2008 L’après Outreau: les bavures continuent !

Le Président de la République, trois ministres de la Justice, plusieurs hauts magistrats et une valeureuse commission d’enquête … tout le monde l’avait juré-craché: après la triste affaire d’Outreau, fini les horreurs judicaires.

Les juges et procureurs qui avaient validé  les erreurs en cascade de cette mascarade judicaire sont tous  innocentés (juste une petite réprimande à Burgaud).

Et trois  ans plus tard, les « guignolades »  reprennent. Quelques exemples édifiants …

1) Affaire Jacqueline Ponthieux.

La cour d’assises, Jacqueline Ponthieux la connaît bien.

Incarcérée pendant vingt-six mois puis remise en liberté en février 2000

En 2003 elle comparaît libre en cour d’assises, après plusieurs mois de détention, pour l’assassinat, en 1997, de Gérard son époux. Le légiste est formel: le corps du malheureux est bourré de GHB, la drogue des violeurs. Selon l’accusation, Jacqueline lui en aurait administré, en attendant qu’un complice, jamais retrouvé, le larde de coups de couteau. Mais à l’audience, le même expert avoue s’être trompé. La science a progressé, on sait maintenant que le corps produit post-mortem une molécule proche du GHB. Procès est ajourné.

En 2005, plus question d’empoisonnement, l’accusation change de cap. Le légiste fixe l’heure de la mort à 23h30, alors que pour Jacqueline c’était 02h30 du matin. Menteuse donc coupable conclut le tribunal. 15 ans !  La prison encore. Puis libération à nouveau. Appel.

En mai 2008, retour à la cour d’assises d’Amiens. Et gros hic ! Selon les pompiers et le Samu, Gérard a bien rendu son dernier souffle dans leurs bras à 02h30 comme l’affirme sa femme. Acquittée donc ? Pas du tout. Nouveau renvoi pour « supplément d’information ».

Encore une instruction bâclée !

« Juste pour ne pas reconnaître les énormes erreurs commises par la justice et les experts. Cela fait peur ! Aucune leçon n’a été tirée «  tempête Me Hubert Delarue, un ancien du procès d’Outreau. Il défendra de nouveau Jacqueline pour ses quatrièmes assises prévues en 2009. Les dernières ?

2) Affaire Loïc Sécher.

Loïc Sécher fut condamné à 16 ans, aux assises de Loire-Atlantique, pour viol d’une mineure. Seule « preuve », les accusations de la jeune fille.

En mars 2008, elle rencontre une avocate de Nantes et lui révèle qu’elle a menti et que Sécher est innocent. L’avocate l’aide à rédiger un courrier pour le procureur de Nantes. Elle reprend ses propos devant les gendarmes et devant Mme Martine Anziani, Haut-magistrat de la cour de cassation et présidente de la Commission de révision des condamnations pénales. Pourtant la cour refuse sa suspension de peine et le maintient en prison.

Avec le concours de son avocate, Loïc Sécher adresse un courrier au président de la République, au premier ministre et au garde des Sceaux.

Mais il est toujours en prison !

Les experts avaient jugé la « victime » « très crédible ». Comme à Outreau… Et l’appareil judiciaire a, encore une fois, des difficultés à reconnaître ses erreurs…

3) Affaire Marc Machin

Marc, condamné à 18 ans pour le meurtre d’une femme au pont de Neuilly, a déjà passé 6 ans en prison quand, en mars 2008, un homme s’accuse du crime. Aveu confirmé par son ADN retrouvé sur la victime et qui n’avait apparemment intrigué personne auparavant …

Le 1er juillet, la peine de Marc  Machin est enfin suspendue, mais il va rester en taule. Ayant frappé un surveillant, il a pris 3 mois, fin juin.

Pourtant cela ne serait pas arrivé s ‘il n’avait  injustement passé 6 ans derrière les barreaux.

4) Affaire El Jabri et Azzimani.

Le  21 déc.1997, le corps d’Azouz, dealer de shit, est découvert à Lunel (Hérault) le corps lardé de 108 coups de couteau. On peine à identifier ses meurtriers jusqu’à ce qu’Errol, un témoin, dénonce deux autres trafiquants, El Jabri et Azzimani.

Résultat: 20 ans de réclusion requis par l’avocat général Michel LEGRAND et prononcés par la cour d’appel de Montpellier, malgré leurs protestations d’innocence et les incohérences du témoin.

Or, il y a peu, le fameux témoin a un « flash » dans un bar où il reconnait « formellement » l’assassin. Il écrit au procureur, aux gendarmes. Tout le monde s’en fout. Il s’adresse alors à France 3 et supplie qu’on innocente les condamnés. Me Jean-Robert Phung engage un recours en révision qui traîne. En attendant, El Jabri et Azzimani ont déjà fait 10 ans !

Pourtant au cours de l’instruction le témoin n’avait cessé de changer de version. Quant aux traces d’ADN retrouvées sur le cadavre et la scène du crime, aucune ne correspondait aux deux condamnés.  Par ailleurs la justice a toujours considéré que les deux condamnés étaient ensemble au moment du crime sans que la preuve en soit apportée.

« On est face à une catastrophe judiciaire. Encore une fois, alors qu’on nous dit avoir tiré les leçons d’Outreau, le système judiciaire a répété à tous ses échelons les mêmes erreurs ». déclare l’avocat des condamnés qui a déposé une demande de révision.

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