2004 Very Nice (Affaire Renard)

La réputation des salades de la justice niçoise n’était plus à faire. Mais le rapport rédigé pou le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) sur le cas du juge Jean-Paul RENARD offre une peinture de moeurs encore plus crue.

Amitié affichée avec des truands, trafic d’influence, corruption: il ne s’agit plus de petits arrangements entre amis, mais d’une justice gangrenée que décrit Vincent Lamanda, Premier président de la cour d’appel de Versailles et membre du CSM. Le juge RENARD qui doit comparaître le 14 oct. devant la formation disciplinaire du CSM est largement habillé pour  l’hiver.

Mais il n’est pas le seul. Les autorités ont fait preuve depuis dix ans d’un aveuglement obstiné.

A  commencer  par le garde des Sceaux Dominique PERBEN, qui avait décidé de rendre publixc, et même de diffuser sur le site Internet du ministère, le rapport que l’Inspection des services judiciaires lui avait remis en juin 2003. Ce rapport, une tasse de thé tiède comparé à celui du CSM, renvoyait dos à dos le procureur de Nice, Eric de Montgolfier, taxé de paranoïa et son ennemi le juge RENARD. Tout cela, expliquait le chancellerie, n’était qu’une médiocre querelle de personnes. Et PERBEN, pas fâché de ce débarrasser d’un gêneur, avait proposé une mutation à l’incontrôlable procureur, l’accusateur soudain accusé de colporter des « ragots ».

L’Inspection des services judicaires, qui n’avait rien vu , ou rien voulu voir, se retrouve elle aussi , en première ligne. Le faux pas va donner du grain à moudre à ceux qui voudraient donner à l’Inspection un statut indépendant. Comme si le garde des Sceaux était capable d’influencer une enquête…

Quant aux hauts magistrats, Prermiers présidents et procureurs généraux qui se sont succédés à Aix-en-Provence, cour d’appel dont dépend Nice, et qui n’ont vu, eux aussi, que du feu, le rapport du CSM leur adresse un message peu amène: les conséquences de ces multiples dérives sur l’image de la justice  » ne semblent pas avoir été mesurées ».

Les seuls à avoir bien mesuré les conséquences, ce sont sans doute les justiciables niçois, qui ont bénéficié si longtemps d’une justice honnête, rigoureuse, impartiale …

« Le Canard enchaîné »   n° 4381  du  13/10/2004      Louis-Marie  HOREAU.

Nous complètons cet article à partir du livre de Sébastien Fontenelle : « Un juge au-dessus des lois ».

Le juge RENARD a été mis à la retraite d’office par le CSM le 29 octobre 2004.

Mais sont à blâmer dans cette affaire toute une clique  de magistrats, au corporatisme puant, mais qui, aussi, se  sentaient peut être morveux craignant d’être plus ou moins impliqués: qui après avoir vanté

1) FERRY Jean-Pierre, le vice-président du TGI de Nice qui, après la sanction, continue de critiquer l’action du procureur Eric de Montgolfier !

2) LE BOURDON Yves, président de la chambre d’accusation de la cour d’appel, qui après avoir vanté « les qualités professionnelles, les qualités humaines, la loyauté » du juge RENARD plaide l’indulgence auprès du CSM.

3) BESTARD Gabriel, procureur général d’Aix-en-Provence qui reprochait au procureur de Nice sa « tendance à mettre en cause les gens à la légère » et le considérait comme « dangereux ».

4) Les sept enquêteurs de l’IGSJ (l’Inspection générale des services judiciaires), venus constater l’irréprochable probité du juge RENARD et qui préconisaient la mutation du procureur.

5) GUIGOU Elisabeth, ministre de la Justice, qui refusait d’admettre l’influence néfaste d’une certaine franc-maçonnerie sur le cours de la justice et surtout la double appartenance nocive de certains juges à la magistrature et à la maçonnerie.

6) PERBEN Dominique, ministre de la Justice, qui ne publiera qu’un rapport de l’IGSJ, celui qui justement cassait les reins au procureur Montgolfier.

Tous ces gens, qui devraient être eux aussi sanctionnés pour leurs incompétences, n’auront même pas l’humilité de reconnaître qu’ils se sont trompés :  dans la magistrature on est au-dessus de ça !

Et comment ne pas être inquiets quand on constate le manque de lucidité, de perspicacité de toute cette magistrature qui a pour mission de juger les actes des citoyens ?

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Une Réponse to “2004 Very Nice (Affaire Renard)”

  1. MARGUERITAT Claude Says:

    Une simple mise à la retraite pour toute sanction ! Pas la moindre condamnation pénale ! C’est honteux ! Et la radiation ?

    Mais la déchéance, le climat de servilité, de corruption qui règne dans notre magistrature, ne sont-ils pas la cause de cette mansuétude des magistrats vis à vis de leurs confrères ? Combien de magistrats peuvent encore se vanter de n’avoir jamais cédé à une « injonction » du pouvoir par le biais de leur hiérarchie ? Les citoyens s’interrogent !

    Nous recommandons le livre de Sébastien FONTENELLE paru en 2004 aux Editions Privé.

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