2000 affaire Giovani Rivas.

ou, selon « Le Canard »:  « Des juges qui s’en battent les couilles »

Le 14 janvier 1997, un jeune homme de 17 ans, nommé Giovani Rivas, est interpellé à Nouméa pour un vol avec effraction. Il n’en est pas à son coup d’essai. C’est un chapardeur « connu des services de police » comme on dit. Et cette fois il se fait pincer en flagrant délit.

Mais au commissariat, où il est conduit et placé en garde à vue, Giovani Rivas nie effrontément même l’évidence. Ce qui a pour effet d’énerver le policier chargé de l’interrogatoire. Lequel décide alors de confier le jeune récalcitrant à son chef, afin, expliquera-t-il plus tard, « de le raisonner ».

Le suspect entre donc dans le bureau du capitaine. Il en ressort quelques instants plus tard avec un testicule éclaté, direction l’hôpital, où il est opéré d’urgence. De toute évidence, le capitaine a eu un peu de mal à le « raisonner ». Selon ce policier d’élite, le jeune Rivas aurait tenté de s’échapper et même « levé le poing » ce qui a justifié la ferme riposte: « un coup de genou au bas-ventre. »

Poursuivi sur plainte de la victime, le policier a d’abord été condamné à 4000 Francs d’amende par le tribunal de Nouméa. Les juges, tout en louant « la capacité et les mérites professionnels » du capitaine au genou vigoureux, estiment que sa riposte « s’est avérée disproportionnée ».

Pas du tout! rétorque la cour d’appel. Le policier – qui n’a pas reçu le moindre coup – était « en état de légitime défense » affirment les magistrats. Cette décision a été soumise à la cour de cassation qui l’a trouvée parfaite. Il reste à savoir ce qu’en pensera la Cour européenne, vers laquelle la victime envisage de se tourner.

Mais en attendant on ne peut s’empêcher de songer au calvaire du malheureux policier traîné de cours en tribunaux. Si la scène avait été enregistrée, chacun aurait pu comprendre que ce mineur, en plein commissariat, avait sauvagement agressé un brave flic, et l’avait frappé au genou à coups de testicules …

« Le Canard enchaîné »   n° 4147 du 19/04/2000      d’après  Louis-Marie Horeau.

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Une Réponse to “2000 affaire Giovani Rivas.”

  1. denidejustice Says:

    Deni de justice aimerait connaître les noms des magistrats de la cour d’appel et de la cour de cass’. Des noms qui doivent rester dans les annales de notre brillante magistrature…

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