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**2003 Les disparues de l’Yonne : fainéantise ou incompétence? Foutoir judiciaire certain.

22 février 2010

De 1977 à 1980 sept jeunes filles disparaissent dans l’Yonne. Elles étaient toutes pupilles de l’Etat et quatre d’entre elles fréquentaient un centre pour handicapés légers dans l’Yonne.

Le 12/12/2000, plus de vingt ans après, Emile Louis, un ancien chauffeur travaillant pour l’institution est arrêté. . Il avoue le meurtre des sept jeunes filles puis se rétracte. Mais sur ses  indications, deux cadavres sont déterrés. Les autres restent introuvables.

Vingt années d’enquêtes acharnées pour démasquer un tueur en  série, pensez-vous ?  Non, vingt années de classements sans suite, de rapports enterrés, de fausses manoeuvres et d’erreurs d’appréciation, vingt années d’indifférence, de passivité ou d’aveuglement des magistrats qui se sont succédés au parquet du tribunal d’Auxerre.

Dès la première instruction menée en 1979 sur la disparition de Martine Renault, le gendarme Chistian Jambert soupçonne Emile Louis. Le chauffeur a été vu à proximité du foyer , ce jour-là et surtout la jeune fille avait raconté à ses copines les avances sexuelles de M.Louis. Le chauffeur nie et le procureur d’Auxerre René MEYER conclut à une simple fugue et classe la procédure au bout de six semaines.

En juillet 1981 on retrouve le cadavre d’une autre jeune femme, ancienne amie d’Emile Louis qui est à nouveau interpellé. Il nie le meurtre mais avoue des attouchements sur des mineurs. Il est condamné pour cela à 5 ans de prison réduits à 4 en appel sans qu’aucun lien ne soit fait par le parquet avec la première procédure.

Le gendarme Lambert demande alors au parquet l’autorisation de reprendre l’enquête. Il réussit à établir un lien entre toutes les jeunes femmes et Emile Louis, à relever des coïncidences troublantes entre l’emploi du temps du chauffeur et les disparitions. Il adresse son rapport au substitut Daniel STILINOVIC qui, plus préoccupé par sa prochaine promotion, s’en débarrasse et le balance à un juge d’instruction qui n’a plus compétence. La précieuse enquête s’égare dans les méandres du parquet. On la retrouvera  … 12 ans plus tard dans une pile de dossiers classés sans suite.

Suivent neuf années de silence judiciaire. Plus personne au TGI d’Auxerre ne se soucie des disparues ni des suites de l’enquête de 1984. Les magistrats ont changé et les nouveaux n’ont trouvé sur leur bureau aucune consigne de leurs prédécesseurs. Seul le gendarme Lambert persiste mais sa hiérarchie le tient désormais pour un obsessionnel incontrôlable. Emile Louis, sorti de prison, s’est installé dans le Var où il est à nouveau condamné pour attentats à la pudeur sur mineurs.

En 1993, Pierre Monnoir, le directeur du foyer, qui a fondé une association de défense des handicapés de l’Yonne, raconte au substitut Bernard DAILLIE l’affaire des disparues du foyer ainsi que l’enquête de gendarmerie. Les services du parquet se montrent incapables de retrouver la procédure. Personne ne se donne la peine de contacter la gendarmerie pour vérifier l’existence de l’enquête. Le parquet renferme une nouvelle fois le dossier sans état d’âme.

Pierre Monnoir, demande lui-même au procureur Jacques CAZALS l’ouverture d’une enquête. Celui-ci lui rétorque qu’aucun fait n’en justifie le déclenchement. En 1996 Pierre Monnoir décide de déposer sept plaintes avec constitution de partie civile au nom des prochesz des disparues, seule façon d’obliger la justice à bouger. Mais c’est à nouveau une fin de non-recevoir. Pour quatre plaintes, le rejet est purement formel : les plaignants n’ont pas réuni l’argent nécessaire  à la "consignation". Car lorsque le parquet poursuit, la procédure est gratuite. Si les familles ou les victimes sont contraintes d’agir à sa place, elles doivent payer les frais de justice, à un tarif souvent dissuasif.  Pour les trois autres plaintes, le’ juge d’instruction rend une ordonnance de refus d’informer qui n’est d’ailleurs que la copie de l’avis du parquet.

Pourtant la procédure du gendarme Lambert a été retrouvée dans les caves du tribunal, mais cette fois le procureur CAZALS estime que les faits sont trop vieux et que la prescription rend inutile tout effort de la justice. Par miracle la Chambre de l’accusation de Paris saisie par les familles des victimes va décider que la passivité du tribunal d’Auxerre passe un peu les bornes et elle exige qu’un juge soit saisi. On est en mai 1997. Le temps que le magistrat ouvre le dossier, le dernier témoin clé de toute l’affaire disparaît : le gendarme Jambert est retrouvé mort, à son domicile, une balle de carabine dans la gorge. L’enquête conclut au suicide.

Il faudra encore plus de trois ans à la justice pour arrêter Emile Louis …

"Ces magistrats qui tuent la justice" Jean-François Lacan d’après …

à suivre …


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