4152     du 24 mai 2000 d’après  J.-F. J.

Denidejustice souhaite connaître les noms du procureur et du juge d’instruction. Merci de nous aider.

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